Ce premier été, nous continuons d'observer les fleurs qui se succèdent au jardin et faisons des expériences potagères, pas toujours heureuses en raison de la sécheresse qui a succédé à une période pluvieuse. Nous ferons mieux l'année prochaine, en choisissant nos graines et plantations de manière plus réfléchie. Certaines cultures, trop gourmandes en eau et en temps, peuvent vite devenir contraignantes et peu rentables. Sans compter l'arrachage des adventices qui résistent à tout et n'ont pas besoin d'arrosage pour envahir le moindre espace. Un labeur sans fin...
Les radis, après un bon départ, ont fini par ne plus rien donner. Les laitues sont tout de suite montées vers le ciel, comme des tours de Babel, au lieu de se développer (sans doute parce que nous les avons semées à la lune montante !). Les fraisiers ont été arrachés car leur maigre récolte ne nourrissait que les merles. Je garde encore espoir pour la production de nos tomates.
Devant la maison, sur une petite bordure le long de la terrasse, plutôt que de prolonger le gazon (qui est surtout de la mousse à cet endroit-là) nous avons semé un mélange de fleurs pour gazon japonais.
C'est très agréable à observer, bourdonne et papillonne de vie.
Toujours devant la maison, capucines et
bourraches ne sont guère pressées pour habiller
un parterre arrondi très ensoleillé. Des chrysanthèmes blancs, semés en même temps, ont du mal à sortir de terre. Il faudra trouver un meilleur couvre sol,
si possible peu sensible à la chaleur.
A l'arrière, pour meubler le terrain à côté du potager tout en améliorant la qualité du sol, c'est un mélange d'engrais vert que nous avons choisi.
L'assortiment semé comprend : vesce de printemps, sainfoin, sarrasin, souci officinal, trèfle d'Alexandrie, mélilot officinal, trèfle incarnat, luzerne, trèfle perse, phacélie, coriandre, nielle, carvi, aneth, mauve.
Pour l'instant, ce sont surtout les phacélies mauves qui donnent le ton et que j'adore, suivis de près par les grands sarrasins.
Les trèfles commencent à faire leur apparition timide.
Les écureuils sont depuis peu de retour dans le jardin. Durant leur absence, des geais des chêne nous ont fait l'honneur de leur visite. Quatre en même temps ! Madeleine a même découvert une jolie plume rayée noire et bleue après leur passage...
Et comme notre jardinier nous fait souvent faux bond, j'ai aussi fait l'expérience de la cisaille pour structurer les arbustes de la descente du garage. Buis et jasmin notamment. J'adore tailler mais je déteste ramasser branches et feuillages. L'élimination des déchets verts demande toute une organisation.
Pour la pelouse (un bien grand mot pour ce qui ressemble plus à un pré...), j'ai décidé de ne plus ramasser l'herbe tondue et de la laisser sur le terrain. Car j'ai aussi appris à me servir d'une tondeuse à gazon, une électrique sur batterie, qui est bien pratique. J'essaie d'espacer le plus possible les tontes car il est aussi agréable de ne rien faire dans son jardin ! Surtout quand il fait chaud.
Pour l'heure, j'ai bien envie de m'y installer paresseusement et d'y lire un ouvrage qui me tente : Petit traité du jardin punk d'Eric Lenoir. Histoire de me décomplexer par rapport à mes voisins d'une autre génération qui désherbent leur jardin quotidiennement ou soignent leur potager avec la précision d'un horloger. J'admire leur travail, leurs connaissances mais je me sens mieux dans mon jardin sauvageon qui dialogue avec le bois privé laissé à l'abandon derrière chez nous. La nature s'exprime souvent de manière inattendue ou surprenante et même si elle sape nos efforts de jardiniers débutants, elle m'émerveille plus que tout.
mardi 16 juillet 2019
jeudi 4 juillet 2019
Beautés extrêmes
Depuis notre arrivée, avec la collaboration de mon ami Y. et grâce aux visites de mes voisins, j'essaie de dresser l'inventaire de nos plantes et arbustes. Presque chaque jour, je découvre une nouvelle fleur et ma liste s'allonge. Ce jardin n'en finit pas de nous surprendre. Et j'ai bien du mal à trier toutes mes photos.
En attendant de publier cet article encyclopédique (sans doute à l'automne), petit focus sur la pièce maîtresse du jardin qui a émerveillé nos yeux par la porte-fenêtre du salon, en mai et juin.
Nos pivoines arbustives.
