samedi 17 mars 2018

L'instant de la chauve-souris

C'est en remontant du centre ville vers ma maison, perdue dans mes pensées, que je l'ai vu à la dernière minute, le long d'une vitrine de magasin, agonisante : une jolie chauve-souris, encore bébé, un peu de la même taille que sur cette photographie. 


Non loin de là se trouve l'église Saint-Remi désaffectée où habite sans doute beaucoup de ses congénères.

Cette rencontre incongrue m'a fait sourire malgré ma peine de voir ce petit animal souffrir sans pouvoir l'aider (pas le moment de se faire mordre par une chauve-souris, j'ai assez de problème avec mon hémoglobine comme ça !).
Tout d'abord parce que les chauves-souris ont longtemps eu la mauvaise réputation de venir pomper le sang des gens pendant leur sommeil, comme de petits vampires. Alors quand on a une maladie hématologique, comme on dépend du sang des autres pour rester en vie (transfusions, greffes de moelle osseuse), il arrive qu'on se sente un peu vampire... Ce n'est pas pour rien si Mathias Malzieu a intitulé son livre, Journal d'un vampire en pyjama lui qui était atteint d'une aplasie médullaire. Une lecture forte, poétique et pas sinistre que je vous recommande vivement.

Mais aussi, cela m'a fait sourire car comme je le disais dans un article précédent, les passants qui sont rivés à leur téléphone portable me font penser à des chauves-souris car ils nous évitent souvent à la dernière minute. Alors je me suis dit que ce jour-là, il y en avait un qui s'était vraiment transformé en chauve-souris !

Oui, je sais, on a l'esprit un peu dérangé à haute dose de cortisone ! Tant que je ne vois pas des éléphants roses...