"Voilà une idée pour plus de modération et moins d'emballage : ce serait bien d'accrocher des chaussettes au sapin ou à la cheminée et les remplir de cadeaux de Noël. En veillant à ce qu'elles ne débordent pas trop. Éventuellement y mettre la paire, ou même des bottes, pour gâter un peu plus, petits et grands".
Et pourquoi pas ?
Finis les nombreux paquets au pied du sapin, les immenses boîtes en carton, les papiers multicolores qui finissent souillés dans la poubelle avec les coquilles d'huître, la fête finie.
Une chaussette pour y mettre des petites attentions du cœur, des douceurs réconfortantes, des choses pas trop inutiles si possible... Et surtout pas une avalanche de jouets en plastique, non recyclables qui submergent les enfants-rois de nos sociétés de consommation et finissent en fumée polluante dans les usines d'incinération de nos ordures ménagères.
J'ai été bien choyée autrefois où ma mère compensait son manque de poupées et de jouets pendant la guerre et l'après-guerre. J'ai reproduit le schéma avec ma fille ; restée moi-même une grande enfant, je ne résistais pas longtemps devant un beau doudou ou de nouveaux Playmobil. C'était excessif mais tellement facile de succomber... et pas seulement à Noël !
Après le déballage des paquets les soirs de réveillon, adolescente, je regardais d'un mauvais œil ma grand-mère qui récupérait le papier cadeau qui pouvait encore servir, pensant qu'elle était bien radine. Elle avait tout simplement raison, dotée du bon sens paysan d'une enfant qui avait connu la rudesse des temps anciens. Avec l'âge, elle aussi pourtant, a eu du mal à résister à l'achat de toutes sortes de gadgets bon marché. Elle recevait des catalogues de vente par correspondance qui à chaque page, sifflaient comme le serpent de la Tentation.
Maintenant avec internet, c'est cent fois pire ! Il est tellement facile de rendre des choses ordinaires soudain indispensables en nous assaillant de promos, par SMS, mails... Je pense souvent au Dalai Lama qui, parait-il, lors de ses déplacements, aime déambuler dans les supermarchés pour en ressortir panier vide, sourire aux lèvres, en se félicitant : "Je suis heureux de voir tout ce dont je n'ai pas besoin".
En attendant d'en arriver à un tel degré de tempérance, on peut lire ou visionner la Petite maison dans la Prairie où, les Noëls de disette, les petites filles sautent de joie en découvrant un cadeau utile fabriqué par leurs parents. Quel émerveillement devant le sucre d'orge et le petit sou au fond du bas tricoté, que les fillettes rêvent de dépenser en bonbons, crayons à papier ou simplement de conserver pieusement !
La magie de Noël se trouve peut-être encore dans une grosse chaussette en laine métamorphosée en sac à surprises. Une fois les cadeaux repêchés, n'est-elle pas plus douce, plus chaude d'avoir contenu les présents plein d'attention de nos proches ?
Je suis prête à tenter l'expérience l'année prochaine.
Et pourquoi pas ?
La tradition des chaussettes de Noël est liée à l’histoire de Saint-Nicolas. Un jour, trois jeunes filles, qui étaient sœurs, laissèrent sécher leurs chaussettes mouillées près de la cheminée. Touché par leur histoire et leur grande pauvreté, Saint-Nicolas décida de déverser trois sacs d’or dans leur cheminée : les pièces tombèrent dans les chaussettes mises à sécher.
Si l’on trouve cette tradition encore bien présente dans certains pays d’Europe d’où elle est d’ailleurs issue, c’est sans conteste en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis que cette tradition des chaussettes de Noël est la plus présente. En Grande-Bretagne, elle s’appelle le « Christmas stocking ». Symbole de richesse et de prospérité, personne de manque de suspendre sa chaussette de Noël au pied de son lit !





















