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mercredi 14 juillet 2021

Réconforts dans la nature

 Et oui, ils sont toujours là mes écureuils chéris, ravitaillés uniquement le soir, sur le banc. Quel réconfortant spectacle dans la lumière d'une journée finissante !

J'adore partager ma pomme avec l'un ou l'autre de mes protégés.

Pour être moins concurrencés par les oiseaux attirés par les tournesols, nos rousses ladies prennent désormais le thé dans de jolies tasses. Qu'elles ont vite fait de renverser pour attraper plus facilement leur collation ! L'éducation à l'anglaise n'est plus ce qu'elle était.

 

 Et pas davantage de politesse quand il s'agit de partager les rations. Le premier arrivé empêche les autres d'approcher, même à l'autre extrémité du banc. Il se comporte comme un petit chef autoritaire. C'est surtout de l'intimidation ; les poursuites ne sont jamais bien violentes. Elles ont la grâce d'une danse ancestrale.


 

La prairie s'est enfin mise à fleurir, de chaque côté de l'allée gazonnée. Par manque de soleil, certaines fleurs ne montreront sans doute pas leurs belles dentelles. Je me contente de remercier celles qui ont bravé les températures automnales pour enluminer cet été un peu particulier.

Un unique souci, quelques bourraches, une jolie mauve et une fantaisie en bleu, blanc, rouge pour fêter le 14 juillet.


 

 

Ma protectrice au ciel, la petite Thérèse, a fait fleurir une très belle rose, tout à côté de la fenêtre de mon bureau.

 Le temps pluvieux fait le bonheur des escargots.

Et moi, j'essaie de survivre à mes douleurs et inquiétudes pour continuer à m’émerveiller en mon jardin.

mercredi 5 mai 2021

Jardin désagrément

Ce printemps a bien commencé par une explosion de tulipes, plus nombreuses et pérennes que l'an passé. Les nuits froides semblent convenir à leur beauté colorée, comme les températures encore fraîches pour la saison et l'absence de pluie.

 J'aime les fleurs à bulbes que l'on plante à l'automne et qui pointent le bout de leur nez après l'hiver. Puis recommencent ce cycle d'année en année, sans effort particulier pour le jardinier. 

Tout comme les vivaces qui connaissent le chemin de la floraison toutes seules et demandent juste un petit rafraîchissement une fois fanées. 

 Mais que de travail dans le reste du jardin envahi par des herbes indésirables ! 

Il a fallu qu'une voisine me parle de chiendent pour que je panique à l'idée de voir ma terre entièrement recouverte par cette plante sournoise qui progresse grâce à ses racines souterraines.

L'ancien potager ressemblait déjà à un champ d'adventices : nous l'avons entièrement défriché à la grelinette et à la main dans l'espoir d'y resemer une prairie bordée d'une allée gazonnée. [J'aime beaucoup les prairies fleuries mais il faut chaque année remplacer celle de l'année précédente pour en resemer une nouvelle. C'est plutôt laborieux et je pense désormais limiter la taille de mes prairies... ou les laisser en place après les avoir fauchées et observer ce qui repousse spontanément].

La pelouse du jardin n'était plus qu'une collection de mauvaises herbes : pissenlit, mousse, chiendent, digitaire (qui ressemble au chiendent)... J'ai commencé à en arracher, une à une. Peine perdue ! Je me retrouve avec une pelouse gruyère, une belle tendinite du poignet, des doigts douloureux... et toujours autant de végétation anarchique.

Et impossible de resemer du gazon. J'ai fait une tentative qui n'a rien donné. Il fait encore trop froid le matin. Et beaucoup trop sec.

J'attends donc des conditions climatiques plus propices à mes projets. Quitte à recommencer à l'automne si cela ne donne rien...

Et pendant ce temps-là, la pelouse de mes voisins, verte comme du faux gazon, est traitée, tondue, arrosée. On dirait un tapis aseptisé alors que chez nous, règne le désordre de la vie et de la nature.

