mardi 4 juin 2019

La maison qui nous a choisi

Etrange chose que les signes envoyés par le ciel ! En pleut-il réellement de là-haut comme des astéroïdes, croisant le fil des destinées humaines ? N'existent-ils que parce qu'il y a des âmes pour les lire et des êtres réceptifs à leur manifestation ?
Sylvain Tesson. Vérification de la porte opposée.
 

Alors que décontenancés par la visite d'un pavillon dans une campagne sinistre nous avions suspendu nos recherches immobilières, c'est une collègue de Jean-Michel qui nous signalé une maison à vendre à Saleux. Idéalement située à 2 km du CHU, dans un lotissement du début des années 70 (et presque de mon âge), elle semblait correspondre à notre recherche d'un endroit calme, sans voisins mitoyens, baigné de nature. Mais pas trop isolé non plus. 

La rue portait le nom d'un chanteur lyrique, né à Saleux, Numa Auguez. Il est enterré dans le cimetière communal, ainsi que sa femme, la soprano Berthe de Montalant et leurs trois enfants, Numa, Hélène et Pauline.


J'y ai vu un signe positif car cela m'a fait penser à mon père qui avait nommé les salles de l'école de musique qu'il dirigeait à Haguenau, du nom de musiciens régionaux. J'y ai entendu aussi comme une petite mélodie qui me guidait vers ce lieu. D'autant plus que la personne qui nous a signalé ce pavillon à vendre, se prénomme Elise (un prénom qui m'évoque aussitôt la fameuse lettre à Elise de Beethoven, si souvent massacrée par moi au piano...).

J'avais vécu toute mon enfance dans une maison de la même époque, au bout d'une impasse calme et la vie m'offrait à nouveau une géographie chère à mon coeur.

La maison avait été construite pour une famille qui avait trois enfants (deux filles, un garçon, comme nous). Leur père étant décédé, les enfants vendaient la maison de leurs parents... Je pensais au jour où cette décision serait aussi la nôtre.

Lors de ma première visite, bien que l'ambiance soit très différente de la maison de mon enfance, j'ai retrouvé l'émotion de rentrer par le garage, comme nous le faisons le plus souvent chez mes parents. Dans le salon avec ses grandes portes fenêtres donnant sur le jardin, j'avais l'impression d'être dans une autre maison des années 70 où nous avions des souvenirs heureux, du côté de Bar-le-Duc. Et en regardant le village et le clocher de l'église en face, je croyais être chez ma grand-mère, dans son ancienne ferme modernisée dans un village du Val-de-Villé.

Etrange comme un lieu nouveau, inconnu, accueille soudain des émotions enfouies, souterraines et nous assure que c'est bien ici que nous aimerions vivre. Depuis notre installation, sur ces strates très subjectives, nous consolidons tous les jours notre propre histoire. 

La maison à Saleux est devenue notre terre.

vendredi 3 mai 2019

Se battre ?

 

Elle vient de fêter ses 70 ans et remonte sur scène après avoir soigné une tumeur cancéreuse sur les amygdales. Terrible pour une chanteuse comme Véronique Sanson d'avoir cru ne plus pouvoir chanter. Et elle interprète ses compositions si sensibles avec toujours la même vibrante émotion dans la voix. C'est miraculeux, fort, touchant... Je n'ai pas de mots pour dire mon bonheur de la savoir toujours vivante.

