vendredi 25 janvier 2019

Nouveau départ

 
Nous étions venus ici pour nous installer définitivement dans un appartement confortable, libérés des soucis d'être propriétaire. Finalement, malgré quelques beaux moments de bonheur, nous n'avons pas trouvé la paix que nous y recherchions. L'épisode du parc Delpech n'aura été qu'un passage nécessaire, le temps approximatif d'une gestation.

Et je célèbre aujourd'hui la naissance d'une nouvelle étape de notre vie : nous sommes depuis peu propriétaires d'un pavillon (et de son magnifique jardin), un peu plus loin de la ville. Comme des jeunes parents comblés de jadis, nous allons vivre notre installation dans le silence et l'intimité de nos cœurs. Quand notre maison sera enfin notre nid douillet, je vous en parlerai.
Sans toutefois en faire une étude poussée comme celle du Parc Delpech dont l'analyse (proche de celles menées à l'Inventaire du Patrimoine) a donné un sens intellectuel (et supportable) à mon aventure de locataire.

Un petit bémol gâche un peu notre projet de vie : mon double M (le nom de code que je donne en secret au myélome multiple) s'est un peu trop réveillé ces derniers temps et mon traitement a du être augmenté.
Mais consternation lors de mon passage à la pharmacie : le médicament que je prenais à 400 mg n'est pas encore autorisé à plus forte dose pour le myélome et la sécurité sociale a refusé sa délivrance à 600 mg ; les médecins ont trouvé la solution de l'associer à un antibiotique qui accroit son action pour pouvoir me soigner sans augmenter la posologie. Je trouve cela hallucinant et la pilule a du mal à passer.

Plus de fatigue depuis l'augmentation du traitement... et bien sûr, une angoisse accrue, déjà exacerbée par les questionnaires de santé des assurances bancaires qui ont remué beaucoup de mauvais souvenirs. Alors oui, il va falloir lever le pied sur certaines choses, faire attention. Plus que jamais. Et garder confiance. Car la recherche progresse. Encore faut-il que les médicaments aient ensuite les autorisations de mise sur le marché !

Si cet embryon de rechute m'a révolté au début, je sais qu'il n'est ni le premier, ni le dernier et fait hélas partie de mon long parcours de malade du myélome. Il ne doit pas me faire peur, me désespérer. Même s'il tombe plutôt mal. Il est là pour me rappeler l'essentiel : chaque jour est précieux, même le pire vaut la peine d'être vécu, tant qu'il y a de l'amour à recevoir et à donner.

Je survie depuis 2012, il n'y a pas de raisons que cela s'arrête maintenant alors que nous nous autorisons un nouveau départ dans lequel, je mets tous mes espoirs de force, guérison, joie, envie de rester vivante.
 
Je serai peu présente ici dans les prochains mois et ne répondrai pas à vos messages personnels.

Ce nouveau déménagement-emménagement prend toute mon énergie. Bien plus que je ne l'avais imaginé.