samedi 2 novembre 2019

L'album des grands arbres

 
La plupart des grands arbres, se situent dans la partie du jardin qui ressemble à un verger ou à un petit parc, un peu vallonné, avec la maison en contrebas, à la lisière du bois à l'est et d'un lotissement plus récent au sud.
 
 Il y a un petit muret en pierres sèches qui court le long de deux côtés de la maison. Au sud, côté véranda, avec deux marches pour accéder au verger-parc.

A l'est, côté bois et potager, avec un escalier pour monter dans cette partie du jardin. 
Un érable pourpre illumine le fond du jardin de son feuillage cramoisi. Ses feuilles se sont assombries en automne.
 
 Il voisine avec un hêtre dont j'aime beaucoup le tronc et sur lequel viennent parfois se ventouser les écureuils lorsqu'ils jouent à cache cache.


 Complétant le paysage, des bouleaux et un cyprès.

 
A notre arrivée, un second cyprès (bordant l'allée menant à l'entrée de la maison, en haut de l'escalier vers la descente du garage), ressemblait à une banane épluchée par le vent ! Le jardinier lui a fait une coupe au carré et il fait pendant à un forsythia taillé lui aussi, au cordeau.
 


Côté ouest, c'est le majestueux cèdre bleu qui occupe tout l'espace, face aux portes-fenêtres du salon. C'était à la mode dans les années 70, mais pas forcément une bonne idée de planter un tel résineux, trop volumineux en grandissant. Et produisant une abondante quantité de fruits, pénibles à ramasser et qui n'intéressent ni les oiseaux, ni les écureuils.
 Quelle galère cet automne ! Sans compter le pollen jaune safran qui s'en échappe.
 

Deux pommiers, un prunier (qui malade, a été abattu), un pêcher bien tordu mais dont j'adore la sinuosité, constituent notre patrimoine fruitier. Ces arbres qui n'ont pas été taillés depuis longtemps, ne sont pas très productifs. 

Leurs bourgeons ont subi l'attaque du gel au printemps et les arbres ont souffert de la sécheresse cet été. Dommage !
 

Et voilà comment ont fini notre prunier et quelques grandes branches de l'érable et du hêtre qui, selon notre jardinier, fragilisaient les arbres. J'en suis de moins en moins certaine et je lui ai interdit d'en couper d'autres désormais. Ces arbres qui ont un peu plus de 50 ans, comme moi, devraient pouvoir vivre encore quelques années sans qu'on les mutile, non ?


mercredi 23 octobre 2019

Je veux encore...

  • Préparer le thé quand Jean-Michel rentre du travail, et le boire en sa compagnie en regardant le soleil se coucher.
  •  Métamorphoser les potimarrons en soupes onctueuses, même s'ils sont durs à trancher et que j'ai le défaut de ne pas mettre assez d'eau dans ma marmite.
  •  Prendre le temps de finir la Panthère des neiges de Sylvain Tesson où lorsqu'il dépeint l'art de l'affût et le miracle de l'apparition des bêtes, je vois une analogie avec la manière dont je guette l'arrivée soudaine des écureuils, des oiseaux.
  • Remplir mes toiles de lin d'autres points de croix qui, les uns à côté des autres, racontent les heures de patience des petites filles modèles d'autrefois qui brodaient ces marquoirs immenses. Et mes heures de patience d'aujourd'hui, malgré ma vision brumeuse, cataractée par la fée cortisone.
  •  Terminer le roman fleuve d'Elizabeth Gaskell, Femmes et filles que j'adore comme toutes les lectures recommandées par Françoise Hardy.
  • Commencer à griffonner l'agenda de l'année nouvelle dont le chiffre me fait penser à la note d'excellence 20/20.
  • Étudier de nouvelles partitions de François Pernel, les mémoriser du bout des doigts. Rejouer d'anciens morceaux fossilisés dans ma mémoire et ressusciter des émotions musicales toujours aussi intenses.
  • Voir les fleurs bulbeuses plantées cet automne fleurir le jardin au printemps.
  • Être une mère attentionnée pour Madeleine quand elle se fera enlever les dents de sagesse et chaque fois qu'elle aura besoin de moi. Être une compagne de tous les instants pour Jean-Michel. 
  • Dialoguer avec les anges, chanter des psaumes mystiques, reconnaître les petits signes du ciel, invisibles aux autres. Croire en un Dieu cosmique.
  • Écouter, conseiller, consoler, écrire, partager, pardonner, aimer. 
  • M'émerveiller, m'émouvoir, contempler la beauté.
  • Apprendre, progresser, évoluer, vieillir. 
  • Vivre !

Pour toutes ces raisons (petites occupations du quotidien ou désirs profonds), je suis peur, révolte, colère parce qu'il n'y a pas de nouveau traitement pour stopper l'évolution ascensionnelle de ma maladie. J'ai fait le tour des thérapies actuelles délivrées en France. Les médecins n'ont rien trouvé à me proposer à part une nouvelle association de chimios (dont une déjà prise en 2018) qui peut se révéler efficace, une piste ténue comme un filet d'eau de source. Avec la possibilité extrême de passer mes cellules au karcher de plus lourdes chimios, comme avant mes deux autogreffes.