Lors d'une émission sur France 2 à l'occasion de son anniversaire, elle explique comment elle a surmonté cette épreuve et j'ai essayé de retranscrire ses paroles que je trouve très justes :
 Le mot "se battre" n'est pas approprié parce qu'on ne se bat pas contre ces choses là, on encaisse. On encaisse ! Il n'y a aucun courage là-dedans, ni force, ni rien, on subit et tout ce qu'il faut faire, c'est faire exactement tout ce qu'on vous dit de faire. Et le truc qu'il ne faut pas faire par contre, c'est s'apitoyer sur soi-même en disant : "Pauvre de moi, pauvre de moi et je n'y arriverai jamais et tout ça...".
On verra ! Il faut se dire : "Eh ! laisse couler, roule Raoul, laisse couler, on verra bien et si ça va, ça va et si ça va pas, bye bye."
C'est tout !
 C'est tout mais c'est essentiel... J'ai été impressionnée en l'entendant car c'est tout à fait comme ça que je ressens les choses. Est-ce vraiment avoir du courage que de supporter les traitements, certains examens douloureux, des opérations, sachant qu'on n'a pas le choix ?
Comme elle, je n'emprunte pas des mots guerriers pour parler de mon rapport à la maladie. Se battre, mener bataille, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je n'aime pas les affrontements.
Cette maladie m'a choisi. Pas de chance ! Mais si j'en fait une ennemie, est-ce que cela m'aide vraiment à faire baisser le fameux pic monoclonal qui me tient lieu de baromètre ?
Encaisser les rechutes avec courage, accepter les parcours thérapeutiques invalidants, faire chaque jour de son mieux, il n'y a rien d'autre à faire.

Dans Trois amis en quête de sagesse, Alexandre Jollien relate l'histoire d'une nonne atteinte d'un cancer incurable à 40 ans. Durant des mois, elle se levait pour partir à la guerre et combattre l'ennemi jusqu'au jour où, grâce à la méditation, elle a commencé à envisager le cancer comme un ami, un messager, un libérateur. 

Je n'en suis pas encore là, cependant !

jeudi 25 avril 2019

Pissenlit, cigüe et grelinette

 Alors que le jardin se colore de nombreuses variétés de tulipes,
Que les muguets préparent leurs clochettes pour sonner le 1er mai,

Et que les arbres bourgeonnent, tout en délicatesse...
Fleurs et feuilles d'érable (à confirmer)
Première pivoine, magnifique !
Fleur de pommier

Nous nous attelons à notre grelinette pour nettoyer les nombreux parterres et surtout, défricher l'ancien potager, abandonné depuis des années.

Situé à l'arrière de la maison, à l'orée du bois, il est envahi d'adventices en tout genre, pissenlits aux racines coriaces, ciguë à l'odeur écœurante, trèfles, mousses... 
Quel labeur ! Nous n'en sommes qu'à la moitié. Et sitôt nue, la terre se recouvre à nouveau d'adventices. Il va vite falloir couvrir le terrain que nous ne voulons pas cultiver par une prairie.
Potager de 2m2 délimité avec des branches de récupération
Bel exemple de ciguë, avec ses branches rouges en étoile et ses feuilles proches du cerfeuil
 

Pour nous motiver, nous avons commencé un mini potager en suivant les recommandations du site Tous au potager.

Sur un rectangle de 1m sur 2m, nous avons planté des fraises, du thym, des tomates, des œillets d'Inde et semés des radis, du basilic et des laitues.
Les premières fraises font déjà le régal d'un merle gourmand malgré le filet de protection. Il se faufile en dessous, le malin !

J'admire plus que jamais les agriculteurs bio qui connaissent toutes les astuces pour bien faire pousser fruits et légumes. Ce n'est pas demain que nous allons pouvoir nous nourrir avec la production de notre potager... D'autant plus que le bois commence à faire beaucoup d'ombre et nous risquons de manquer d'ensoleillement.
 


Voilà, nous avons été bien occupés. 

Toujours sous le regard curieux de quelque écureuil. Regardez bien, au creux des branches de ce charme, par un jour frileux, ce doux animal a passé un moment à se blottir pour se réchauffer sous sa belle queue en panache. 

