C'est un moment un peu particulier, sur le chemin du retour des vacances, à la fin de l'été. Aucune envie de rentrer retrouver l'agitation de la grande ville. Alors nous prenons notre temps. Nous jouons aux touristes dans une ville que nous traversons très souvent et que nous croyons connaître par coeur : Châtillon-sur-Seine. La sècheresse a vidé le lit de la Seine et donne un côté champêtre à cette bourgade.
Nous empruntons des ruelles étroites qui serpentent entre des maisons très anciennes et des escaliers pentus qui montent, montent... Arrivés en haut, l'église Saint Vorles nous livre ses trésors juste avant que ne sonne l'angelus.
Nous explorons le cimetière d'à côté qui occupe depuis le 19e siècle les ruines de l'ancien château fort des ducs de Bourgogne.
C'est comme si la ville nous livrait la mémoire nécrologique de ses habitants, illustres ou modestes.
Il y a cette femme, dont la chapelle funéraire est couverte de couronnes en perles, toutes différentes.
Ce maire de la commune de Maisey, vice président du comice agricole de l'arrondissement dont l'activité professionnelle est célébrée sur un magnifique bas-relief en marbre d'un blanc immaculé.
Et soudain, alors que je suis impressionnée par la grandiose chapelle funéraire de la famille Boucheret, un petit détail m'émeut.
Un oiseau a choisi de faire son nid en prenant appui sur l'aile d'un des anges qui garde l'entrée du monument. La poésie du hasard *.
J'imagine la naissance des oisillons, plumes vivantes et plumes de pierre mêlées. La vie plus forte que la mort...
* Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito (Albert Einstein).