Cette fin d'automne ne semble pas encore annoncer l'heure hivernale. Même les fleurs en perdent leur latin. Sur un lit de feuilles mortes, elles exhibent des corolles aux teintes printanières.
Peut-être que cette année, comme nous, la nature voudrait sauter les épreuves d'un hiver pandémique...
J'ai décoré la maison, brodé quelques cadeaux, sorti ma collection d'emporte-pièces pour découper la pâte de mes traditionnels bredele...
Je me force à croire au père Noël comme lorsque petite, je relisais inlassablement mon livre préféré en attendant le soir du 24.
Féérie imaginaire du monde de l'enfance bien loin de mes préoccupations d'aujourd'hui. Qu'importe ! Je goûte désormais à d'autres émerveillements, plus à ma portée.
Le spectacle habituel des mésanges, toujours aussi gourmandes de festins lipidiques.
Celui plus curieux des merles économes creusant des pommes et laissant après leur picorage, une épluchure fine comme une dentelle.
Celui toujours renouvelé des écureuils venant chercher leur ration de noix. J'ai l'impression qu'en cette saison, leur fourrure est plus sombre que d'habitude, la queue très foncée.
En voici un qui me surveille depuis le bois, pour voir si la voie est libre...
En voilà deux qui se pourchassent, le plus assidu au distributeur de noix n'ayant pas apprécié d'avoir un concurrent. Ensuite, il faut aussi échapper à la pie qui essaie de leur voler la noix qu'ils ont coincée dans leur bouche. C'est dur la vie d'écureuils !
Dans les veillées d'autrefois, on racontait que la nuit de Noël, les animaux avaient le don de la parole et le pouvoir magique de prédire l'avenir. En particulier les animaux de l'étable, comme l'âne et le bœuf. Il ne fallait surtout pas les écouter, cela portait malheur.
Personnellement, je n'ai aucune envie d'assister à un légendaire dialogue de bêtes à l'heure de la messe de minuit ! Je préfère leur pantomime ordinaire qui cache déjà bien assez de mystère...