 

vendredi 15 mars 2019

Welcome

Nous habitons ici depuis le 14 février et malgré la fatigue de notre installation et la lourdeur de mon nouveau protocole de soin (démarré peu après notre emménagement), j'avais envie de partager avec vous quelques images de la belle nature qui nous entoure. C'est la première fois que nous avons un grand jardin et nous sommes très émus d'en être responsables. Encore beaucoup de choses à apprendre avant de profiter d'un potager !

Les premières semaines très ensoleillées nous ont permis de ramasser un imposant manteau automnal de feuilles desséchées et de voir émerger des fleurs printanières. Mais depuis, la tempête nous empêche de continuer nos activités de jardiniers néophytes.









 Alors depuis les baies vitrées, je regarde les oiseaux picorer les boules de graisse accrochées aux branches des pivoines arbustives qui seront sans doute magnifiques dans quelques temps.
 Des mésanges bleues surtout, coiffées de leur bonnets azur et maquillées de khôl. 

 
Des rouges gorges solitaires et timides. Des pinsons qui sifflotent. 
Plus insolites, un canard Colvert, et dans le bois derrière chez nous, un faisan et un lièvre blessé.

 Je m'émerveille chaque jour du passage de quelques écureuils, surtout vers 9 heure.
 
 L'un d'eux a transporté dans sa bouche une pomme pas trop meurtrie parmi les nombreuses qui pourrissent dans le jardin. Il l'a dégustée dans le pommier et l'a abandonnée entre deux branches pour finir son festin un autre jour... Puis j'ai retrouvé le fruit par terre, joliment strié par ses petites dents.


 

A l'intérieur, nous avons encore du travail pour terminer le rafraîchissement de certaines pièces mais le plus urgent est fait... Non sans mal car nous avons perdu beaucoup d'énergie avec une entreprise de chauffage et plomberie. Deux fuites de fuel, l'un après la révision de la chaudière, l'autre après le remplacement de flexibles. Joints pas étanches après des travaux de plomberies... J'ai passé beaucoup de temps à attendre que les plombiers reviennent réparer leurs erreurs alors que suis impatiente de vivre tranquille dans ma maison. Loin des problèmes avec des artisans pas assez scrupuleux ou mal formés qui étaient heureusement sympathiques. 

Ce lieu appelle au calme, à la rêverie et je n'aspire qu'à y être heureuse avec ceux que j'aime.

vendredi 25 janvier 2019

Nouveau départ

 
Nous étions venus ici pour nous installer définitivement dans un appartement confortable, libérés des soucis d'être propriétaire. Finalement, malgré quelques beaux moments de bonheur, nous n'avons pas trouvé la paix que nous y recherchions. L'épisode du parc Delpech n'aura été qu'un passage nécessaire, le temps approximatif d'une gestation.

Et je célèbre aujourd'hui la naissance d'une nouvelle étape de notre vie : nous sommes depuis peu propriétaires d'un pavillon (et de son magnifique jardin), un peu plus loin de la ville. Comme des jeunes parents comblés de jadis, nous allons vivre notre installation dans le silence et l'intimité de nos cœurs. Quand notre maison sera enfin notre nid douillet, je vous en parlerai.
Sans toutefois en faire une étude poussée comme celle du Parc Delpech dont l'analyse (proche de celles menées à l'Inventaire du Patrimoine) a donné un sens intellectuel (et supportable) à mon aventure de locataire.

Un petit bémol gâche un peu notre projet de vie : mon double M (le nom de code que je donne en secret au myélome multiple) s'est un peu trop réveillé ces derniers temps et mon traitement a du être augmenté.
Mais consternation lors de mon passage à la pharmacie : le médicament que je prenais à 400 mg n'est pas encore autorisé à plus forte dose pour le myélome et la sécurité sociale a refusé sa délivrance à 600 mg ; les médecins ont trouvé la solution de l'associer à un antibiotique qui accroit son action pour pouvoir me soigner sans augmenter la posologie. Je trouve cela hallucinant et la pilule a du mal à passer.

