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vendredi 29 mars 2024

57

Pour les 57 ans que tu n'auras pas, Hélène...


Samedi 30 mars 2024, veille de Pâques.

Que tes morts revivent ! Que mes cadavres se relèvent !
Réveillez-vous et tressaillez de joie, habitants de la poussière !
Car ta rosée est une rosée vivifiante,
Et la terre redonnera le jour aux ombres.
(Ésaïe 26:19)

« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »
(Jean 11.25-26)



2022, 2023, 2024, trois anniversaires...


Spip. Un beau cadeau, non ?


vendredi 3 mars 2023

Je lui dis « Merci »

La plus belle, c'est ma mère

Son pays, c'est la vie
C'est petit mais joli
Peut-être a-t-elle vieilli
Mais elle ne m'a rien dit
Ça fait tellement longtemps
Pour moi, qu'elle a 30 ans
Le temps passe et pourtant

Malgré ses cheveux blancs
Son ventre un peu plus large
Et les ongles du temps
Qui griffent son visage
Et ses mains toutes dures

La plus belle sur la terre
La plus belle, je le jure
La plus belle, c'est ma mère


Elle me connaît par cœur
Mais elle m'aime quand même
Elle m'a soignée des heures
Et des nuits par centaines
Elle a fait tant d'efforts
Qu'elle s'inquiète encore
Quand il fait froid dehors

Elle donne, elle pardonne
Elle ne juge jamais
Non plus; rien ne l'étonne
Elle a tellement pleuré
Mais malgré ses blessures

La plus belle sur la terre
La plus belle, je le jure
La plus belle, c'est ma mère


Et quand le jour se lève
Elle repart au galop
Dans son petit manteau beige
Elle a l'air d'un moineau
Mais quand elle me regarde
Elle a les yeux qui brillent
La plus belle, c'est sa fille

Aujourd'hui chaque fois
Que j'ai mal à la vie
C'est fou, je la revois
Comme quand on était petits
Depuis longtemps, c'est sûr

La plus belle sur la terre
La plus belle, je le jure
La plus belle, c'est ma mère


Moi, j'ai jamais su faire
Pour savoir à la fois
Rester femme, être mère
Essayer d'être moi
Depuis que j'ai grandi
Je cherche la sortie
Et je n'ai rien compris

Mais quand je la regarde
Avec tout son courage
Et ses mains toujours froides
Et son petit visage
Aujourd'hui, j'en suis sûre

La plus belle sur la terre
La plus belle, je le jure
La plus belle, c'est ma mère


Et quand je vais la voir
Elle est comme une poupée
Sauf que dans mon regard
Elle n'a jamais changé
Mais s'il n'est pas trop tard
Aujourd'hui je lui dis
Tout simplement "merci"

J'aimerais tant savoir
Revenir en arrière
Et surtout la revoir
Dans les yeux de mon père
Alors, quand c'est trop dur

La plus belle sur la terre
La plus belle, je le jure
La plus belle, c'est ma mère

Agnès Bihl, 2013

 

 

 

Maman(s)

Nous sommes nés par le désir d'une mère
Abusive, absente, lointaine ou étouffante...
Cela n'enlève rien à l'évidence :
Nous sommes nés de l'amour d'une maman.


À l'instant du premier regard
Immense comme un abandon
Il a fallu ce don de soi
Pour nous propulser dans le monde.
Nous sommes encore un peu sonnés
Nostalgiques du premier nid
Même quand on sait se camoufler
Dans nos discours, dans nos machismes.

Nous sommes nés par le désir d'une mère
Elle demeure socle de nos origines
Ce tout premier bain de jouvence
Cueillant sur son sein le calice.


Et depuis nous battons la terre
En quête de ce même trésor
Solitaires marins sans mer
Boire à l'innocence encore !
Malgré ses failles et ses faiblesses
La vie se prononce par son nom
Pour l'enfant en mal de caresse
Elle est la clarté de l'aurore
Elle est la clarté de l'aurore.

Nous sommes nés par le désir d'une mère
Mais nous savons qu'elle partira un jour
Dans l'immensité du grand large
Laissant derrière elle ce vide incurable.


Je n'aurai pas de roses blanches
À lui offrir la larme à l'œil
Elle restera dans son absence
Immortelle racine de tilleul
Elle deviendra la coloquinte
Mon églantine ou ma colombe
Rosée fraîche de ritournelle
La secrète roue du silence
Et puis dans la terre féconde
Qui la bercera comme sa mère
Je planterai son effigie
Cette image qui m'ouvre le ciel
Cette image qui m'ouvre le ciel.