Ensuite un rose plus soutenu et très fourni.
Et pour finir, un joli oranger.
Beauté éphémère qui n'a pas résisté à certaines pluies d'orage. Quelques branches cassées ont parfumé l'intérieur de la maison d'une senteur plus discrète que la rose et légèrement poivrée.
En dessous de ces grandes fleurs fragiles, j'ai découvert de magnifiques ancolies qui malgré leur apparence gracile, ont bien mieux résisté au vent et à la pluie. Ce sont des fleurs que je trouve magnifiques, aux teintes variées si subtiles et avec un côté sauvage que j'aime beaucoup. Discrètes et cependant remarquables.
Et quelle belle idée des jardiniers précédents de les avoir planté là, formant un très beau contraste de taille et de couleur avec les pivoines.
Une belle démonstration des grands écarts de la nature et une grande leçon de sagesse : la force n'est pas toujours là où on pense la trouver et les opulentes pivoines, trop lourdes, ont vite dépéris sous les aléas climatiques. Mieux vaut parfois être une modeste ancolie !
mardi 4 juin 2019
La maison qui nous a choisi
Etrange chose que les signes envoyés par le ciel ! En pleut-il réellement de là-haut comme des astéroïdes, croisant le fil des destinées humaines ? N'existent-ils que parce qu'il y a des âmes pour les lire et des êtres réceptifs à leur manifestation ?
Sylvain Tesson. Vérification de la porte opposée.
Alors que décontenancés par la visite d'un pavillon dans une campagne sinistre nous avions suspendu nos recherches immobilières, c'est une collègue de Jean-Michel qui nous signalé une maison à vendre à Saleux. Idéalement située à 2 km du CHU, dans un lotissement du début des années 70 (et presque de mon âge), elle semblait correspondre à notre recherche d'un endroit calme, sans voisins mitoyens, baigné de nature. Mais pas trop isolé non plus.
La rue portait le nom d'un chanteur lyrique, né à Saleux, Numa Auguez. Il est enterré dans le cimetière communal, ainsi que sa femme, la soprano Berthe de Montalant et leurs trois enfants, Numa, Hélène et Pauline.
J'y ai vu un signe positif car cela m'a fait penser à mon père qui avait nommé les salles de l'école de musique qu'il dirigeait à Haguenau, du nom de musiciens régionaux. J'y ai entendu aussi comme une petite mélodie qui me guidait vers ce lieu. D'autant plus que la personne qui nous a signalé ce pavillon à vendre, se prénomme Elise (un prénom qui m'évoque aussitôt la fameuse lettre à Elise de Beethoven, si souvent massacrée par moi au piano...).
J'avais vécu toute mon enfance dans une maison de la même époque, au bout d'une impasse calme et la vie m'offrait à nouveau une géographie chère à mon coeur.
La maison avait été construite pour une famille qui avait trois enfants (deux filles, un garçon, comme nous). Leur père étant décédé, les enfants vendaient la maison de leurs parents... Je pensais au jour où cette décision serait aussi la nôtre.
Lors de ma première visite, bien que l'ambiance soit très différente de la maison de mon enfance, j'ai retrouvé l'émotion de rentrer par le garage, comme nous le faisons le plus souvent chez mes parents. Dans le salon avec ses grandes portes fenêtres donnant sur le jardin, j'avais l'impression d'être dans une autre maison des années 70 où nous avions des souvenirs heureux, du côté de Bar-le-Duc. Et en regardant le village et le clocher de l'église en face, je croyais être chez ma grand-mère, dans son ancienne ferme modernisée dans un village du Val-de-Villé.
Etrange comme un lieu nouveau, inconnu, accueille soudain des émotions enfouies, souterraines et nous assure que c'est bien ici que nous aimerions vivre. Depuis notre installation, sur ces strates très subjectives, nous consolidons tous les jours notre propre histoire.
La maison à Saleux est devenue notre terre.
vendredi 3 mai 2019
Se battre ?
Elle vient de fêter ses 70 ans et remonte sur scène après avoir soigné une tumeur cancéreuse sur les amygdales. Terrible pour une chanteuse comme Véronique Sanson d'avoir cru ne plus pouvoir chanter. Et elle interprète ses compositions si sensibles avec toujours la même vibrante émotion dans la voix. C'est miraculeux, fort, touchant... Je n'ai pas de mots pour dire mon bonheur de la savoir toujours vivante.