Plus de fatigue depuis l'augmentation du traitement... et bien sûr, une angoisse accrue, déjà exacerbée par les questionnaires de santé des assurances bancaires qui ont remué beaucoup de mauvais souvenirs. Alors oui, il va falloir lever le pied sur certaines choses, faire attention. Plus que jamais. Et garder confiance. Car la recherche progresse. Encore faut-il que les médicaments aient ensuite les autorisations de mise sur le marché !

Si cet embryon de rechute m'a révolté au début, je sais qu'il n'est ni le premier, ni le dernier et fait hélas partie de mon long parcours de malade du myélome. Il ne doit pas me faire peur, me désespérer. Même s'il tombe plutôt mal. Il est là pour me rappeler l'essentiel : chaque jour est précieux, même le pire vaut la peine d'être vécu, tant qu'il y a de l'amour à recevoir et à donner.

Je survie depuis 2012, il n'y a pas de raisons que cela s'arrête maintenant alors que nous nous autorisons un nouveau départ dans lequel, je mets tous mes espoirs de force, guérison, joie, envie de rester vivante.
 
Je serai peu présente ici dans les prochains mois et ne répondrai pas à vos messages personnels.

Ce nouveau déménagement-emménagement prend toute mon énergie. Bien plus que je ne l'avais imaginé.

vendredi 28 décembre 2018

Bouclons l'année

Extrait du bulletin météo-astro de décembre de Danielle Clermont, astrologue intuitive québécoise


 Merci à mon amie Joëlle de me l'avoir fait connaître.

2018 a passé si vite que j’en suis perplexe, voire “désorientée”… Si je repense aux premiers mois de 2018, c’est comme si c’était hier ! Quand je tente de revisionner cette année 2018, mes perceptions sont comme distordues : d’une part, il y a une densité émotionnelle incroyable et d’autre part, la sensation que, de décembre 2017 à décembre 2018, il n’y a eu qu’un claquement de doigts. Ressentez-vous, comme moi, cette accélération ? Comme moi, êtes-vous abasourdis en regardant votre journée se terminer avec l’étrange sensation qu’elle vient tout juste de commencer ? C’est ce que j’appelle l’énergie vortex: tourbillon creux qui prend naissance, sous certaines conditions, dans un fluide en écoulement.

Sur un plan général, disons que depuis le passage à l’an 2000, et encore davantage depuis 2012, nous vivons “des années tourbillons” et que, d’année en année, le tourbillon s’accélère et s’intensifie. À cela s’ajoute l’effet vortex propre au dernier trimestre de l’année ; effet vortex qui correspond à un cycle bien précis, celui où nous concluons l’année en cours et où nous préparons l’année à venir :

Que nous en soyons conscients ou pas, en cette période de l’année, nos âmes sont très, très actives : elles sont occupées à fermer des boucles dans nos inconscients (intégration des expériences de 2018) et à préparer de nouveaux pans de nos évolutions, direction 2019. Les plus sensibles d’entre nous le ressentent vivement, comme si nos corps physiques étaient ici et nos esprits ailleurs. Au minimum, je crois qu’une grande majorité ressent des somnolences diurnes et une intensité accrue lors du sommeil nocturne ; intensité ponctuée d’une grande activité dans les rêves.

Au mois de décembre, mois de Passage marqué par la traversée du dernier Grand Portail énergétique de l’année (celui du Solstice du 21 décembre), l’effet vortex-tourbillon est encore plus intense. Pour faire image, disons que c’est un peu comme lorsque l’eau du bain se vide : alors qu’il reste presque plus d’eau dans le bain, le mouvement-tourbillon de l’eau s’accélère et est de plus en plus rapide.

Suite à tous les changements mis en place en novembre, clairement, nous entrons dans le mois de décembre imprégnés d’une tout autre atmosphère que celle des mois précédents. Il est possible que nous ressentions un véritable soulagement. Je serais même prête à parier que nous serons nombreux à nous dire : “ouf, enfin, voici que se termine cette incroyable (et pas facile) année 2018 ! Vivement 2019 !”.