Nous sommes nés par le désir d'une mère
Abusive, absente, lointaine ou étouffante...
Cela n'enlève rien à l'évidence :
Nous sommes nés de l'amour d'une maman !

Morice Benin, 2001

dimanche 30 mai 2021

La brioche du dimanche de Pentecôte

Ma 15e cure s'est déroulée en partie sur le long week-end de la Pentecôte. Pas de visite autorisée mais une belle surprise quand même : alors que la veille elle avait eu une garde de 24h dans une service d'urgences de l'Oise, ma douce Madeleine est venue me déposer une brioche pour mon petit déjeuner du dimanche. Comme je l'admire et la plains d'avoir à supporter un tel rythme de travail dans un système hospitalier saturé, parmi des gens souvent agressifs avec les médecins qui tentent de les soigner ! Même si elle a pu choisir un service d'urgences qui respecte les internes sans les pousser au burn-out, elle démarre un stage de 6 mois qui ne sera pas facile. Alors sa visite express m'a beaucoup touchée. Une attention filiale plus précieuse que l'or.

Autrefois, le dimanche, on avait droit à un croissant, un pain au chocolat ou une brioche parisienne pas trop mauvais. C'était le petit plaisir des hospitalisés à l'heure du café matinal. Économie oblige, ils ont été remplacés par des tranches de brioche industrielles qui restent sur l'estomac. Les plateaux repas sont de moins en moins variés, et plus restreints qu'avant. Moins bons, cela va sans dire...

Alors grâce à Madeleine, j'ai commencé mon dimanche sous de bons augures en croquant dans le moelleux d'une brioche aux pépites de chocolat blanc.

Ce dimanche de la fête des Mères, elle est à nouveau à son poste mais hier, nous avons célébré mon retour à la maison. Belle après-midi insouciante et gourmande au jardin.

Avec aussi une petite brioche pour mon petit déjeuner du dimanche de la fête des Mères ! 

Je suis vraiment une maman comblée et remercie la vie de nous avoir offert cette fille-là. Je ferai toujours tout mon possible pour la protéger sans l'étouffer, en lui faisant confiance et en acceptant ses choix si ce sont ceux de son bonheur.

 


jeudi 17 septembre 2020

Le banc de l'amitié

D'habitude il est peuplé d'oiseaux ou fréquenté par des écureuils venant y boire après avoir glané quelques graines déposées à leur intention.


 

Mais chaque fin d'été, un drôle de phénomène se produit, une sorte d'apparition. Des visiteuses de mon passé alsacien viennent s'y assoir à mes côtés pour un furtif moment de communion, riche en émotions.

En 2019, c'était Michèle qui faisait une petite halte chez moi, sur la route des cathédrales avec son compagnon Patrice. Souriante, lumineuse, portée par une impressionnante connaissance de la nature et de ses secrets qu'elle distille d'une voix apaisante de conteuse passionnée.

En 2020, c'est Brigitte qui a fait spécialement le voyage pour venir me voir, bouleversée après la lecture de cet article qui, je ne m'en étais pas rendue compte en le publiant, avait de quoi remuer...

 Je me souviens que Michèle, après l'avoir lu, m'avait envoyé une gentille carte pour me dire de tenir bon. Beaucoup avaient pleuré comme Brigitte. Ayant partagé son chagrin avec Francis son époux, il lui avait proposé de faire le voyage pour me rendre visite et nous nous étions fixé rendez-vous, bien avant la pandémie. 

Plus forte que le Covid (qui l'a touchée après un voyage au Japon), Brigitte est venue. 20 ans que nous ne nous étions retrouvées et c'est comme si nous nous étions quittées la veille. Gracieuse, pétillante, douce : Brigitte était toujours la même !

Avec Michèle, la séparation avait été un tout petit peu moins longue car nous nous étions revues lors de réunions. Nous avions travaillé ensemble avant mon départ pour la Picardie alors que je la formais à l'administration de données. Elle avait été la complice de ma dernière année à l'Inventaire Alsace quand Brigitte avait été celle de mes apprentissages dans ce magnifique Palais du Rhin.

