lundi 24 septembre 2018
Le syndrome de la rentrée
Quand on est en arrêt longue maladie, il y a des périodes où il est plus difficile que d'autres d'être en dehors de la vie active. Autour de moi, je palpe l'agitation de la rentrée avec le sentiment d'en être exclue. Au lieu de me réjouir d'échapper aux pénibles réunions de programmation dont me parlent mes anciens collègues, je sens monter en moi, le malaise de l'inutile. Retraitée avant l'heure et pour combien de temps encore ? Et toujours en sourdine, la question qui tue : "Pourquoi moi ?".
Il y a quelques temps, P.-F., un ami de mon frère atteint d'un myélome depuis plus longtemps que moi, m'a annoncé sa troisième rechute. Je me réjouissais que ses rémissions soient plus longues et stables que les miennes. Lui aussi repart faire un tour de manège, avec beaucoup de courage et d'espoir. Et sans doute pas mal d'amertume, comme moi, pour tout ce dont cette maladie nous prive.
Bien sûr, en apparence, les gens me trouvent en forme. Les traitements agissent bien et mettent le mal en hibernation. Mais les effets secondaires, même supportables, sont bien là. Je n'en fais pas étalage. Seuls mes proches savent qu'il y a des jours avec, et des jours sans. Et la perspective de continuer comme cela le plus longtemps possible est à la fois rassurante et terrifiante.
Sans doute est-ce en raison de cette pudique discrétion sur ce que j'endure que je me suis éloignée de certains d'entre vous. Aux amis qui voudraient venir, me téléphoner, je réponds souvent aux abonnés absents. Ne m'en tenez pas rigueur.
C'est la rentrée. Dans les cahiers à carreaux des écoliers, il y a des additions et des poèmes de Maurice Carême. Dans le mien, il y a surtout des gribouillages de peurs anciennes et une grande page blanche sur le futur.
Mais j'ai quand même taillé mes crayons de couleur...
mardi 11 septembre 2018
Parc Delpech #3
Je continue mon étude du parc Delpech suspendue durant cet été.
L'accès aux résidences
Les huit bâtiments prenant place librement dans le parc, leur accès est très variable selon leur proximité ou non avec la rue. Ils sont précédés d'allées plus ou moins longues, droites ou sinueuses, bordées de haies de jardin ou de bacs à plantes.
Seule notre résidence offre un double accès, longeant le Centre de gestion agréé de la Somme, dans un environnement très paysager.


Pas facile à trouver : suivez la flèche !

Révélé par la sécheresse, j'ai découvert dans le parc tout un réseau dallé qui balisait un itinéraire peu à peu envahi par la végétation. Je n'ai pas vraiment compris sa trajectoire car se soulevant à certains endroits, certains pavés ont été supprimés par souci de sécurité. Le chemin finit par disparaître...
L'accès aux résidences
Les huit bâtiments prenant place librement dans le parc, leur accès est très variable selon leur proximité ou non avec la rue. Ils sont précédés d'allées plus ou moins longues, droites ou sinueuses, bordées de haies de jardin ou de bacs à plantes.
Seule notre résidence offre un double accès, longeant le Centre de gestion agréé de la Somme, dans un environnement très paysager.
Pas facile à trouver : suivez la flèche !
Révélé par la sécheresse, j'ai découvert dans le parc tout un réseau dallé qui balisait un itinéraire peu à peu envahi par la végétation. Je n'ai pas vraiment compris sa trajectoire car se soulevant à certains endroits, certains pavés ont été supprimés par souci de sécurité. Le chemin finit par disparaître...
lundi 3 septembre 2018
Une semaine dans le Tardenois
Pays natal de Paul et Camille Claudel dans le département de l'Aisne, le Tardenois nous a offert une pause bien méritée autour du 15 août. Le temps passe trop vite et le parc Delpech commence déjà à préparer ses habits d'automne.
Mais peu importe ! Nourrie de mes plus beaux souvenirs de vacances, je me sens prête à affronter les jours qui raccourcissent.
Entre deux lectures, nous allions admirer le ballet des carpes dans l'étang.
J'ai été heureuse de trouver dans une des chambres un roman de Janine Boissard que je n'avais pas lu. J'ai toujours aimé la plume de cette auteure et les thèmes qu'elle aborde, l'amour, la famille, les joies du quotidien, le bonheur malgré les épreuves... Des histoires qui font du bien, tout simplement.
Sur le plateau de Californie, lieu emblématique des batailles du Chemin des Dames, la nature a fossilisé tranchées et trous d'obus, comme une mère couvre doucement son enfant malade pour l'aider à guérir.
Nous avons marché sur des sentiers ombragés, recueillis comme dans une cathédrale, désolés de constater que beaucoup de promeneurs semblaient peu soucieux du caractère tragique de ce lieu, sauf un papi qui nous a demandé où il y avait des tranchées pour les montrer à son petit fils. Tout n'est pas perdu...
Sur la galerie Renaissance du château de Fère-en-Tardenois, nous avons essayé de déchiffrer des graffitis de soldats américains datant de la première guerre mondiale. Presque aussi énigmatiques que des hiéroglyphes.
Nous avions également rendez-vous avec des anges et Marie Madeleine (sainte patronne de notre fille, il n'y a pas de hasard) dans deux magnifiques églises Art Déco de la Reconstruction qui malheureusement, se dégradent. Le béton armé, sous ses airs de gros dur, est en réalité un matériau fragile.
Eglise Sainte Marie-Madeleine, Mont-Notre-Dame
Eglise reconstruite de 1929 à 1933 par les architectes Georges Grange et Louis Bourquin sur l'emplacement de l'ancienne collégiale médiévale, dynamitée par les Allemands en août 1918.
Douceur paisible et gracieuse d'un ange en prière.
Eglise Saint-Martin, Martigny-Courpierre
Eglise reconstruite de 1929 à 1932 par l'architecte Albert Paul Müller.
Seule l'église de Martigny-Courpierre était ouverte nous laissant admirer sa décoration intérieure conçue par des artistes appartenant presque tous au groupe des Artisans de l'Autel, représentatif du renouveau de l'art sacré dans les années 1920.
Pas très rassurés, nous avons joué aux explorateurs et dans une végétation envahissante, nous avons retrouvé un réseau de tranchées... Nous ne pensions pas qu'il y en avait à l'écart du Chemin des Dames.
Et maintenant, en route vers d'autres horizons...
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