Tout ça pour dire que, sur le plan de nos évolutions individuelles et collectives, le mois de décembre est un mois important. En ce dernier mois de 2018, prenons le temps de bien boucler l’année. Décembre est le mois idéal pour contempler et intégrer tout ce que nous avons vécu, libéré et guéri cette année. Les astres nous supportent pour terminer l’année en beauté.

N’oublions pas que dans les pays occidentaux, décembre est un mois où nous sommes souvent “à la course”, avec un horaire plus chargé (préparatifs du temps des Fêtes et autres obligations induites par le calendrier de la fin de l’année). En 2018, vu l’intensité exceptionnelle des onze mois précédents, ces conseils d’usage me semblent encore plus pertinents : 
allégeons nos horaires et simplifions nos vies autant que possible ; essayons de ralentir la cadence ; restons à l’écoute de notre voix intérieure et écoutons les besoins du corps.

La célèbre medium, Patricia Darré parle également de la perception du temps qui aurait changée depuis 2012 : 
" En tant que medium, le temps que je contacte n'est pas celui que je vis. Par mes recherches, j'ai découvert un physicien allemand qui a élaboré une loi physique, la résonnance de Shumann : La Terre émet une onde hertzienne qui s’accroit, entraînant l’accélération de la gravitation universelle. Sur 24 heures, on ne vivrait plus que seize heures. Notre rythme s’accélère à notre insu. Il en découle des acouphènes, de l’hyperventilation, des burn-out … Ces symptômes se soignent. En s'adaptant. En allant à l'essentiel. En prenant conscience de ce rétrécissement du temps ".

Vous pouvez visionner la longue conférence qu'elle a tenu à Thonon-les-Bains en septembre où elle explique très bien le phénomène (c'est environ à 5 mn du début de la vidéo). C'est également un des thèmes de son livre que je n'ai pas encore lu : N'ayez pas peur de la vie. 
 

Alors revenons à l'essentiel dans nos vies et voyons ce qui peut nous rendre plus léger, comme l'oiseau.

C'est ma grande réflexion du moment. 

Quels seront mes choix pour 2019, mes priorités ?

Pour l'instant, je ferme les boucles d'une année qui a été une suite de bouleversements, de caps à passer, dont certains pas faciles... Je suis bien contente de les archiver.

Je prépare l'année nouvelle où m'attendent d'autres changements mais dans lesquels, je mets beaucoup d'espoir, de confiance.  

Rendez-vous en 2019... 

Que l'année nouvelle vous soit belle !

samedi 22 décembre 2018

L'ombre et la lumière



Ce sont les dernières nuits les plus longues de l'année. Dès 16h 30, le jour décline et les arbres nus dessinent leurs silhouettes à l'encre de Chine.

J'admire quelques trésors, insolites en ce mois de décembre : on s'attendrait plutôt à trouver des traces de neige ! 

 

J'écoute les oiseaux chanter tout en picorant des baies avant de repartir se nicher jusqu'à l'aube prochaine.

 

Je regarde les poules aller se coucher, une à une.

 

Déjà les premiers lampadaires s'allument. Les  appartements s'éclairent. Les premières décorations de Noël clignotent sur les balcons tandis qu'on devine quelques sapins à l'intérieur de salons douillets. 



Au loin, la drôle d'horloge lumineuse sur la tour Perret ressemble à un gros paquet déposé par le père Noël.



Alors il est temps pour moi de rentrer. D'allumer mes propres veilleuses.

D'admirer la lune pleine qui éclaire la longue nuit du solstice d'hiver.



Et me réjouir que bientôt, les jours vont se mettre à rallonger et que Noël va arriver...

vendredi 21 décembre 2018

Histoire de poules



Elles étaient deux au départ et sont maintenant trois. Sans doute pour mieux coller à la comptine : "Quand trois poules vont au champ". 
Sauf que ces gallinacées ne sortent pas d'un jardin privatif du parc Delpech où elles sont installées depuis l'automne. Voilà un terrain d'observation de plus quand je me promène !