Lors d'une émission sur France 2 à l'occasion de son anniversaire, elle explique comment elle a surmonté cette épreuve et j'ai essayé de retranscrire ses paroles que je trouve très justes :
Le mot "se battre" n'est pas approprié parce qu'on ne se bat pas contre ces choses là, on encaisse. On encaisse ! Il n'y a aucun courage là-dedans, ni force, ni rien, on subit et tout ce qu'il faut faire, c'est faire exactement tout ce qu'on vous dit de faire. Et le truc qu'il ne faut pas faire par contre, c'est s'apitoyer sur soi-même en disant : "Pauvre de moi, pauvre de moi et je n'y arriverai jamais et tout ça...".C'est tout mais c'est essentiel... J'ai été impressionnée en l'entendant car c'est tout à fait comme ça que je ressens les choses. Est-ce vraiment avoir du courage que de supporter les traitements, certains examens douloureux, des opérations, sachant qu'on n'a pas le choix ?
On verra ! Il faut se dire : "Eh ! laisse couler, roule Raoul, laisse couler, on verra bien et si ça va, ça va et si ça va pas, bye bye."
C'est tout !
Comme elle, je n'emprunte pas des mots guerriers pour parler de mon rapport à la maladie. Se battre, mener bataille, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je n'aime pas les affrontements.
Cette maladie m'a choisi. Pas de chance ! Mais si j'en fait une ennemie, est-ce que cela m'aide vraiment à faire baisser le fameux pic monoclonal qui me tient lieu de baromètre ?
Encaisser les rechutes avec courage, accepter les parcours thérapeutiques invalidants, faire chaque jour de son mieux, il n'y a rien d'autre à faire.
Dans Trois amis en quête de sagesse, Alexandre Jollien relate l'histoire d'une nonne atteinte d'un cancer incurable à 40 ans. Durant des mois, elle se levait pour partir à la guerre et combattre l'ennemi jusqu'au jour où, grâce à la méditation, elle a commencé à envisager le cancer comme un ami, un messager, un libérateur.
Je n'en suis pas encore là, cependant !
jeudi 25 avril 2019
Pissenlit, cigüe et grelinette
Que les muguets préparent leurs clochettes pour sonner le 1er mai,
Et que les arbres bourgeonnent, tout en délicatesse...
| Fleurs et feuilles d'érable (à confirmer) |
| Première pivoine, magnifique ! |
| Fleur de pommier |
Nous nous attelons à notre grelinette pour nettoyer les nombreux parterres et surtout, défricher l'ancien potager, abandonné depuis des années.
Situé à l'arrière de la maison, à l'orée du bois, il est envahi d'adventices en tout genre, pissenlits aux racines coriaces, ciguë à l'odeur écœurante, trèfles, mousses...
Quel labeur ! Nous n'en sommes qu'à la moitié. Et sitôt nue, la terre se recouvre à nouveau d'adventices. Il va vite falloir couvrir le terrain que nous ne voulons pas cultiver par une prairie.
| Potager de 2m2 délimité avec des branches de récupération |
| Bel exemple de ciguë, avec ses branches rouges en étoile et ses feuilles proches du cerfeuil |
Pour nous motiver, nous avons commencé un mini potager en suivant les recommandations du site Tous au potager.
Sur un rectangle de 1m sur 2m, nous avons planté des fraises, du thym, des tomates, des œillets d'Inde et semés des radis, du basilic et des laitues.
Les premières fraises font déjà le régal d'un merle gourmand malgré le filet de protection. Il se faufile en dessous, le malin !
J'admire plus que jamais les agriculteurs bio qui connaissent toutes les astuces pour bien faire pousser fruits et légumes. Ce n'est pas demain que nous allons pouvoir nous nourrir avec la production de notre potager... D'autant plus que le bois commence à faire beaucoup d'ombre et nous risquons de manquer d'ensoleillement.
Voilà, nous avons été bien occupés.
vendredi 15 mars 2019
Welcome
Nous habitons ici depuis le 14 février et malgré la fatigue de notre installation et la lourdeur de mon nouveau protocole de soin (démarré peu après notre emménagement), j'avais envie de partager avec vous quelques images de la belle nature qui nous entoure. C'est la première fois que nous avons un grand jardin et nous sommes très émus d'en être responsables. Encore beaucoup de choses à apprendre avant de profiter d'un potager !
Les premières semaines très ensoleillées nous ont permis de ramasser un imposant manteau automnal de feuilles desséchées et de voir émerger des fleurs printanières. Mais depuis, la tempête nous empêche de continuer nos activités de jardiniers néophytes.
