La première illustration de mon article précédent était une fenêtre semi-opaque dans la pénombre d'une chambre d'hôpital.
J'ai choisi de vous montrer aujourd'hui celle de ma chambre et le paysage tel que je le vois depuis mon lit où j'attends que mes globules blancs remontent. Vous comprendrez aisément combien il est difficile d'être privée de cette respiration là, quand je suis hospitalisée !
Je ne pensais pas chuter aussi bas (270 leucocytes /mm3 alors que la norme est de 4000 à 10 000). Épisode fébrile qui était quasi-inévitable et batterie d'antibiotiques pour limiter les dégâts et surtout ne pas retourner à l'hôpital avant l'heure. Aucune sortie dans la foule des magasins, aucune visite.
Je n'en souffre pas. J'ai une overdose de présences humaines après chacune de mes hospitalisations où la cohabitation (même avec la plus charmante des voisines) pèse à la solitaire que je suis, ainsi que le défilé du personnel aidant ou soignant, attentif, dévoué mais toutefois envahissant de jour comme de nuit...
Quand j'ouvre ma fenêtre, pressée de respirer l'air du dehors, je remercie le ciel d'avoir ce cadre naturel comme décor à mon repos.
Les charmes ont presque perdu toutes leurs feuilles et dessinent des lignes d'encre sur le bleu du ciel.
J'ignore quel est l'espèce de cet arbre qui illumine de ses ors, les belles journées d'automne, à gauche du noisetier de moins en moins animé par les écureuils.
Ils étaient là pour fêter mon retour mais se font rares depuis. Ils se sont mis au diapason de mon aplasie. Plongés dans le grand sommeil un peu avant l'hiver, ils attendent le printemps.
Comme j'aimerais rester ici plutôt que d'endurer une nouvelle semaine de traitement, le 2 décembre. Je sais pourtant que je ne dois pas raisonner à court terme car si c'était le cas, cela signifierait l'échec de cette nouvelle piste thérapeutique.
Je dois penser à long terme, supporter des sacrifices, me préparer à être privée momentanément des petits plaisirs quotidiens dans ma maison et comme les écureuils du bois, patienter en attendant des jours meilleurs.
Cette magnifique prise de vue d'un écureuil en léthargie
est celle d'un photographe animalier finlandais, Ossi Saarinen.