Il parait que cela ne gêne pas la voisine directe, une dame de plus de 90 ans qui a invité au restaurant le propriétaire de ce poulailler urbain pour le remercier de lui donner des œufs chaque semaine. En revanche, aux étages, ils se plaignent d'avoir plus de mouches.

Moi, je suis bien contente qu'elles ne caquètent pas en-dessous de chez moi. Je n'ai pas comme mon père, la fascination des poulaillers. Petit, ses parents l'avaient perdu, lors de la sortie du dimanche : il était resté en arrière, hypnotisé par le spectacle des poules.


Par le plus pur des hasards, au même moment, mon amie Brigitte P. m'a fait connaître les albums des Petites poules, écrits par Christian Jolibois et illustrés par son ex-gendre, Christian Heinrich.

J'adore les livres pour enfants. Ma liseuse est remplie de littérature jeunesse, idéale pour les nuits d'insomnie ou en cas de fatigue extrême. Qu'il est agréable de replonger en enfance, particulièrement avant Noël. 

J'espère qu'Isaure, 6 ans (petite fille de ma grande soeur) va aimer ces histoires autant que je les aime. Et pourra les lire à son petit frère Raphaël. Et même à son arrière grand-père Marcel, le rêveur...

samedi 15 décembre 2018

Parc Delpech # 6

Du béton et des hommes


Faisant partie du projet du parc Delpech, une zone commerciale et une école maternelle portent également la marque de l'architecte Bernard Bougeault et animent un peu le quartier.

Le petit centre commercial abrite encore quelques boutiques, la police municipale et la poste, important lieu de lien social, avec l'école maternelle.

 

La boulangerie a fermé depuis peu, ainsi qu'une pharmacie transformée en salle de yoga depuis quelques années. L'Intermarché un peu plus loin, est devenu le point de ravitaillement et de rencontre des résidents.

Beaucoup d'entre eux vivent ici depuis l'origine. Certains ont même acheté ces appartements sur plan. Des gens audacieux, curieux d'une architecture nouvelle et toujours fiers d'habiter le parc Delpech. 

La plupart ont maintenant autour de 80 ans et se souviennent du temps où les voisins vivaient en parfaite harmonie. Ayant des enfants du même âge qui jouaient ensemble, les parents se côtoyaient facilement, se rendant service dans une ambiance cordiale et feutrée. Non seulement le béton était adouci par une moquette douillette mais la bonne éducation était de mise dans ces résidences de standing.

Suite au départ de certains "anciens", une population plus hétéroclite loge désormais dans ces immeubles. L'harmonie n'est plus aussi parfaite qu'autrefois. Des rénovations intérieures ont modifié l'équilibre acoustique des appartements tandis que d'autres façons de vivre, plus individualistes, perturbent les relations humaines. Des appartements vides ne trouvent plus d'acquéreurs.


Le parc semble ne plus intéresser les promeneurs. Je ne m'en plains pas car cela me permet quelques rêveries en solitaire. Et même de pratiquer le qi gong en me cachant un peu. Mais je trouve cela triste pour le jardinier qui entretient arbres et végétaux, avec beaucoup d'amour, depuis 27 ans.

 

Il m'a révélé que ce n'était pas le cas avant mais que beaucoup de personnes âgées ne peuvent plus marcher dans le parc qui est assez vallonné et dont le sol herbeux est trop accidenté. Certaines font encore un petit tour, le long des rues goudronnées, ou se contentent du spectacle de la nature depuis leurs fenêtres.


Heureusement que certains habitants du quartier ont encore des chiens à sortir ! Et que des enfants jouent encore parfois, sur la butte. 