Je suis prête à tout, même à croire aux miracles. Celui de la science, du ciel ou de mon propre corps. Car malgré le pic monoclonal qui grimpe, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Je n'arrive pas me faire à l'idée que ma fin est peut-être proche. Je fais confiance à ce ressenti personnel.

Comme un animal blessé se soigne en son terrier, je vais probablement me retrancher dans la sérénité de ma maison, tout à mon objectif de rémission et serai peu présente pour mes amis. Mais certains articles, pour le moment encore en jachère, viendront sans doute fleurir ces pages. 
L'écriture reste plus que jamais pour moi, une nécessité vitale...

mercredi 9 octobre 2019

Greta

 " Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent". Mathieu 19, 14

Parce qu'elle est suédoise comme elle, elle m'a tout de suite fait penser à Fifi Brindacier aux longues nattes, personnage fantasque qui a enchanté mon enfance et celle de Madeleine. Mais là où Fifi n'est qu'espièglerie malicieuse, Greta Thunberg incarne la gravité d'une époque qui a la lourde responsabilité de changer les paradigmes de nos sociétés de consommation. Il y a urgence à écouter les scientifiques, non pas passivement mais en passant à l'action. Pour sauver la planète, sauver les hommes de demain. 



Parce qu'au Sommet de l'ONU pour le climat, il y avait une telle émotion dans sa voix, ses trémolos vibrants de peine et de colère m'ont évoqué ceux de la chanteuse Björk, lutin islandais peu ordinaire aux envolées lyriques déchaînées.

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Parce qu'elle est de petite taille comme elle, je lui trouve une certaine ressemblance avec sainte Thérèse de Lisieux, un même regard clair, mystique. Son corps resté celui d'une petite fille est animé par une force qui semble la dépasser. Est-elle une messagère du ciel venue nous secouer et qui dans d'autres temps, aurait fini sur un bûcher, sur une croix ?



Certains bien-pensants la trouvent catastrophiste, naïve, inadaptée, ridicule, manipulée. D'autres la haïssent ; sous prétexte qu'elle souffre du syndrome d'Asperger, ils la verraient bien internée pour qu'elle se taise, tellement ses discours les dérangent !

Moi qui la regarde, l'écoute avec mon coeur, elle me bouleverse et je l'aime.

 

 Et j'ai un peu peur pour elle, dans ce monde de bruts qui ne mérite peut-être pas d'être sauvé...

samedi 28 septembre 2019

Cortisone, mon amie ?

 

Évidemment, la plupart des sites que je consulte afin de trouver des astuces pour contrer les effets secondaires de la cortisone, parlent peu de ses bienfaits. Mais les hématologues qui nous soignent ne sont pas sadiques au point de vouloir nous faire gonfler, grossir ou tourner en rond, la nuit, par simple plaisir. La cortisone est un maillon incontournable des trithérapies proposées aux malades du myélome. Elle nous soigne tout en nous aidant à mieux supporter la chimiothérapie, la fatigue, les nausées, les douleurs.

Chez moi, outre les effets secondaires fréquents, la cortisone stimule la réflexion, particulièrement l'écriture. Mes idées fusent sous son emprise et bien des sujets traités ici, ont été activés par sa baguette magique.  
Souvent frères de mes insomnies, les mots se dictent tout seuls sans que je puisse contrôler cette espèce d'écriture automatique dans mon cerveau. Je finis par allumer la lumière pour les déposer sur une feuille trouvée en urgence. Après quelques pages d'un vrai griffonnage (où je regrette de ne pas être Marcel Proust qui lui, avait Céleste Albaret pour mettre de l'ordre dans ses notes nocturnes), j'attrape enfin le train du sommeil. Mais si je le rate, d'autres pensées nouvelles affluent. 

Cet état d'hyper activation favorise aussi un important bavardage, plutôt gai et euphorique, qui me rend excessivement vivante. Et être vivante quand on a un cancer incurable, c'est plutôt bon à prendre ! Je quitte ma réserve habituelle. Je suis plus démonstrative. Je peux être directe (parfois trop), imprudente, sans garde-fou. Et dans l'hyper-vigilance de tout, mais sans anxiété.

Cet état se poursuit un peu après l'arrêt brutal de la cortisone (au moins un jour), puis c'est la dégringolade, qui a tendance à durer un peu plus longtemps ces derniers temps. Je reste hyper-vigilante mais avec anxiété. Je suis triste, abattue, épuisée, sans force, vois les choses en noir et ressens davantage les effets secondaires de la chimiothérapie. Pour un peu, je reprendrai bien un comprimé ! 
Car les doses prescrites de cortisone sont importantes mais seulement certains jours de la cure avec arrêt brutal, sans sevrage. C'est cela qui est particulièrement dur à vivre.

