dimanche 8 octobre 2017

Ruines de la Grande Guerre

 
Montdidier, rue de la sous-préfecture

Le titre de cet article rappelle celui d'une série de cartes postales éditée après la première guerre mondiale pour documenter les bâtiments ou quartiers partiellement ou entièrement détruits.
La région où j'habite a été particulièrement touchée, non seulement dans le sillage du Chemin des Dames mais aussi dans la Somme.
Alors forcément, Jean-Michel qui travaille aux archives départementales, est chaque jour confronté à ce passé : liasses déchiquetées par les obus et inexploitables, archives disparues. Toute une mémoire engloutie dont l'absence témoigne encore aujourd'hui de l'histoire terrible d'un territoire et des hommes qui y ont perdu la vie.

 
Échantillon de matières préservées entre des pages endormies, 
comme un herbier minéral

Un jour, comment ne pas être ému en découvrant par hasard dans un dossier oublié, des gravas de la sous-préfecture de Montdidier, bombardée en 1918 ? Comment ne pas vouloir les garder précieusement, même si cela ne sert à rien ?

 En haut, l'ancienne et la nouvelle sous-préfecture, 
en bas, la sous-préfecture provisoire et la rue en ruines
Pour conserver dignement ces reliques, j'ai brodé une petite enveloppe dont le format rappelle les courriers d'antan. Les couleurs évoquent discrètement celles du drapeau national. Un gris taupe à la place du bleu et un rouge coquelicot, fleur-symbole du souvenir des victimes de la Grande Guerre.

 La sous-préfecture de Montdidier a été reconstruite comme la plupart des lieux dévastés.
Et la vie a repris son cours, différente...