samedi 28 octobre 2017

Attention, ça glisse sur les trottoirs

 
J'aime marcher. Mais il faut reconnaître qu'en ville, c'est de moins en moins évident de croiser des piétons qui comme moi, prennent le temps de caresser le sol d'un pas bienveillant. En saluant l'autre d'un sourire. Les gens dans la rue me font penser à des chauves-souris, évitant l'autre à la dernière minute en voyant son ombre se refléter sur l'écran de leur téléphone portable. Le monde est-il devenu tellement moche pour qu'on soit tenté de regarder en permanence des écrans, de boucher nos oreilles avec des écouteurs ?


 De plus en plus aussi, il faut que ça roule, que ça glisse, que ça aille vite. Il y a tellement de nouveaux moyens de locomotion qu'on se croirait dans le film Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machine où chaque pilote tente de gagner la course dans des avions de plus en plus improbables. C'est à qui trouvera le truc le plus original pour se déplacer ! Les trottoirs ressemblent désormais à des autoroutes où se croisent skates, hoverboards, trottinettes pour enfants, pour adultes, rollers, bicyclettes... Sans aucune règlementation. Qui est finalement prioritaire sur un trottoir ?

Et si on ne marche plus, on ne porte plus non plus. Pourquoi faire des efforts puisque la société de consommation nous incite à tout laisser glisser ?


En voyant certains se contorsionner pour tirer un minuscule sac dont les roues font un sacré tintamarre, je me dis qu'ils ne peineraient pas plus à porter un sac à dos. A quand le porte-feuilles à roulettes pour transporter toutes nos cartes de crédit ou de fidélité ? Dire que jadis, ma grand-mère refusait de prendre son caddie à roulettes parce qu'elle ne voulait pas reconnaître son âge !

Soyons raisonnables et laissons ces sacs roulants aux personnes qui en ont vraiment besoin et voyageons léger. Est-il vraiment indispensable de trimballer autant de choses ? A chaque rentrée scolaire, on entend parler du poids du cartable mais je n'ai pas l'impression de voir des écoliers moins chargés.

Et si vraiment nous ne pouvons pas porter notre sac de voyage ou de course, choisissons des roulettes "silencieuses", en caoutchouc plutôt qu'en plastique dur. Les fabriquants pourraient faire un effort pour limiter le bruit, cette autre pollution urbaine. 

vendredi 27 octobre 2017

La tartine de beurre


Ce matin au petit déjeuner, j'ai savouré une tartine de beurre dégoulinante de miel. Alliance subtile de deux denrées en voie de disparition. Les abeilles de monsieur Léon, apiculteur de Montdidier, se font rares et la production s’amenuise d'années en années. Les réserves de beurre fondent sous l'augmentation mondiale de la consommation.

Alors voici une bonne occasion de manger en pleine conscience. De bien goûter chaque bouchée comme si c'était la dernière et de ne pas en perdre une miette.

Quand je pense que certains achètent plus de plaquettes de beurre que de raison, par crainte d'une pénurie, et risquent de gaspiller leurs provisions qui vont se périmer... ou de faire une overdose de cholestérol !

Mangeons peu, mangeons moins mais avec délectation, en écoutant Mozart, et il y en aura pour tout le monde.



dimanche 15 octobre 2017

Kiara, dite Kiki

Elle a été nommée Kiara à son arrivée à la SPA puis est devenue Kiki en colonisant le cœur de Madeleine. Parce qu'elle ressemble au chat noir de Kiki la petite sorcière, un de ses Miyazaki préféré, et surtout parce qu'elle répond à ce nom quand on l'appelle. Kiki, la doucette, le nom aussi de la chatte de Colette dans Dialogues de bêtes.
Il m'arrive de penser à la cruauté des hommes en la regardant, si belle. Comment son maître précédent a-t-il pu l'abandonner dans la rue parce qu'elle attendait des chatons ? Vilaine fille qui avait fauté !
Je me dis que peut-être, je me trompe, qu'elle s'est simplement perdue en allant mettre au monde sa portée et qu'elle n'a pas retrouvé ton foyer. Son maître la cherche t-il encore ? Je crois malheureusement que le premier scenario, le plus fréquent selon la responsable de la SPA, est le plus probable.
S'il y a des hommes qui ne sont pas dignes des animaux, d'autres au contraire le sont. Recueillie dans la rue par la fourrière, elle a été merveilleusement soignée à la SPA avec ses petits qui ont tous été adoptés.
Madeleine qui désirait partager son premier logement avec un chat, avait pris l'habitude de regarder le site de cette association depuis longtemps (toujours dans l'anticipation ma fille !). Elle regardait régulièrement la fiche de Kiara et ne pensait pas que le jour où elle pourrait vraiment adopter un animal, Kiara serait encore là.

Et pourtant, aux portes ouvertes du 15 août 2017, Kiara n'avait toujours pas été adoptée et Madeleine est repartie avec elle dès le lendemain. C'était comme si ces deux-là, étaient faites l'une pour l'autre.
Une belle histoire d'amour qui a tout de même nécessité un petit temps d'adaptation ! Jamais connue une chatte aussi collante que Kiki... J'ai été heureuse de la voir me bouder l'autre jour quand je passais un moment seule avec elle.
Enfin une attitude de chat qui me dit qu'elle est en train d'oublier les galères passées.

 Elle trône, royale, dans un petit appartement certes, mais à l'abri des dangers de la rue. 
 
Nourrie, soignée, respectée, câlinée. Elle est devenue l'âme ronronnante du foyer de Madeleine.


dimanche 8 octobre 2017

Ruines de la Grande Guerre

 
Montdidier, rue de la sous-préfecture

Le titre de cet article rappelle celui d'une série de cartes postales éditée après la première guerre mondiale pour documenter les bâtiments ou quartiers partiellement ou entièrement détruits.
La région où j'habite a été particulièrement touchée, non seulement dans le sillage du Chemin des Dames mais aussi dans la Somme.
Alors forcément, Jean-Michel qui travaille aux archives départementales, est chaque jour confronté à ce passé : liasses déchiquetées par les obus et inexploitables, archives disparues. Toute une mémoire engloutie dont l'absence témoigne encore aujourd'hui de l'histoire terrible d'un territoire et des hommes qui y ont perdu la vie.

 
Échantillon de matières préservées entre des pages endormies, 
comme un herbier minéral

Un jour, comment ne pas être ému en découvrant par hasard dans un dossier oublié, des gravas de la sous-préfecture de Montdidier, bombardée en 1918 ? Comment ne pas vouloir les garder précieusement, même si cela ne sert à rien ?

 En haut, l'ancienne et la nouvelle sous-préfecture, 
en bas, la sous-préfecture provisoire et la rue en ruines
Pour conserver dignement ces reliques, j'ai brodé une petite enveloppe dont le format rappelle les courriers d'antan. Les couleurs évoquent discrètement celles du drapeau national. Un gris taupe à la place du bleu et un rouge coquelicot, fleur-symbole du souvenir des victimes de la Grande Guerre.

 La sous-préfecture de Montdidier a été reconstruite comme la plupart des lieux dévastés.
Et la vie a repris son cours, différente...