Tant pis si notre "pré" dénote dans le lotissement du moment qu'il fait le bonheur des abeilles et accueille les écureuils.

 J'ai retrouvé au hasard de mes recherches découragées sur internet, un entretien d'Eric Lenoir dont je vous avais déjà parlé de l'ouvrage Petit traité du Jardin punk (que je n'ai toujours pas acheté).

En un mot, il dit qu'il vaut mieux profiter de son jardin au lieu de batailler pour l'entretenir !

Exactement ce que j'avais besoin de lire après une après-midi à suer au pays du chiendent. En voici quelques extraits.

 "Depuis quelques siècles, on a fait du jardin quelque chose qui est l’exaltation de la maîtrise par l’homme de la nature. Pour survivre, on a protégé nos récoltes des animaux, du froid, du vent. Mais ensuite, le jardinage est devenu un outil de gloire de l’humain face à la nature, c’est le cas par exemple des jardins de Versailles.

Il faut revoir notre façon de jardiner. Dans 95% des cas, il n’y a, par exemple, aucune raison valable de tondre. La tondeuse est un atavisme et quelque chose de compulsif. C’est une sorte de pression sociale, c’est culturel : on a un jardin, donc il faut tondre. C’est pour cela que je parle de désapprendre, apprendre à désapprendre, c’est vraiment réfléchir au pourquoi des choses. C’est pour cela que je fais le parallèle avec le mouvement punk, qui conteste ce qui n’a pas de sens à ses yeux.

Les gens cherchent à maîtriser leur jardin parce qu’ils ont le souci de faire propre, de rentrer dans le moule, sinon ça les inquiète. Il faut les éduquer au changement. Il y a très clairement une évolution dans ce sens-là, par le fait déjà que l’on découvre peu à peu l’ampleur du désastre de l’érosion de la biodiversité. Par ailleurs, les collectivités qui ont fait de la gestion différenciée, il y a une quinzaine d’années, qui ont laissé des parties de parcs non tondues, nous ont fait réfléchir.

Moi je m’amuse à dire que c’est par fainéantise que je ne tonds pas ou peu ; ça fait partie des raisons, clairement. Mais c’est aussi et surtout parce que je considère que l’espace que j’exploite à mes propres fins, qui est normalement un espace naturel, mérite que je préserve un maximum de ce que la nature voudrait y faire pousser."

 A méditer, de préférence dans un fauteuil au jardin, en lisant un poème d'Emily Dickinson qui adorait les fleurs de pissenlit qu'elle comparait à des soleils.

dimanche 27 septembre 2020

Sauvages et beaux

 J'ai l'habitude de vivre en permanence les yeux rivés sur le bois, dès que je passe devant une fenêtre, à l'est. C'est devenu un réflexe, presque un toc !

Je sais reconnaître si les feuilles sont bercées par le vent, chiffonnées par un oiseau, chamboulées par un écureuil. J'observe, je regarde, je scrute.

Il y a une semaine, il m'avait semblé distinguer une masse brunâtre à la lisière de notre terrain, là où j'avais déposé des pommes trop gâtées me disant qu'elles pourraient nourrir des bêtes.

Et bien, trois chevreuils s'étaient invités à goûter ce déjeuner offert de bon coeur.

En janvier, un joli couple était déjà passé au même endroit mais je n'avais pas eu la chance de l'observer aussi longtemps.

Ces trois là restèrent un petit moment. Un glouton et deux inquiets qui surveillaient en permanence du côté de la maison. J'avais l'impression qu'ils me regardaient derrière ma fenêtre et c'est à peine si j'osais bouger, respirer.

J'ai quand même réussi à les filmer en pleine mastication. Je ne voyais pas grand-chose, tellement ces animaux se confondaient avec la végétation. Contrairement aux humains, ils savent se camoufler, rester dans l'ombre. C'est pour eux une question de survie.

