jeudi 21 juin 2018

Encore un beau jardin en Somme



Si vous décidez de venir visiter ce lieu plein de poésie, peut-être trouverez-vous, comme nous, la maison vide avec des instructions sur le pas de la porte : 
"Nous sommes au jardin, pour visiter merci de mettre votre contribution dans une de ces enveloppes".
Car Lidwine et Bruno Goisque n'ont pas assez de leurs journées pour entretenir le magnifique jardin floral et potager qu'ils ont créé depuis 1987 autour d'une ferme modèle Napoléon III...
 
 et de son château. 
 
 Ce sont des passionnés heureux de la vie qu'ils ont choisi de vivre là, vie de labeur pour célébrer la beauté de la nature. 
"C'est elle qui fait tout, il faut juste lui donner un petit coup de pouce", nous a confié Bruno avant de reprendre la tonte de la pelouse.
Lidwine, elle, nous a fait visiter la loggia de leur belle demeure puis est retournée s'occuper du potager à la française, comme une petite abeille modeste et courageuse.

 

De très belles personnes, à l'image de leurs jardins.
Allez jeter un œil sur leur site riche en photographies qui vous donnera peut-être envie de louer un chambre d'hôte et d'aller à leur rencontre.
 

mercredi 13 juin 2018

Nouveaux habitants

La maison rue Jeanne d'Arc est presque vide désormais. Les derniers meubles vont quitter les lieux à la fin du mois et nous avons signé une promesse de vente... Si tout va bien, la maison devrait appartenir à un jeune couple à la rentrée.

Alors que la maison est désertée, le jardin n'a jamais été aussi beau, épanoui.

Déjà en avril, pour la première fois, j'avais réussi à faire pousser des tulipes dans notre cour à partir de bulbes données par ma mère en automne, lors de mon passage en Alsace.

Le seringa qui n'avait fait que trois fleurs l'an passé, était foisonnant de pétales à notre départ. Les nombreux orages ont eu raison de sa belle robe de mariée vite fanée. 

 
Seul le chèvrefeuille continue à embaumer les jours de juin.

 
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que comme il y a deux ans, des merles ont fait leur nid dans le seringa ? Et même deux nids : ils avaient sans doute mal évalué la taille du berceau et ont du recommencer leur besogne ! 

 
Je laisse la merlette couver en paix et suis bien heureuse de ces nouveaux habitants inattendus dans le jardin. Pourvu qu'il y ait plein de petits Piwies pour que je puisse un peu profiter de leur pépiement quand je viendrai m'occuper des plantes...

lundi 11 juin 2018

Où l'on reparle du myélome

Je sais que beaucoup d'entre vous se posent des questions sur ma santé dont je n'ai pas parlé ces derniers temps prise par le tourbillon de mon changement de lieu de vie... Et comme le dit si bien Alexandre Jollien à propos de son handicap, il n'y a pas deux minutes où il l'appréhende de la même façon. Tout dépend des circonstances, de l'humeur et des ressources du moment. Il en est de même avec la maladie.

Il y a des jours où j'oublie que je n'en ai pas fini avec le myélome. J'en suis pourtant à ma sixième cure de Velcade associé à de la cortisone, en plus de ma dose quotidienne de Venetoclax, thérapies qui pour l'instant ont stoppé l'hyperviscosité qui menaçait ma vie en janvier. Je vais deux fois par semaine en hôpital de jour pour faire une injection, vois un médecin hématologue toutes les trois semaines, contrôle mon sang une fois par semaine. Et malgré ce programme hebdomadaire bien chargé médicalement, malgré quelques effets secondaires inévitables, j'oublie parfois que tout n'est pas fini, loin de là, et que je suis dans l'attente d'un autre traitement. Oui mais lequel ?

Ni la moelle osseuse de mon frère, ni celle de ma sœur ne sont compatibles avec la mienne : la piste de l'allo-greffe ne sera possible qu'avec un donneur anonyme qui a été sélectionné dans le fichier national.

Mais les médecins hésitent, cherchent encore une autre piste car l'allo-greffe n'est guère très efficace pour les malades atteints d'un myélome et dans mon cas, c'est juste une solution dans l'attente d'autres traitements quand la thérapie ciblée n'agira plus... ce qui est un risque auquel les médecins s'attendent tôt ou tard.

Rebondissement le mois dernier, les hématologues qui me suivent, me présentent la thérapie par lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique (CAR-T, d’après son acronyme anglais) qui est une immunothérapie qui utilise les cellules immunitaires du patient (lymphocytes T) pour reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses. Cette thérapie n'est proposée en France que dans trois CHU, dont celui de Lille. Ce n'est pas si loin mais je me sens tellement en famille dans le service d'Amiens que c'est un peu la panique. C'est surtout l'idée d'être si loin de Jean-Michel et Madeleine qui m'est difficile. Être à 5 minutes en voiture de l'hôpital d'Amiens et devoir faire 1h 30 de trajet pour aller à Lille... Toute cette fatigue en plus de la maladie, des traitements. 

Pour l'instant, rien n'est décidé. Mon dossier est parti à Lille et je ne suis pas encore certaine d'être acceptée dans ce protocole.
J'aimerais savoir à quoi m'attendre pour pouvoir bien me préparer et nous organiser.

Quelle décision prendre si j'ai le choix ? J'ai très peur des effets secondaires de cette méthode, particulièrement des troubles neurologiques alors que je sais que l'allo-greffe n'est pas exempte d'effets secondaires lourds également.