Alors depuis les baies vitrées, je regarde les oiseaux picorer les boules de graisse accrochées aux branches des pivoines arbustives qui seront sans doute magnifiques dans quelques temps.
Des mésanges bleues surtout, coiffées de leur bonnets azur et maquillées de khôl.

Des rouges gorges solitaires et timides. Des pinsons qui sifflotent.
Plus insolites, un canard Colvert, et dans le bois derrière chez nous, un faisan et un lièvre blessé.

Je m'émerveille chaque jour du passage de quelques écureuils, surtout vers 9 heure.
L'un d'eux a transporté dans sa bouche une pomme pas trop meurtrie parmi les nombreuses qui pourrissent dans le jardin. Il l'a dégustée dans le pommier et l'a abandonnée entre deux branches pour finir son festin un autre jour... Puis j'ai retrouvé le fruit par terre, joliment strié par ses petites dents.
A l'intérieur, nous avons encore du travail pour terminer le rafraîchissement de certaines pièces mais le plus urgent est fait... Non sans mal car nous avons perdu beaucoup d'énergie avec une entreprise de chauffage et plomberie. Deux fuites de fuel, l'un après la révision de la chaudière, l'autre après le remplacement de flexibles. Joints pas étanches après des travaux de plomberies... J'ai passé beaucoup de temps à attendre que les plombiers reviennent réparer leurs erreurs alors que suis impatiente de vivre tranquille dans ma maison. Loin des problèmes avec des artisans pas assez scrupuleux ou mal formés qui étaient heureusement sympathiques.
Ce lieu appelle au calme, à la rêverie et je n'aspire qu'à y être heureuse avec ceux que j'aime.
Les premières semaines très ensoleillées nous ont permis de ramasser un imposant manteau automnal de feuilles desséchées et de voir émerger des fleurs printanières. Mais depuis, la tempête nous empêche de continuer nos activités de jardiniers néophytes.
Des mésanges bleues surtout, coiffées de leur bonnets azur et maquillées de khôl.
Des rouges gorges solitaires et timides. Des pinsons qui sifflotent.
Plus insolites, un canard Colvert, et dans le bois derrière chez nous, un faisan et un lièvre blessé.
Je m'émerveille chaque jour du passage de quelques écureuils, surtout vers 9 heure.
L'un d'eux a transporté dans sa bouche une pomme pas trop meurtrie parmi les nombreuses qui pourrissent dans le jardin. Il l'a dégustée dans le pommier et l'a abandonnée entre deux branches pour finir son festin un autre jour... Puis j'ai retrouvé le fruit par terre, joliment strié par ses petites dents.
A l'intérieur, nous avons encore du travail pour terminer le rafraîchissement de certaines pièces mais le plus urgent est fait... Non sans mal car nous avons perdu beaucoup d'énergie avec une entreprise de chauffage et plomberie. Deux fuites de fuel, l'un après la révision de la chaudière, l'autre après le remplacement de flexibles. Joints pas étanches après des travaux de plomberies... J'ai passé beaucoup de temps à attendre que les plombiers reviennent réparer leurs erreurs alors que suis impatiente de vivre tranquille dans ma maison. Loin des problèmes avec des artisans pas assez scrupuleux ou mal formés qui étaient heureusement sympathiques.
Ce lieu appelle au calme, à la rêverie et je n'aspire qu'à y être heureuse avec ceux que j'aime.
vendredi 25 janvier 2019
Nouveau départ
Nous étions venus ici pour nous installer définitivement dans un appartement confortable, libérés des soucis d'être propriétaire. Finalement, malgré quelques beaux moments de bonheur, nous n'avons pas trouvé la paix que nous y recherchions. L'épisode du parc Delpech n'aura été qu'un passage nécessaire, le temps approximatif d'une gestation.
Et je célèbre aujourd'hui la naissance d'une nouvelle étape de notre vie : nous sommes depuis peu propriétaires d'un pavillon (et de son magnifique jardin), un peu plus loin de la ville. Comme des jeunes parents comblés de jadis, nous allons vivre notre installation dans le silence et l'intimité de nos cœurs. Quand notre maison sera enfin notre nid douillet, je vous en parlerai.
Sans toutefois en faire une étude poussée comme celle du Parc Delpech dont l'analyse (proche de celles menées à l'Inventaire du Patrimoine) a donné un sens intellectuel (et supportable) à mon aventure de locataire.
