Le parc continue de m'étonner car c'est un lieu un peu étrange qui ressemble peut-être davantage à une prairie arborée ou à un grand jardin qu'à un parc. Le soir, l'odeur des foins se mêle à celle des tilleuls, envoûtante. Il y en a trois, superbes, devant notre résidence.
Est-ce qu'un bain de pied dans les fleurs de tilleul fanées a des vertus apaisantes ? En tout cas, c'est une expérience que j'ai testée avant de reprendre mon parcours.
J'aime monter sur la butte pour prendre de la hauteur puis parfois, me vient l'envie de dévaler la pente à toute allure, comme dans le générique de la Petite maison dans la prairie (série dont je n'ai pas honte de dire que je suis fan depuis toujours). Pas très prudent avec les atteintes osseuses du myélome alors je préfère d'autres activités plus calmes comme trouver des cachettes pour une imaginaire partie de cache-cache enfantine.
Depuis les rues, le parc n'est pas clos. Aucune clôture, même végétale. Quelques rares pancartes pour indiquer qu'il s'agit d'une propriété privée. On peut entrer et sortir à n'importe quel endroit. C'est assez déroutant, je trouve !
Les jardins des appartements en rez-de-chaussée, délimités par des buis (avec souvent un petit portillon pour un accès direct au parc), s'intègrent parfaitement à cet espace végétal collectif. Depuis les étages, une vue plongeante s'offre sur ces jardins pas si privés que cela. Le message de l'architecte Bougeault qui a pensé cet ensemble architectural et paysager, était peut-être que la nature appartient à tous ?
Au fait ce quartier ne s'appelle pas "Parc Delpech" en hommage à Michel Delpech mais porte le nom d'un maire amiénois du 19e siècle, Alphonse Delpech. Il se situe pas très loin de la rue du même nom qui relie la place du Cirque au boulevard de Saint-Quentin.
N'empêche que les chansons de Michel Delpech sonnent plutôt bien ici où tout évoque les années 70.
Beaucoup d'habitants vivent dans cette résidence depuis son origine. Certains sont très vieux et cela me donne des espoirs de longévité. La force des grands arbres n'y est peut-être pas pour rien ? Comme le mentionne Jacques Tassin dans son livre Penser comme un arbre, il est désormais avéré que ces derniers peuvent stimuler notre système immunitaire et que de longues promenades en forêt (les fameux bains de forêt des japonais) augmentent l’activité des lymphocytes NK impliqués dans la régulation des cellules cancereuses.
Alors moi, tout en prenant régulièrement l'air au milieu des arbres du parc (à défaut de ceux d'une forêt), je fredonne ces airs d'un autre temps pour me donner du courage.
De Michel Delpech, j'aime surtout le livre Vivre ! découvert en 2016 et que je relis régulièrement car ses réflexions sur la maladie et la vie sont assez proches des miennes. Je ne pensais pas, au départ, me trouver autant de points communs avec ce chanteur.Habiter un lieu qui porte le nom de Delpech, même si ce n'est pas le sien, cela a du sens pour moi.








