dimanche 29 avril 2018

Méditer dans les livres


 La méditation est à la mode et je ne me suis guère privée ces dernières années d'acquérir des ouvrages sur le sujet, plus que de raison. Les conservant au cas j'aurais besoin de retrouver un idée particulière. Et en achetant toujours de nouveaux... au lieu de me mettre à la pratique. Comme le dit si bien Alexandre Jollien, dans Vivre sans pourquoi :
Il me serait plus aisé de composer sur le champ un traité du repos que de m’étendre 5 minutes à ne rien faire !
 

 Déménagement oblige, j'ai décidé de me séparer d'un certain nombre pour ne garder que quelques essentiels et j'ai recopié, un peu au hasard, certains passages par ci par là...

Ne baser pas votre pratique sur ce qu'on vous raconte ou  sur vos seules lectures. N'apprenez pas par coeur, vérifier par vous-même. N'hésitez pas à remettre en cause ce qui vous a été enseigné, non dans une attitude rebelle mais dans la noble intention de tester le bien fondé de ce que vous apprenez. C'est par l'expérience physique, plus que par le savoir, que la mémoire du corps s'instruit. Que votre engagement dans la pratique soit le fruit de votre seule expérience personnelle !

Méditer, c'est se soigner, Dr Frédéric Rosenfeld

Tout comme une paire de chaussures nous évite de nous blesser l'orteil, la pleine conscience, si elle est appliquée au point de contact avec tout ce qui apparaît dans le mental ou dans le corps, ou avec tout évènement nous concernant, qu'il soit menaçant ou séduisant, peut nous épargner, à nous-mêmes et aux autres, beaucoup de souffrance.
 Méditer, 108 leçons de pleine conscience,
 Jon Kabat-Zinn

Ce n'est pas en fuyant la souffrance qu'on y met fin. En la comprenant, en l'acceptant, on cesse de s'opposer à elle et on se donne une chance de l'éliminer pour soi-même et pour tous les êtres. La souffrance acceptée ne fait plus souffrir. Elle devient une puissance qui transforme.
La méditation m'a sauvé, Plakyab Rinpoché

A notre anniversaire, on nous souhaite "Bon anniversaire" alors qu'en réalité le jour de notre naissance fut aussi celui de la naissance de notre souffrance. Et pourtant personne ne va nous souhaiter : "Joyeux anniversaire, tous nos voeux de souffrance les plus sincères !"
L'art du bonheur, Sa Sainteté le Dalaï Lama

Si l'on commence tout simplement par aider régulièrement les autres, même sans se sentir particulièrement gentil ou attentif, au fur et à mesure, que l'on développera d'authentiques sentiments compassionnels, on constatera une transformation intérieure.

L'art du bonheur, Sa Sainteté le Dalaï Lama

Il est important d'apprendre à assumer sa singularité, non pas à y renoncer - que ce soit au nom d'un ordre moral, social ou spirituel. Vivre implique de prendre le risque d'être ce que nous sommes. La méditation nous y aide quand elle est une aventure, nous conduit à faire de nouvelles découvertes et rencontrer de nouveaux paysages.
Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal

Lorsqu'on essaie de calmer l'esprit, on a l'impression d'avoir davantage de pensées qu'auparavant. En vérité, ce n'est pas tant que leur nombre a soudainement augmenté, c'est que l'on prend tout à coup conscience de leur foisonnement. Nous avons mentionné qu'il n'est ni possible ni désirable de bloquer les pensées. Il est important, en revanche, d'en maîtriser le processus si l'on veut éliminer les  causes de la souffrance et permettre l'épanouissement du bonheur authentique.
L'art de la méditation, Mathieu Ricard 

Essayer d'être conscient en marchant, où que vous alliez. Ralentissez un peu. Centrez-vous dans votre corps et dans le moment présent. Appréciez le fait que vous êtes capables de marcher, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Percevez l'étendue de ce miracle et ne prenez pas pour argent comptant le fait que votre corps fonctionne si harmonieusement. Sachez que vous déambulez, droit sur la face de la Terre nourricière. Marchez avec dignité et confiance. Comme  disent les Navajos, marchez en beauté, où que vous soyez.