 Dans ma vie, Brigitte est une sorte de bonne fée, un peu comme la marraine jouée par Delphine Seyrig dans le Peau d'âne de Jacques Demy. Je lui dois d'être rentrée dans le service de l'Inventaire et d'y avoir trouvé ma place. Je lui dois l'amour d'un métier pas comme les autres, stimulée par sa passion, son énergie à toute épreuve. Je lui dois certains choix personnels, pas toujours faciles, guidée par son oreille attentive.

Comme j'ai été heureuse de constater que l'âge, la maladie n'ont aucune importance ! Ce qui compte c'est la beauté des visages qui reflète celle des âmes, la générosité du coeur, l'amitié sincère.

Alors je rêve à d'autres retrouvailles sur mon banc sacré et j'y imagine déjà certains amis lointains qui me manquent...

Un grand merci à mes amies Michèle et Brigitte pour leur visite si précieuse dont je conserve le souvenir comme un trésor.

vendredi 2 août 2019

Le Touquet, 22-23 juillet 2019

 

Cela est devenu une tradition : chaque fin d'année universitaire, nous essayons Madeleine et moi, de partir une journée à la mer et de dormir sur place. Après le Bois de Cise l'an passé, retour au Touquet comme en 2017, à l'époque où je pensais entamer une rémission longue comme ces plages sans fin.

Changement de paradigme cette fois-ci. Me voici en villégiature tout en étant sous traitement et pas au mieux de ma forme. L'impression qu'en deux ans, j'ai pris un coup de vieux, cheveux blanchis, silhouette cortisonée mais c'est peu cher payé pour rester en vie. Je le sais, je l'accepte (plus ou moins, selon les jours). Et je préfère regarder le monde que je photographie que de contempler mes portraits peu flatteurs en maillot de bains.

Quelques désagréments digestifs que je mets sur le compte de la chimio ou de la chaleur (en fait je couve une gastro !), des crampes toute la nuit à force d'avoir nagé dans la piscine d'eau de mer ou marché sur la plage pieds nus n'entament cependant pas ma joie d'être ici.

L'hôtel vient d'être rénové et la thalasso est encore en travaux. Nous ne voulions pas en profiter de toute manière pour pouvoir être libre de nous occuper en toute liberté sans avoir à respecter les horaires de ces soins à la chaîne. Tout le contraire de la détente pour moi !

Comme la musique un peu trop soutenue au niveau du bar intérieur et du coin petit déjeuner. Désormais, dans presque tous les restaurants, il faut subir un matraquage musical saturé de basses à un volume trop fort, bombardé par des téléviseurs aux écrans géants. Je m'attendais à une ambiance plus cosy dans un hôtel qui se veut luxueux, l'Ibis le plus cher de France. Heureusement qu'on peut s'installer sur la terrasse à l'extérieur et que les autres clients sont des gens posés avec des enfants calmes. Nous formons un groupe très harmonieux.


Nous sommes déçues par la baisse de qualité de la restauration. Le même constat que l'an passé au Bois de Cise. Pas de menu du jour ou de saison. Uniquement une petite carte de quelques plats où toutes les spécialités du Nord sont bétonnées au Maroilles, Vieux Lille, Speculoos ou pain d'épices. Une avalanche de moules et huîtres qui me sont hélas interdites. Aucun fruit frais au petit déjeuner... Aucune saveur un peu estivale. Dommage ! Il y a deux ans, nous nous étions régalées dans ce même restaurant de plats savoureux, véritable festival de légumes ou de fruits rouges. Une grande déception pour nous qui recherchions cette cuisine simple et raffinée dont nos papilles se souviennent encore.

Finalement, après cette petite parenthèse, nous étions bien contentes de rentrer déguster une pastèque bien fraîche et juteuse dans le jardin de Saleux. Riches de ces moments de complicité entre mère et fille et qui font oublier que le reste est tout de même bien secondaire. 

Notre véritable force, c'est cet amour qui nous unit.


lundi 3 septembre 2018

Une semaine dans le Tardenois


Pays natal de Paul et Camille Claudel dans le département de l'Aisne, le Tardenois nous a offert une pause bien méritée autour du 15 août. Le temps passe trop vite et le parc Delpech commence déjà à préparer ses habits d'automne.


Mais peu importe ! Nourrie de mes plus beaux souvenirs de vacances, je me sens prête à affronter les jours qui raccourcissent.

Nous avons eu la chance de trouver un gîte spacieux et calme. Nous nous sommes bien reposés dans son parc arboré, lui aussi bien spacieux. Un joli domaine rien que pour nous deux.

 
 
Entre deux lectures, nous allions admirer le ballet des carpes dans l'étang. 