J'ai appris à accepter mon humeur qui faisait du yoyo. A ne plus lutter contre les oscillations de ma météo intérieure. J'accepte les soleils éclatants des jours avec, les ondées tristes des jours sans. Les larmes m'aident parfois à quitter plus rapidement mon spleen de droguée en manque. L'activité aussi quand je ne suis pas trop épuisée, le jardinage en particulier.

La cortisone a révélé des facettes cachées de ma personnalité. Elle m'a peut-être permis d'évoluer. Si seulement cette métamorphose pouvait s'accompagner d'une régression de la maladie, sans faire fuir ceux qui m'aiment et qui, parfois, doivent être désemparés devant mes humeurs vagabondes qui contrastent avec mon caractère habituellement stable et tempéré.

Peu à peu, je retrouve les joies enfantines et les douces mélancolies qui me caractérisent. Je me reconnais. Tout en sachant que ces deux autres Hélène me tiendront encore longtemps compagnie. J'ai appris à les aimer aussi. A trouver ce qui leur convenait le mieux. 
Et quel bonheur, quand enfin (tout en restant fatiguée, hélas), j'ai l'impression de redevenir normale ! Même si ce n'est que pour quelques jours précieux avant de reprendre cette ronde difficile, d'une Hélène à une autre.

Je mets toujours beaucoup de temps à publier mes articles. Je serais incapable de twitter sur la toile : j'ai besoin de relire longtemps ce que j'écris avant de pouvoir le partager. Au risque que cela ne soit plus tout à fait d'actualité au moment de la mise en ligne. C'est le cas pour ce billet car cela fait trois semaines que je suis sans traitement et donc sans cortisone... en attente d'une autre thérapie, les dernières n'étant pas assez efficaces tout en faisant trop baisser mes globules blancs. Je fais confiance aux médecins et j'essaie de ne pas être trop anxieuse en espérant que ce moment d'incertitude sera de courte durée.
 

samedi 14 septembre 2019

L'herbier fleuri du jardin

Cet inventaire non exhaustif des fleurs du jardin (en quelque sorte notre héritage floral), m'est surtout utile pour retenir le nom des plantes que j'ai tendance à oublier. 
Je rends hommage aux propriétaires précédents qui les ont plantées. Nous avons pris plaisir à les découvrir au fur et à mesure des saisons et à les identifier avec l'aide de mon ami Yvan.

Pour ne pas surcharger la page, certaines fleurs ne figurent pas ici, celles que nous avons nous-mêmes semées et les printanières, plus communes (tulipes, jacinthes, muguet...) ou qui ont fait l'objet d'articles à part (ancolies).

Les fleurs sont présentées dans un ordre aléatoire.

Euphorbia characias
Euphorbe

Bergenia cordifolia
Anémone pulsatilla
Nigelle de Damas
Belles de onze heures
Ibéris : corbeille d'argent
Alyssum saxatile : corbeille d'or
Giroflée
Rose trémière
Héllebore ; rose de Noël
Iris Germanica
Iris bleu
Hémérocalle (variété ancienne)
Valériane rouge : lilas d'Espagne
Physalis alkekengi : lanterne chinoise
 
Jacinthe des bois : scille
Coquelourde
Marguerite
Oeillet mignardise
Muflier : gueule de loup
Muflier : gueule de loup
Pivoine
Gaillarde
Rose rouge (variété à identifier)
Lavande
Joubarbe
N'hésitez pas à compléter mes légendes.
Et bientôt, l'inventaire de nos arbres et arbustes.

mercredi 11 septembre 2019

Surprises de fin d'été


Devant la maison, les chrysanthèmes se sont enfin mis à pousser pour former une beau bouquet avec les fleurs de bourrache. Je pensais qu'ils seraient blancs et moins hauts et je n'imaginais pas du tout ce parterre ainsi quand j'ai choisi d'associer ces fleurs !


Sur les huit pieds de capucine, un seul fleurit bien, suivi par deux autres plus timides et d'une autre nuance. 



 
 

Côté prairie de type "engrais vert", de nouvelles fleurs ont fait leur apparition dans des odeurs de coriandre.
De la mauve. Splendide !


 


Et même des tournesols qui rythment la prairie de ci de là.


 

D'autres plantes variées que j'ai du mal à identifier.

 
 

Une deuxième prairie, plantée dans la continuité du potager, s'est aussi mise à fleurir. Des soucis et des œillets bleus, essentiellement.


J'ai mangé l'unique fruit de notre pêcher. Aucune pomme n'a résisté à la sécheresse.


Et côté potager, nos courges pomme d'or s'étalent, prennent de l'ampleur mais ont un peu du mal à virer de couleur. La récolte est prévue pour octobre-novembre. Patience donc...



Il fait déjà un peu trop froid après les fortes chaleurs de cet été. Comme nous, les plantes et légumes sont un peu déboussolés. 



Les premiers champignons annoncent déjà l'automne. Et d'autres surprises...