J'aime marcher. Mais il faut reconnaître qu'en ville, c'est de moins en moins évident de croiser des piétons qui comme moi, prennent le temps de caresser le sol d'un pas bienveillant. En saluant l'autre d'un sourire. Les gens dans la rue me font penser à des chauves-souris, évitant l'autre à la dernière minute en voyant son ombre se refléter sur l'écran de leur téléphone portable. Le monde est-il devenu tellement moche pour qu'on soit tenté de regarder en permanence des écrans, de boucher nos oreilles avec des écouteurs ?
De plus en plus aussi, il faut que ça roule, que ça glisse, que ça aille vite. Il y a tellement de nouveaux moyens de locomotion qu'on se croirait dans le film Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machine où chaque pilote tente de gagner la course dans des avions de plus en plus improbables. C'est à qui trouvera le truc le plus original pour se déplacer ! Les trottoirs ressemblent désormais à des autoroutes où se croisent skates, hoverboards, trottinettes pour enfants, pour adultes, rollers, bicyclettes... Sans aucune règlementation. Qui est finalement prioritaire sur un trottoir ?
Et si on ne marche plus, on ne porte plus non plus. Pourquoi faire des efforts puisque la société de consommation nous incite à tout laisser glisser ?
En voyant certains se contorsionner pour tirer un minuscule sac dont les roues font un sacré tintamarre, je me dis qu'ils ne peineraient pas plus à porter un sac à dos. A quand le porte-feuilles à roulettes pour transporter toutes nos cartes de crédit ou de fidélité ? Dire
que jadis, ma grand-mère refusait de prendre son caddie à roulettes
parce qu'elle ne voulait pas reconnaître son âge !
Soyons raisonnables et laissons ces sacs roulants aux personnes qui en ont vraiment besoin et voyageons léger. Est-il vraiment indispensable de trimballer autant de choses ? A chaque rentrée scolaire, on entend parler du poids du cartable mais je n'ai pas l'impression de voir des écoliers moins chargés.
Et si vraiment nous ne pouvons pas porter notre sac de voyage ou de course, choisissons des roulettes "silencieuses", en caoutchouc plutôt qu'en plastique dur. Les fabriquants pourraient faire un effort pour limiter le bruit, cette autre pollution urbaine.