J'ai été heureuse de trouver dans une des chambres un roman de Janine Boissard que je n'avais pas lu. J'ai toujours aimé la plume de cette auteure et les thèmes qu'elle aborde, l'amour, la famille, les joies du quotidien, le bonheur malgré les épreuves... Des histoires qui font du bien, tout simplement.


Sur le plateau de Californie, lieu emblématique des batailles du Chemin des Dames, la nature a fossilisé tranchées et trous d'obus, comme une mère couvre doucement son enfant malade pour l'aider à guérir.
Nous avons marché sur des sentiers ombragés, recueillis comme dans une cathédrale, désolés de constater que beaucoup de promeneurs semblaient peu soucieux du caractère tragique de ce lieu, sauf un papi qui nous a demandé où il y avait des tranchées pour les montrer à son petit fils. Tout n'est pas perdu... 



Sur la galerie Renaissance du château de Fère-en-Tardenois, nous avons essayé de déchiffrer des graffitis de soldats américains datant de la première guerre mondiale. Presque aussi énigmatiques que des hiéroglyphes. 

 
 


Nous avions également rendez-vous avec des anges et Marie Madeleine (sainte patronne de notre fille, il n'y a pas de hasard)  dans deux magnifiques églises Art Déco de la Reconstruction qui malheureusement, se dégradent. Le béton armé, sous ses airs de gros dur, est en réalité un matériau fragile.
 
Eglise Sainte Marie-Madeleine, Mont-Notre-Dame 


Eglise reconstruite de 1929 à 1933 par les architectes Georges Grange et Louis Bourquin sur l'emplacement de l'ancienne collégiale médiévale, dynamitée par les Allemands en août 1918.

 
Douceur paisible et gracieuse d'un ange en prière. 

Sainte Marie Madeleine et sainte Marthe sur des socles qui m'évoquent des obus.

Eglise Saint-Martin, Martigny-Courpierre


Eglise reconstruite de 1929 à 1932 par l'architecte Albert Paul Müller. 

 
Huit anges, à la manière de cariatides, supportent la couronne des martyres.

Seule l'église de Martigny-Courpierre était ouverte nous laissant admirer sa décoration intérieure conçue par des artistes appartenant presque tous au groupe des Artisans de l'Autel, représentatif du renouveau de l'art sacré dans les années 1920.

J'ai particulièrement aimé les réalisations du céramiste Maurice Dhomme, notamment le maître-autel et son retable sur le thème des anges faisant triompher la paix en chassant le démon. Il a également décoré grand nombre d'églises reconstruites dans la Somme.

        

Enfin, que d'émotions dans le petit hameau de Dôle où se trouvait notre gîte, lorsque j'ai découvert le passage secret qui permettait de se promener dans le bois Saint-Thibaut. Je le croyais impénétrable, tel un royaume mystérieux de gnomes et de bêtes sauvages.

Pas très rassurés, nous avons joué aux explorateurs et dans une végétation envahissante, nous avons retrouvé un réseau de tranchées... Nous ne pensions pas qu'il y en avait à l'écart du Chemin des Dames.

Et maintenant, en route vers d'autres horizons...

 

dimanche 29 juillet 2018

Deux jours au Bois de Cise


Photographier la mer, éternelle et changeante, et essayer d'en saisir les évanescentes métamorphoses, à l'instar des peintres impressionnistes.




 

Sentir la fraîcheur du bois à deux pas de l'écrasante chaleur de la plage. Reconnaître l'odeur des chênes verts, si particulière. Deviner les maisons de villégiature se cachant au milieu des arbres depuis les sentiers ou les escaliers abruptes.

 
Rêver à un temps qui n'existe plus dans ces belles villas endormies, au charme proustien. Percevoir les murmures imaginaires d'un piano désaccordé accompagné du froissement des longues robes d'autrefois.



Et rire surtout ! 

Car même si le chemin du Paradis est indiqué d'une si belle manière, je compte bien rester encore longtemps sur terre pour profiter de la vie comme je l'ai fait durant ce court séjour avec Madeleine, au Bois de Cise.

Beau moment de complicité entre mère et fille que nous gardons toutes les deux comme un trésor, en attendant le prochain.

