Il y a presque un mois déjà, à l'heure où les oisillons quittent leur nid, une mésange charbonnière bébé restait dans l'allée qui mène à notre maison. Elle sautillait parfois, essayait de voler en agitant ses ailes, sans succès. Etait-elle tombée du nid avant maturité, poussée par les autres ? Avait-elle été imprudente, impatiente ? Elle me faisait surtout pitié, perdue, seule au monde. Attendrissante avec ses plumettes décoiffées sur la tête qui la faisaient ressembler à un chef Sioux.
J'ai évité de l'approcher de trop près, au cas où sa mère viendrait la nourrir ou la guider mais personne ne semblait se soucier d'elle. Elle ne pépiait pas non plus pour demander de l'aide. J'ai déposé une coupelle d'eau à côté d'elle, bien impuissante à la secourir.
Quelques heures après, elle était à l'autre bout du jardin. Elle ne maîtrisait pas encore le vol mais se débrouillait drôlement bien à la course à pattes. A t-elle réussi à s'élever dans le ciel ? En tout cas, je ne l'ai pas retrouvé le lendemain matin.
J'espère surtout que cette petite mésange n'a pas servi de repas nocturne à quelque chat ou rapace. Et si c'est le cas, tel était son pauvre destin d'oisillon malhabile.
Quelques temps avant, mon amie Eve m'avait envoyé cette précieuse photo d'une couvée de mésanges dont les œufs avaient été découverts par ses petits enfants, le dimanche de Pâques : neufs mésanges (sur un total de 10 œufs), envolées du côté de Saint-Quentin ! C'est un peu loin pour former une famille nouvelle avec ma petite égarée, dommage...
Ces naissances sont d'autant plus précieuses, que les mésanges sont frappées par une maladie, particulièrement en Allemagne. En Alsace, mes parents n'en voient plus dans leur jardin.
Il faut éviter qu'elles se rassemblent, pour limiter la propagation du virus respiratoire qui les touche. Faudra-t-il renoncer à les nourrir cet hiver pour les sauver ?
Décidément, le monde marche un peu à l'envers en ce moment !











