Elle vient de fêter ses 70 ans et remonte sur scène après avoir soigné une tumeur cancéreuse sur les amygdales. Terrible pour une chanteuse comme Véronique Sanson d'avoir cru ne plus pouvoir chanter. Et elle interprète ses compositions si sensibles avec toujours la même vibrante émotion dans la voix. C'est miraculeux, fort, touchant... Je n'ai pas de mots pour dire mon bonheur de la savoir toujours vivante.
Lors d'une émission sur France 2 à l'occasion de son anniversaire, elle explique comment elle a surmonté cette épreuve et j'ai essayé de retranscrire ses paroles que je trouve très justes :
Le mot "se battre" n'est pas approprié parce qu'on ne se bat pas contre ces choses là, on encaisse. On encaisse ! Il n'y a aucun courage là-dedans, ni force, ni rien, on subit et tout ce qu'il faut faire, c'est faire exactement tout ce qu'on vous dit de faire. Et le truc qu'il ne faut pas faire par contre, c'est s'apitoyer sur soi-même en disant : "Pauvre de moi, pauvre de moi et je n'y arriverai jamais et tout ça...".C'est tout mais c'est essentiel... J'ai été impressionnée en l'entendant car c'est tout à fait comme ça que je ressens les choses. Est-ce vraiment avoir du courage que de supporter les traitements, certains examens douloureux, des opérations, sachant qu'on n'a pas le choix ?
On verra ! Il faut se dire : "Eh ! laisse couler, roule Raoul, laisse couler, on verra bien et si ça va, ça va et si ça va pas, bye bye."
C'est tout !
Comme elle, je n'emprunte pas des mots guerriers pour parler de mon rapport à la maladie. Se battre, mener bataille, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je n'aime pas les affrontements.
Cette maladie m'a choisi. Pas de chance ! Mais si j'en fait une ennemie, est-ce que cela m'aide vraiment à faire baisser le fameux pic monoclonal qui me tient lieu de baromètre ?
Encaisser les rechutes avec courage, accepter les parcours thérapeutiques invalidants, faire chaque jour de son mieux, il n'y a rien d'autre à faire.
Dans Trois amis en quête de sagesse, Alexandre Jollien relate l'histoire d'une nonne atteinte d'un cancer incurable à 40 ans. Durant des mois, elle se levait pour partir à la guerre et combattre l'ennemi jusqu'au jour où, grâce à la méditation, elle a commencé à envisager le cancer comme un ami, un messager, un libérateur.
Je n'en suis pas encore là, cependant !