Où tu vas, tu es, Jon Kabat-Zinn

Comme cela fait du bien finalement de se libérer des livres et de repartir un peu plus légère. La prochaine fois, je ferai attention avant de me laisser tenter par toutes ces publications qui inondent un peu trop les librairies, je trouve. Et j'irai marcher en beauté...

dimanche 15 avril 2018

Rue Jeanne d'Arc


Depuis juillet 2000, nous habitons dans une amiénoise, bâtie vers 1893. 
Lors d'un séjour touristique, j'avais déjà été charmée par ces enfilades de maisons mitoyennes en brique, répétitives et pourtant individualisées, ces quartiers presqu'entièrement préservés depuis le 19e siècle, non loin du cirque Jules Verne.

 Les maisons côté pair, après 1905 (vue depuis notre 1er étage)

En 1999, nous avions décidé de venir travailler à Amiens car la vie nous y semblait agréable, les possibilités d'acquérir une maison plus facile financièrement qu'à Strasbourg.
Après deux-trois visites décevantes d’amiénoises petites, sans âme, j'étais rentrée dans une maison qui s’offrait comme par magie. Coup de foudre pour un lieu, malgré les inconvénients (la salle de bains derrière la cuisine, notamment). Escalier époustouflant.

Jean-Michel, lui aussi, était ravi. Était-ce parce que les pièces murmuraient Mallarmé et que le maître des lieux, personnage énigmatique à la Philippe Noiret, peu à peu dévoilait cette maison qu’il aimait encore ?
Nous avons décidé de vivre ici et sommes devenus amis avec les anciens propriétaires : Ivar Ch'Vavar, poète picard, et sa femme Dominique, prof de russe et danseuse. J’aime profondément ces gens atypiques, exigeants, sensibles. 
J'ai même brodé un des poèmes de Pierre, en langue picarde... pour cacher le compteur électrique dans l'entrée, publié sur mon autre blog

  Puis le temps a passé, ma broderie dans l'entrée aussi... Les habitants d'à côté sont devenus moins respectueux alors que l'isolation n'est guère performante entre ces maisons et que tout résonne d'une cour à l'autre. Des voisins sympathiques sont partis et de nouveaux, plus distants, se sont lancés dans des travaux interminables. Fini le calme ! 
Et ces alignements de murs de briques précédées par des files interminables de voitures stationnées ont commencés à m'oppresser moi qui ne rêvais que d'arbres et de nature après mes séjours en chambre stérile. C'est grâce à ma toute petite cour arborée que j'ai tenu le coup bien souvent. Paradis des oiseaux que j'aime tant.




L'école Saint-Martin dont nous avions apprécié la proximité pour notre fille Madeleine, a commencé à être de plus en plus une source de nuisances sonores (dont la liste serait longue), la dernière en date étant une sonnerie de type téléphone portable à la place de l'ancienne cloche. Soit disant plus zen mais tellement plus forte... 


Et surtout, il aurait fallu faire nous aussi des travaux que nous n'avions jamais eu le courage d'entreprendre nous qui ne sommes guère de grands bricoleurs et avons souvent été déçus par les artisans d'ici. Impossible de refaire la cuisine sans vivre ailleurs. Trop compliqué avec ma maladie et en l'absence de famille pour nous héberger.

Depuis quelques années déjà, nous mûrissions l'idée de revendre la maison mais cela est devenu une évidence à mon retour de l'hôpital. Besoin d'un environnement plus calme et moins minéral, d'un espace de vie plus pratique et confortable. L'idéal aurait été un appartement avec terrasse dans un cadre verdoyant comme il s'en construit beaucoup à Amiens mais que nous ne pouvons prétendre louer à  cause de la loi Pinel qui plafonne les revenus des locataires de ces logements.
Nous commençions à désespérer jusqu'au jour où nous avons été guidés vers notre futur lieu à vivre que je vous présenterai bientôt. Patience.

L'heure est au tri et aux cartons. Pas facile en même temps que le lourd traitement que je dois supporter et qui, en ce moment, se solde par beaucoup de trous de mémoire. 
Même si c'est difficile, je sais qu'après mon allo-greffe, un déménagement aurait été impossible. Alors malgré la fatigue, le stress, tous les deux, aidés par notre fidèle Madeleine, nous nous sentons portés par ce projet de vie.

Déménagement programmé le 3 mai 2018.