Jean-Claude en août 2003, à la recherche de quelques traces du passé...
Ma harpe est toute désaccordée depuis que j'ai appris que tu nous avais quitté, très cher Jean-Claude. Je suis triste pour tes enfants orphelins dont tu t'es toujours occupé avec un dévouement paternel sans relâche. Tu n'avais pas hésité à prendre un congé parental pour t'en occuper, chose plutôt rare à l'époque. Et c'était compliqué car ils avaient chacun des allergies différentes. Tu avais l'art d'adapter les menus de chacun sans aucune difficulté. On aurait dit Woody Allen passé maître queux ! J'étais fascinée et admirative.
Tu as été un papa exemplaire à la mort accidentelle de leur maman. Ils étaient si jeunes et fragiles encore. Tu les as accompagnés et tous trois sont devenus de belles personnes qui te ressemblent tout en ayant leur propre personnalité. Tu vivras toujours éternellement en eux.
Sous tes airs d'archéologue plein de fantaisie, de touche à tout un peu brouillon, tu avais mine de rien, une sacrée organisation, comme dans la gestion de la grande maison de Westhoffen que je m'amusais à nommer ton Haut-Koenigsbourg en référence aux expertises du mobilier archéologique de ce château qui t'avaient été confiées quand je t'ai connu.
Né sous le signe des Gémeaux, tu étais souvent double et plein de contradictions attachantes. Tu avais l'humour des pudiques et des humbles. Une connaissance intuitive des choses née de leur observation sur le terrain car tu savais regarder, écouter, comprendre. Et aimer les autres sincèrement, les mettre à l'aise, sans jamais te méfier de personne.
Ces dernières années, la maladie a pris une place toujours plus grande dans ton quotidien. Tu as du t'adapter, renoncer à beaucoup de ce qui faisait ta vie. Hermétique aux nouvelles technologies de communication, tu t'es beaucoup isolé trouvant du réconfort au milieu de tes vieux vinyles et de tes bandes dessinées de jeunesse.Tu t'es battu avec courage lors de séjours de plus en plus fréquents et longs à l'hôpital, sans t'apitoyer sur ton sort. Toi l'infatigable bavard, tu ne pouvais plus tenir une conversation au téléphone. Tu avais du mal à respirer... et ton dernier souffle s'est envolé ce samedi 7 mars.
Ton amour d'homme si humain restera une lumière pour nous tous. Il est plus fort que la mort.
Je vais accorder mon instrument de musique et en ce jour de tes obsèques, jouer une douce mélodie qui montera jusqu'à toi. Fais là redescendre sur tous ceux présents à tes funérailles, particulièrement sur Alix, Valerian et Erwin. Pour les apaiser, les consoler et leur signifier que tu es désormais en paix...
Ensuite j'écouterai Cath Stevens que tu aimais tant et le titre que tes enfants ont choisi, comme une évidence, pour t'accompagner.
