Un petit bémol gâche un peu notre projet de vie : mon double M (le nom de code que je donne en secret au myélome multiple) s'est un peu trop réveillé ces derniers temps et mon traitement a du être augmenté.
Mais consternation lors de mon passage à la pharmacie : le médicament que je prenais à 400 mg n'est pas encore autorisé à plus forte dose pour le myélome et la sécurité sociale a refusé sa délivrance à 600 mg ; les médecins ont trouvé la solution de l'associer à un antibiotique qui accroit son action pour pouvoir me soigner sans augmenter la posologie. Je trouve cela hallucinant et la pilule a du mal à passer.
Plus de fatigue depuis l'augmentation du traitement... et bien sûr, une angoisse accrue, déjà exacerbée par les questionnaires de santé des assurances bancaires qui ont remué beaucoup de mauvais souvenirs. Alors oui, il va falloir lever le pied sur certaines choses, faire attention. Plus que jamais. Et garder confiance. Car la recherche progresse. Encore faut-il que les médicaments aient ensuite les autorisations de mise sur le marché !
Si cet embryon de rechute m'a révolté au début, je sais qu'il n'est ni le premier, ni le dernier et fait hélas partie de mon long parcours de malade du myélome. Il ne doit pas me faire peur, me désespérer. Même s'il tombe plutôt mal. Il est là pour me rappeler l'essentiel : chaque jour est précieux, même le pire vaut la peine d'être vécu, tant qu'il y a de l'amour à recevoir et à donner.
Je survie depuis 2012, il n'y a pas de raisons que cela s'arrête maintenant alors que nous nous autorisons un nouveau départ dans lequel, je mets tous mes espoirs de force, guérison, joie, envie de rester vivante.
Je serai peu présente ici dans les prochains mois et ne répondrai pas à vos messages personnels.
Ce nouveau déménagement-emménagement prend toute mon énergie. Bien plus que je ne l'avais imaginé.
Et je célèbre aujourd'hui la naissance d'une nouvelle étape de notre vie : nous sommes depuis peu propriétaires d'un pavillon (et de son magnifique jardin), un peu plus loin de la ville. Comme des jeunes parents comblés de jadis, nous allons vivre notre installation dans le silence et l'intimité de nos cœurs. Quand notre maison sera enfin notre nid douillet, je vous en parlerai.
Sans toutefois en faire une étude poussée comme celle du Parc Delpech dont l'analyse (proche de celles menées à l'Inventaire du Patrimoine) a donné un sens intellectuel (et supportable) à mon aventure de locataire.
Un petit bémol gâche un peu notre projet de vie : mon double M (le nom de code que je donne en secret au myélome multiple) s'est un peu trop réveillé ces derniers temps et mon traitement a du être augmenté.
Mais consternation lors de mon passage à la pharmacie : le médicament que je prenais à 400 mg n'est pas encore autorisé à plus forte dose pour le myélome et la sécurité sociale a refusé sa délivrance à 600 mg ; les médecins ont trouvé la solution de l'associer à un antibiotique qui accroit son action pour pouvoir me soigner sans augmenter la posologie. Je trouve cela hallucinant et la pilule a du mal à passer.
Plus de fatigue depuis l'augmentation du traitement... et bien sûr, une angoisse accrue, déjà exacerbée par les questionnaires de santé des assurances bancaires qui ont remué beaucoup de mauvais souvenirs. Alors oui, il va falloir lever le pied sur certaines choses, faire attention. Plus que jamais. Et garder confiance. Car la recherche progresse. Encore faut-il que les médicaments aient ensuite les autorisations de mise sur le marché !
Si cet embryon de rechute m'a révolté au début, je sais qu'il n'est ni le premier, ni le dernier et fait hélas partie de mon long parcours de malade du myélome. Il ne doit pas me faire peur, me désespérer. Même s'il tombe plutôt mal. Il est là pour me rappeler l'essentiel : chaque jour est précieux, même le pire vaut la peine d'être vécu, tant qu'il y a de l'amour à recevoir et à donner.
Je survie depuis 2012, il n'y a pas de raisons que cela s'arrête maintenant alors que nous nous autorisons un nouveau départ dans lequel, je mets tous mes espoirs de force, guérison, joie, envie de rester vivante.
Je serai peu présente ici dans les prochains mois et ne répondrai pas à vos messages personnels.
Ce nouveau déménagement-emménagement prend toute mon énergie. Bien plus que je ne l'avais imaginé.
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