Pour ma part, je trouve si agréable de marcher sur l'herbe tendre (si rare en ville), d'humer les odeurs différentes selon les saisons, juste en franchissant la porte de mon immeuble.

Regardez ce magnifique tapis de feuilles après une nuit de vent. Ce mélange insolite et aléatoire.




La nature sera toujours pour moi un émerveillement. Une respiration nécessaire. Vitale. Et qui me console de n'avoir pas trouvé en ces lieux, autant de convivialité que je le souhaitais.

A part mes charmants propriétaires et quelques voisins courtois, je ne regretterai pas grand-monde, le jour où je quitterai le parc Delpech.

Et surtout pas le petit schtroumpf de trois ans et demi qui danse un flamenco endiablé au troisième étage...

lundi 26 novembre 2018

Parc Delpech # 5

Focus sur les matériaux



Les 29 maisons du parc Delpech déclinent des modèles différents mais selon des partis pris assez similaires, certains modernistes, d'autres plus traditionnels. Toutes sont en briques, la plupart peintes en blanc, sous un toit de cuivre. L'harmonie est produite par cette gamme de matériaux unifiés, fixée par le cahier des charges. 

 

Les détails sont soignés. Chaque cheminée présente un dessin original. Le travail sur les percements donne des façades très graphiques proches du courant pictural de l'abstraction géométrique. 
L'ensemble évoque un peu la Finlande où l'architecte se rend souvent en voyage à cette époque.

 


Si les pavillons sont individualisés, les huit immeubles, en revanche, se ressemblent comme deux gouttes d'eau et pourraient être superposés. Seule leur orientation un peu aléatoire dans la végétation rompt la monotonie.


Pour cet habitat collectif, c'est le béton qui s'impose, avec un crépi vertical fortement marqué, et des bandes horizontales en réserve qui séparent les six niveaux.


 

Les fenêtres imaginées par Bougeault et fabriquées par une entreprise locale, amènent de la légèreté à ces immeubles massifs, d'une large emprise au sol.
 

 

Les vitrages des baies sont constitués d'un simple verre sans menuiserie, maintenus latéralement par deux pattes de fixation, suivant un procédé utilisé par l'architecte pour le camping de Rompval à Mers-les-Bains (voir image ci-dessous, en haut au centre).

 

Les fenêtres des cuisines basculent horizontalement.



Malheureusement les mécanismes usés et non réparables, la volonté d'une meilleure isolation, incitent de nombreux propriétaires à remplacer ces fenêtres par des modèles en PVC, avec des meneaux centraux beaucoup trop présents.

Cela a été le cas dans notre appartement.

Avant notre installation, depuis l'intérieur
Après notre installation, depuis le balcon



 Mais c'est le bois qui semble remporter la préférence de l'architecte. Marqué par ses années de collaboration avec l'architecte Le Même (un des créateurs de la station de Megève, considéré comme l'inventeur du régionalisme savoyard), la construction évoque la puissante architecture de montagne : des décrochés importants dans la volumétrie permettent de loger de longs balcons aux gardes-corps en lames de sapin, sur un rythme ternaire qu'on retrouve dans les balustrades plus petites, fermant les jardins privatifs.

 

Les appartements sont distribués par une large circulation intérieure, éclairée au sommet par un puits de lumière qui plonge jusqu'au rez-de-chaussée. Les gardes-corps des escaliers et du patio central, association de trois lames de sapin, rappellent ceux des balcons extérieurs.

 



Sans oublier les duplex, aux quatrième et cinquième étages, qui font la part belle aussi aux coursières avec les mêmes gardes-corps.



 
Cette continuité entre les espaces intérieurs et extérieurs est pour moi une des plus belles réussites de Bernard Bougeault dans cet ambitieux projet architectural du Parc Delpech, véritable hymne au bois dans une architecture de béton.


Pour aller plus loin : François Bougeault, fils de l'architecte, parle de la villa Le Normand, contemporaine du Parc Delpech