mardi 3 mai 2022

Je voudrais encore...

T'envoyer chaque soir en partant du travail cet immuable sms "Je rentre" et trouver en arrivant le portail ouvert, et nos deux tasses de thé prêtes à être bues devant le soleil couchant.

Attendre ton appel vers midi, comme chaque jour quand j'étais au travail.

Même si ce n'était pas facile, chaque lundi, attendre avec appréhension tes résultats d'analyses, et se réjouir quand ils étaient bons.

Que tu râles parce que je te laissais faire presque tout dans le jardin et que le nettoyeur haute pression était toujours dans sa boîte un an après son achat.

Que tu nous fasses une jolie décoration pour Pâques, comme chaque année.

J'aurais voulu que tu voies comme Madeleine a été courageuse en commençant son stage à l'hôpital de Montdidier, après ton départ, que tu soies une fois de plus fier d'elle. Six mois déjà passés...

...

 

Cet article fait écho à celui qu'Hélène publia le 29 octobre 2019, Je veux encore..., qui remplit ses lecteurs de tristesse. Pour le 3 mai 2022, septième mois du décès de ma douce, alors que je cherchais un sujet, je suis tombé "par hasard" sur Je veux encore..., qui m'indiqua le chemin.

Bien sûr, même si plus rien n'est possible, on voudrait toujours encore. Alors pourquoi ne pas refaire un tour dans les souvenirs, les plus heureux et les plus tristes, mais qui furent la vie ? Revivre un peu ensemble.

Cet article comporte des vidéos (notre mariage et deux chansons) et une piste audio dans laquelle on entend Hélène et Madeleine en 1998.

 

Haguenau, 8 août 1992, premier bouquet
 

Mulhouse, 12 septembre 1992, à l'anniversaire de Gilles

Strasbourg, Nouvel An 1992, chez Brigitte, avec Juliette

 8 juillet 1994 : mairie de Haguenau, avec Jean-Luc (mon témoin), et ses filles, Mathilde et Juliette, ma filleule. Hélène avait pour témoins son frère et sa soeur

 

30 juillet 1994. Mariage religieux (extraits de la vidéo)

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Hélène joue « Dentelle », morceau de sa composition

Échange des anneaux

Notre mariage religieux se déroula le 30 juillet 1994 dans la petite église de Saint-Roman-de-Malegarde (Vaucluse), village où étaient réfugiés la Mémé et la Maman d'Hélène pendant la guerre, ayant fui l'Alsace occupée. Les liens étaient restés très fort avec ce lieu, notamment avec la famille Couston. La famille Fenninger s'y rendait régulièrement l'été, et y posséda une petite maison de vacances. Le marché de Vaison-la-Romaine était aussi un moment important, comme la fréquentation de la petite piscine municipale de Tulette.

Le père Joseph, curé de l'église Saint-Georges de Haguenau, ami d'enfance de Marcel, le Papa d'Hélène, a accepté d'y venir célébrer notre union, à condition qu'Hélène joue de la harpe ! Elle en a joué une fois seule (c'est le passage que vous pouvez visionner) et une autre fois accompagnée à la flûte par Denis, son frère. Denis et son père, d'ailleurs, étaient nos musiciens durant la messe, Denis au violon et Marcel à l'orgue.

Un gros orage gronda durant toute la messe, occasionnant des coupures d'électricité. À plusieurs reprises, nous nous trouvâmes dans l'obscurité et l'orgue de Marcel n'émettait plus aucun son. Le père Joseph a bien légèrement froncé les sourcils, mais pouvait-on s'empêcher de penser « Mariage pluvieux, mariage heureux »... ?

L'assistance était peu nombreuse dans cette toute petite église. À gauche, essentiellement des habitants du village, dont bien sûr la famille Couston (Thierry a participé en 2015 à la Saison 10 de L'Amour est dans le pré), et Odette, la Maman d'Hélène. À droite, Frédérique, l'épouse de Denis, nos frères et soeurs respectifs, le compagnon de ma soeur, François, et la compagne de mon frère, Marie, ma marraine, Théa, et Monseigneur Pierre Bockel, archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, cousin de mon père, qui possédait un pied-à-terre près du Mont Ventoux. Marc, le beau-frère d'Hélène, était occupé à filmer la cérémonie, tout comme il avait filmé le mariage civil à Haguenau.

Nos témoins étaient nos frères et soeurs, Véronique et Denis pour Hélène, Véronique et Philippe pour moi.

Hélène avait une robe magnifique, elle y tenait tellement ! Elle était belle, émue, heureuse, et a joué magnifiquement, sans aucun trac. Moi, j'étais empoté, comme d'habitude.

Vingt mois plus tard naissait un petit bébé...


3 avril 1996, Strasbourg, clinique Adassa : Madeleine, 50 cm, 3450 gr.


Schiltigheim, décembre 1998

Madeleine : « Docteur, j'ai mal ! ». Maman va la soigner.

Cliquez sur la flèche pour écouter le dialogue.

   

Lalaye, Pentecôte, 23 mai 1999 : Madeleine et Mémé Victorine
 

Haguenau, 30 mai 1999
 
 
Haguenau, 16 juillet 2002
 

Amiens, 31 décembre 2005

...

Et puis... la maladie, mais la vie, par dessus tout 

Premier séjour d'Hélène au service hémato du CHU d'Amiens. Elle vient d'apprendre qu'elle souffre d'un myélome multiple.

Amiens, 27 mai 2012.

 

Autogreffe le 28 septembre, hospitalisation du 24 septembre au 15 octobre.

À lire cet article d'Hélène : (Re)naissannce

Amiens, CHU, 1er octobre 2012










Période d'aplasie (plus de défenses immunitaires)... Visites sous haute protection.
 
 
Rémission

Noël 2015
 
 
Rechute
 
 
Juillet 2016. Seconde autogreffe.
 

 À Saleux

Après deux déménagements en 2018 et 2019, Hélène a trouvé la maison de ses rêves. Malgré d'autres rechutes, et d'autres nouveaux traitements, elle vit enfin dans un environnement paisible, celui dont elle a toujours rêvé. Elle n'en a profité que durant 32 mois, entrecoupés d'incessants séjours à l'hôpital. Étant immunodéprimée, la Covid-19 a encore renforcé notre isolement. Elle ne pouvait même pas voir sa fille.

Juillet 2019. Saleux, essai de potager.


Le traitement qu'elle suivait lors de notre arrivée à Saleux ayant cessé de faire effet, les hématologues ont en mis en route un autre, le 7ème traitement différent depuis 2012 : le protocole DCEP (dexaméthasone, cyclophosphamide, étoposide et cisplatine), qui la mena de novembre 2019 à mai 2021.

4 juillet 2020. Hélène et Madeleine en hémato.

On voit sur la potence les trois poches de chimio du DCEP perfusées 24 heures sur 24 pendant six jours toutes les quatre semaines. 


Barbara : Rémusat (À ma mère) (1972), en public au Châtelet, en 1987.

Chanson écrite pour sa Maman en 1971, qui habita 14 rue Rémusat à Paris 16e. Barbara y vécut avec elle de 1961 à 1967, date à laquelle elle quitta l'immeuble à la suite de son décès.


 Et puis...

Hélène le 27 août 2021. En hémato pendant un mois, jusqu'au 22 septembre.


 ...une magnifique chanson interprétée par Serge Reggiani

 
Et puis (1968, J.-L. Dabadie, J. Datin), interprétée à Discorama, le 12 novembre 1968. 
Cliquez sur l'image pour y accéder (site de l'INA).