Situé entre Mers-les-Bains et Ault, le Bois de Cise, parcelle de la forêt primitive gauloise est l'un des derniers bois naturels de hêtres et de chênes des côtes de la Manche dont la taille n'a cessé de s'amenuiser depuis les défrichages des moines bénédictins au cours du Moyen Age jusqu'à nos jours. On retrouve encore non loin de celui-ci les bois de Rompval (commune de Mers-les-Bains) et celui de Lamotte (commune de Saint-Quentin-la-Motte-Croix-Au-Bailly).
En 1853, Saint Hilaire-Dufour, président de la Chambre de commerce de Dieppe, en devient le propriétaire et en fait un rendez-vous de chasse. En 1883, il le cède à M. Chardin.
Vers 1896, Jean-Baptiste Theulot rachète le Bois-de-Cise à M. Chardin avec pour projet d'y construire une station balnéaire qui représentera près de 500 000 m2 de terrain divisé en 400 lots en misant sur l'avènement du tourisme. En effet, celui-ci veut profiter de l'engouement des bains de mers sur la côte, avec la création de la ligne ferroviaire en 1872 qui va permettre à une clientèle bourgeoise et fortunée de venir investir sur la côte et de bénéficier des vertus thérapeutiques de l'eau et de l'air iodé. La station balnéaire est lancée en 1898 après des travaux colossaux pour permettre l'aménagement du bois et la construction de somptueuses bâtisses. L'extraction de 50 000 mètres cubes de craie donne sa forme actuelle au front de mer.
Comme toutes les stations de la côte picarde, le Bois de Cise connaît un véritable âge d'or qui sera malheureusement bouleversé par la 2e guerre mondiale. Un rapport d'après-guerre relate que sur les 90 villas du bois, 13 ont été complètement rasées et certaines en partie endommagées, comme la villa Lumen *.
Les années 20, les congés payés de 1936 et les années 60 vont lui donner un nouveau souffle et un nouveau visage.
Aujourd'hui, c'est un lieu de villégiature et de promenade hors du temps où des résidents permanents et secondaires s’attachent à préserver le caractère authentique et calme de ce site exceptionnel.

Extrait de la brochure de l'hôtel le Cise - Relais du Silence
 

* Cette Villa Lumen (où nous avons séjourné), à l'origine de style oriental, dont il ne restait plus que le rez-de-chaussée, a été fortement remaniée après guerre et restaurée récemment pour accueillir quatre chambres du Relais du Silence. Construite entre 1902 et 1905 pour Léon Bouchacourt (1865-1949), pionnier de la radiologie et de la radiothérapie, elle porte le nom de l'unité de mesure du flux lumineux évoquant l'activité de ce médecin.

dimanche 3 juin 2018

La vie de château... ou presque

 
Du 12 au 23 avril 2018, en plein préparatifs du déménagement, pause de quelques jours au château de Courcelles-sous-Moyencourt

Une destination de rêve à une vingtaine de kilomètres d'Amiens, trouvée un peu par hasard par Jean-Michel qui avait une recherche à faire dans les archives concernant Maxime de Gomer, propriétaire du château au 19e siècle et créateur de l'arboretum.

 
  Depuis notre gîte, la maison de l'horloge, nous pouvions à tout moment : 
  • admirer l'élégant château du 18e siècle

  •  ses magnifiques communs, comme l'impressionnant colombier
 
  •  caresser quelques lamas
  • partir explorer le parc de 20 ha
 De la nature, des animaux, du patrimoine, tout ce que j'aime ! 

 J'ai même eu la chance de voir s'enfuir une biche dans un paysage qui ressemblait à celui-ci. Un instant qui n'a pas besoin de photographie pour rester gravé dans ma mémoire...


 

Le temps soudainement estival a fait éclore les premiers rhododendrons dont l'arboretum conserve une très grande collection. Le seul en fleurs à notre arrivée était celui-ci.

 
 Puis d'autres ont commencé à s'ouvrir chaque jour un peu plus.

 

Une impression étrange est créée par le regroupement d'arbres immenses ou peu communs dans la région : séquoias, cèdres, cyprès, ifs, araucarias.

 

Mais plus on s'éloigne, plus le parc ressemble à un bois ordinaire.


  

Les espèces rares et précieuses de l'arboretum sont plutôt situées vers le château et jusqu'à la grotte artificielle, il me semble. 

 

Ce lieu extraordinaire a encore bien des secrets pour moi qui aimerais tant savoir nommer les plantes, les arbres que je rencontre. Durant notre séjour, un spécialiste était en train d'inventorier les espèces plantées là par un passionné comme savait en faire naître le 19e siècle. Une très belle initiative de sauvegarde et connaissance de ce patrimoine naturel fragile.