Quelques jours après, un autre chevreuil s'est approché, très méfiant. Il regardait à travers le grillage, sans toucher à la nourriture alors que j'avais remis de belles pommes et même une bassine d'eau. 

 

Un autre l'a rejoint, pas plus intéressé que le premier par la nourriture, et ils ont vite fait demi-tour. J'ai pu vérifier en voyant leur arrière-train qu'il s'agissait bien de chevreuils et non de biches.

Avaient-ils senti une présence humaine dont ils ont bien raison de se méfier ?

 

Je suis sortie tout doucement mais cela les a fait fuir à vive allure avec beaucoup de majesté.

Cette galopade m'a fait comprendre que mes pommes étaient peut-être finalement un cadeau empoisonné. Habituer les chevreuils à venir, les apprivoiser, les rendraient plus vulnérables aux chasseurs.

Tout comme les écureuils, ils doivent rester sauvages et beaux, loin de nous, les hommes. Dans ce monde secret qui est le leur et dont je sais l'existence, à deux pas du mien.

vendredi 25 septembre 2020

Le ballet des oiseaux

Je suis loin d'avoir le talent, le matériel et la technique de Vincent Munier pour photographier les animaux. Peu importe... Je résiste rarement au plaisir de les prendre sur le vif avec mon appareil numérique. 

Ils sont particulièrement présents en ce début d'automne. Je n'ai même pas besoin de rester à l'affût. Dès que je regarde dehors, le spectacle s'invite à ma fenêtre.

Tout d'abord celui des oiseaux. 

Un vrai défilé toute la journée, autour de l'abreuvoir-piscine où le rouge-gorge familier passe son temps à surveiller les baignades, contrôler les consommations et se désaltérer, lui, sans modération.


En voilà un qui risque de faire pipi au nid, la nuit !

Souvent chacun attend son tour ou cède sa place à un plus grand, un plus déterminé, sans pagaille. 

Une petite sittelle torchepot, toute mignonne est venue s'abreuver furtivement. Vite posée, vite envolée.

C'est pas comme dame merlette qui n'en finit pas de prendre son bain. Délicate, elle ne supporte pas que l'eau soit sale et enlève les feuilles mortes qui nagent à la surface. 

 

Un mâle finit par s'agacer et lui vole sa place.

Il est rare que des oiseaux se tolèrent au point de faire leurs ablutions ensemble. 

Mésange bleue, mésange charbonnière et grive musicienne forment un joli trio. Il ne manque plus que le maître-nageur à gorge écarlate pour parfaire l'harmonie colorée !

D'autres, plus ternes, sont plus difficiles à identifier et passent presque inaperçus. Ici, peut-être une fauvette ?

Il n'y a finalement pas tant de variétés que cela et c'est plutôt triste de constater que certaines espèces tendent à disparaître de nos jardins. Comme les moineaux.

Verdiers et pinsons semblent préférer l'autre point d'eau dans le jardin, sur le banc de pierre. J'ignore pourquoi.

J'admire ce que je pense être une jeune grive musicienne quand tout d'un coup, un impressionnant pic-vert arrive.

Je l'avais déjà vu dans le jardin, pilonner le sol gazonné.

Un autre oiseau des bois, le geai des chênes, connait aussi l'adresse de ce bar à eau mais je n'ai pas réussi à le photographier.

Un pic épeiche a trop à faire sur son tronc d'arbre pour s'aventurer jusqu'ici. 

 Je ne sais pas s'il ferait bon ménage avec cette élégante palombe.

Un peu plus tard dans l'année, reviendront peut-être les magnifiques chardonnerets élégants.

 

Tous ces oiseaux sont pour moi un divertissement quotidien qui ne me lasse pas.

Mais semaine dernière, j'ai eu la chance d'assister à une spectacle plus exceptionnel, à l'orée du bois. J'en suis encore toute émerveillée ! Je vous raconte cela très vite...

lundi 21 septembre 2020

Chut !!!

