Madame rêve ad libitum
Comme si s'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Comme si s'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame Rêve (Alain Bashung /Pierre Grillet)
Depuis le confinement, j'ai du mal à me lever le matin, plongée dans des rêves qui défilent comme un film. J'ai envie de poursuivre l'histoire, de ne pas me réveiller dans ce monde d'incertitudes et de peurs.
L'épée de Damoclès du myélome multiple était déjà bien lourde au-dessus de ma tête. Avec ce virus incontrôlable qui plane, j'ai maintenant l'impression d'être menacée par toute une armée. Mes petits globules blancs qui remontent de moins en moins vite après chaque cure de chimiothérapie, sont des soldats perdus d'avance. Comment ne pas être terrorisée ? J'ai beau avoir la foi, celle qui soulève les montagnes, je m'attends au pire et je crains de retourner à l'hôpital après Pâques. Serai-je vraiment protégée ?
L'épée de Damoclès du myélome multiple était déjà bien lourde au-dessus de ma tête. Avec ce virus incontrôlable qui plane, j'ai maintenant l'impression d'être menacée par toute une armée. Mes petits globules blancs qui remontent de moins en moins vite après chaque cure de chimiothérapie, sont des soldats perdus d'avance. Comment ne pas être terrorisée ? J'ai beau avoir la foi, celle qui soulève les montagnes, je m'attends au pire et je crains de retourner à l'hôpital après Pâques. Serai-je vraiment protégée ?
J'ai cessé de trop regarder les informations, de parcourir facebook... Je fuis au plus profond de moi-même. Là où j'ai souvent trouvé les ressources nécessaires à mon équilibre. J'alterne les activités qui me conviennent le mieux, en compagnie d'objets qui sont en quelque sorte mes doudous réconfortants depuis toujours : livre, aiguille à broder, harpe.
Sur un air de Schumann, je rêvasse dans le journée, puisant dans mes souvenirs, la force de vivre ces moments difficiles.
Lors de mes promenades dans le jardin, je me nourris de la sève de la nature qui explose en bouquets multicolores. Les fleurs du printemps, insolentes de beauté, se moquent bien de nos malheurs. Elles respirent un air un peu plus pur et s'épanouissent d'aise.
L'air du soir embaume la violette, quand enfin, le lotissement commence à faire silence, après la frénésie d'activités qui s'empare de la plupart des confinés. Les pelouses n'auront jamais été autant tondues, les terrasses aussi blanches !
Moi qui rêvais d'un moment de pause pour tous. De présences discrètes des autres occupés à méditer, lire, prier. Et à se remettre en question...
Ce confinement ne modifie pas vraiment les habitudes ; il aurait même tendance à conforter chacun d'entre nous dans ses modes de fonctionnement. Les m'as-tu-vu se produisent sur leurs balcons ou se répandent en annonces, conseils (plus ou moins judicieux) sur les réseaux sociaux. Les humbles s'occupent des courses des personnes isolées, sans le faire savoir. Il y a des commerçants dévoués qui fournissent tout ce dont nous avons besoin pour survivre, des soignants et aidants magnifiques, et parallèlement des irresponsables dont le comportement ne fait pas honneur aux humains que nous sommes.
Et il y a mes écureuils qui ne se doutent de rien, et que je vous montre cette fois-ci en vidéo. Ils sont moins présents ces derniers jours, penchés sans doute au-dessus du berceau de leurs petits.
Ce confinement ne modifie pas vraiment les habitudes ; il aurait même tendance à conforter chacun d'entre nous dans ses modes de fonctionnement. Les m'as-tu-vu se produisent sur leurs balcons ou se répandent en annonces, conseils (plus ou moins judicieux) sur les réseaux sociaux. Les humbles s'occupent des courses des personnes isolées, sans le faire savoir. Il y a des commerçants dévoués qui fournissent tout ce dont nous avons besoin pour survivre, des soignants et aidants magnifiques, et parallèlement des irresponsables dont le comportement ne fait pas honneur aux humains que nous sommes.
Et il y a mes écureuils qui ne se doutent de rien, et que je vous montre cette fois-ci en vidéo. Ils sont moins présents ces derniers jours, penchés sans doute au-dessus du berceau de leurs petits.
Accompagnée par les merles virtuoses, je sillonne dans les allées sans faire de bruit et je rêve à toute cette éclosion de vie au creux des arbres ou dans des nids cachés, bien à l'abri des hommes.
Ce sont mes prières du soir, ces pas dans un cloître cistercien imaginaire à l'heure où sonne l’angélus au clocher du village. Ad libitum...