Montdidier, rue de la sous-préfecture
Le titre de cet article rappelle celui d'une série de cartes postales
éditée après la première guerre mondiale pour documenter les bâtiments
ou quartiers partiellement ou entièrement détruits.
La région
où j'habite a été particulièrement touchée, non seulement dans le
sillage du Chemin des Dames mais aussi dans la Somme.
Alors
forcément, Jean-Michel qui travaille aux archives départementales, est chaque
jour confronté à ce passé : liasses déchiquetées par les obus et
inexploitables, archives disparues. Toute une mémoire engloutie dont
l'absence témoigne encore aujourd'hui de l'histoire terrible d'un
territoire et des hommes qui y ont perdu la vie.
Échantillon de matières préservées entre des pages endormies,
comme un herbier minéral
Un jour, comment
ne pas être ému en découvrant par hasard dans un dossier oublié, des gravas de la sous-préfecture de Montdidier, bombardée en
1918 ? Comment ne pas vouloir les garder précieusement, même si cela
ne sert à rien ?
En haut, l'ancienne et la nouvelle sous-préfecture,
en bas, la sous-préfecture provisoire et la rue en ruines
Pour conserver dignement ces reliques, j'ai
brodé une petite enveloppe dont le format rappelle les courriers
d'antan. Les couleurs évoquent discrètement celles du drapeau national.
Un gris taupe à la place du bleu et un rouge coquelicot, fleur-symbole du souvenir des victimes de la Grande Guerre.
La
sous-préfecture de Montdidier a été reconstruite comme la plupart des
lieux dévastés.
Et la vie a repris son cours, différente...
Et la vie a repris son cours, différente...