 

Cela se passe au coeur de l'après-midi. Soudain, le silence. Plus aucun voisin ne manie taille-haie ou tondeuse à gazon. C'est presque exceptionnel un tel silence. J'essaie de prendre conscience de ce moment de quiétude sans me dire anxieusement que le vacarme ambiant reprendra de plus belle après cette pause providentielle. Je profite du calme. 

Pour moi, c'est cela la paix. Un jardin où personne ne s'agite à part quelques oiseaux, le vent dans les arbres. 

Et soudain, ploc. Un bruit inhabituel que je ne connais pas, m'extirpe de mes pensées.

Une pomme vient de tomber dans l'herbe du jardin. 

Un bruit de verger à l'automne qui m'enchante et que j'ai rarement entendu avant d'habiter ici. 

Pour moi, c'est cela la sérénité. Entendre le choc un peu sourd d'une pomme tombant de la branche la plus haute sur un tapis végétal moelleux. 

 

Ah comme j'aime broder à l'ombre du pommier rougi de fruits exhalant leurs odeurs sous le soleil de septembre ! 


 

Je resterais bien des heures à m'occuper ainsi, dérangée seulement par quelques plocs qui annoncent de belles récoltes.

 Il sera bientôt temps de cueillir mes pommes avant qu'elles ne soient trop mûres et d'en faire des provisions pour l'hiver, à la manière des écureuils qui s'activent actuellement à cacher leurs noix et noisettes. 

Je suis tellement silencieuse et immobile quand je brode que l'un d'entre eux ne m'avait pas vu dernièrement et s'est retrouvé à quelques centimètres de mon fauteuil. J'ai été plus étonnée que lui qui a retrouvé son chemin sans panique en passant par la véranda.

Confiant, il avait du reconnaître la silhouette familière qui dépose des colis dans sa drôle de boîte aux lettres.

Je retourne au jardin écouter d'autres chutes. 

Chut !!!! 

vendredi 5 juin 2020

Enfin il pleut...

Cela fait des jours et des jours qu'il ne pleut pas. Les présentatrices de la météo comme toujours, s'enthousiasment devant un tel ensoleillement. Il fait beau, cela fait du bien au moral, donne envie de se baigner, d'aller boire un café en terrasse. Soit, mais je n'aimerais pas être agriculteur à voir notre jardin qui commence à faire triste mine, les cuves d'eau de pluie quasi vides.
Tous les jours, je vais remplir les récipients pour les oiseaux car l'eau s'évapore très vite. 

Il faisait très chaud pour un début juin puis chute brutale des températures depuis mercredi. Temps gris, premières gouttes timides puis enfin une bonne averse. Cela va durer quelques jours : madame météo sera mécontente ce soir, c'est sûr. Mais moi, je suis soulagée pour les récoltes à venir. En espérant qu'il n'y aura pas de violents orages.

Est-ce que ce sera suffisant pour remplir nos citernes, étancher la terre en profondeur ? Je vais rester quelques jours à l'intérieur, moins profiter de mon fauteuil de jardin. Cela en vaut la peine.
 
Les pivoines et les roses, trop fragiles, seront sans doute chiffonnées par la pluie. Peu importe, la terre réclame son bain de Jouvence.


Tout comme les trèfles en fleurs de la prairie à l'arrière de la maison, paradis des abeilles.

 
Ou notre bébé cerisier qui dialogue avec un coquelicot aussi grand que lui, à défaut de produire des cerises.
 
Sans oublier tout ce que j'ai planté dernièrement et qui a du mal à partir : capucines, dahlias, nouvelles prairies au sud.

Depuis que j'ai lu Jean de Florette, je suis davantage encore consciente des problèmes de sécheresse. Même au nord maintenant, les étés sont de plus en plus arides, les hivers plus assez pluvieux. 

Alors moi, quand j'entends le ruissellement de la pluie sur les vitres, je suis ravie.