Parfois j'angoisse. Parfois je fais confiance.

Il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre.

Encore des moments durs à vivre, je le sais, nous le savons. Si seulement, j'avais la certitude d'une réussite possible, au bout du chemin... J'ai si souvent eu la foi, je suis si souvent tombée. Et si, cette fois-ci, c'était différent ?

dimanche 3 juin 2018

La vie de château... ou presque

 
Du 12 au 23 avril 2018, en plein préparatifs du déménagement, pause de quelques jours au château de Courcelles-sous-Moyencourt

Une destination de rêve à une vingtaine de kilomètres d'Amiens, trouvée un peu par hasard par Jean-Michel qui avait une recherche à faire dans les archives concernant Maxime de Gomer, propriétaire du château au 19e siècle et créateur de l'arboretum.

 
  Depuis notre gîte, la maison de l'horloge, nous pouvions à tout moment : 
  • admirer l'élégant château du 18e siècle

  •  ses magnifiques communs, comme l'impressionnant colombier
 
  •  caresser quelques lamas
  • partir explorer le parc de 20 ha
 De la nature, des animaux, du patrimoine, tout ce que j'aime ! 

 J'ai même eu la chance de voir s'enfuir une biche dans un paysage qui ressemblait à celui-ci. Un instant qui n'a pas besoin de photographie pour rester gravé dans ma mémoire...


 

Le temps soudainement estival a fait éclore les premiers rhododendrons dont l'arboretum conserve une très grande collection. Le seul en fleurs à notre arrivée était celui-ci.

 
 Puis d'autres ont commencé à s'ouvrir chaque jour un peu plus.

 

Une impression étrange est créée par le regroupement d'arbres immenses ou peu communs dans la région : séquoias, cèdres, cyprès, ifs, araucarias.

 

Mais plus on s'éloigne, plus le parc ressemble à un bois ordinaire.


  

Les espèces rares et précieuses de l'arboretum sont plutôt situées vers le château et jusqu'à la grotte artificielle, il me semble. 

 

Ce lieu extraordinaire a encore bien des secrets pour moi qui aimerais tant savoir nommer les plantes, les arbres que je rencontre. Durant notre séjour, un spécialiste était en train d'inventorier les espèces plantées là par un passionné comme savait en faire naître le 19e siècle. Une très belle initiative de sauvegarde et connaissance de ce patrimoine naturel fragile.

lundi 28 mai 2018

Parc Delpech # 1

 
 J'aime me dire que j'habite dans un parc, plutôt que dans une résidence. Pas encore habituée aux résonances du placo et des parquets flottants stratifiés, ni aux répercutions des ondes de choc du béton armé des années 70 (une grande déception à notre arrivée), je préfère me réfugier dans la nature. Même si ce parc a été créé sur une butte artificielle, il est un espace naturel.
 
j'y rencontre déjà mes voisins préférés : merles, pies, rouge-gorges, chats, écureuils et lapins...

Situé au sud d'Amiens, le parc réunit 29 villas et 8 immeubles de logements collectifs dans une opération dont Bernard Bougeault est l'architecte en chef. La première villa date de 1967 (l'année de ma naissance !), la dernière de 1974. Chaque villa est différente mais avec une gamme de matériaux unifiée : couvertures en cuivre à faible pente, maçonnerie de briques peintes en blanc. 


Réalisés en trois tranches (de 1972 à 1977), huit immeubles s'ajoutent aux villas du Parc Delpech. Au coeur du parc, entre les rues Jean-Froissart et Philippe de Commynes, Bougeault installe des logements collectifs de cinq étages qui semblent prendre place librement dans leur écrin de verdure. Bouleaux, thuyas, érables, cerisiers, tilleuls et pins occupent cet espace boisé entre lesquels serpentent des sentiers.

 Les immeubles se devinent derrière les arbres en un subtil jeu de cache-cache. Le parc est tout petit mais les points de vue changeants ne le rendent pas monotone. On peut monter sur la butte, la contourner, revenir sur ses pas. Les sentiers, peu marqués, n'imposent aucun chemin de prédilection.
 
 
 
 
 
 
 À l’origine, plus de 200 arbres et plus de 2000 arbustes ont été plantés, dont deux tiers d'espèces à fleurs. Le tout forme un paysage étrange à l’esprit un peu canadien avec ces arbres venus des terres nordiques. 
Voici, en ce moment, les fleurs odorantes qui parfument ce nouvel environnement que je commence seulement à explorer et dont je n'ai pas encore fini de parler...


Télécharger l'étude du lotissement (PDF) sur le site de la Maison de l'architecture

lundi 14 mai 2018

Nouvelle adresse



Un déménagement... c'est un sérieux chamboulement ! 
Surtout après avoir entassé sans s'en rendre compte, des strates d'objets superflus, durant des années. Si certains rappellent d'heureux souvenirs, d'autres sont pesants et il faut avoir le courage de s'en séparer pour s'alléger, se libérer du passé et faire place au présent et à l'avenir. Surtout quand ces objets concernent un héritage familial que l'on n'a pas vraiment choisi.

Je me suis posée la question sur ce que je voulais ou non transmettre à ma fille afin qu'elle ne se sente pas obligée de garder trop de souvenirs d'ancêtres lointains, de livres qu'elle ne lira pas et de vaisselle démodée et peu pratique. Les jeunes ont maintenant un autre rapport au monde et c'est tant mieux.

Au risque de choquer les âmes conservatrices, je n'ai gardé qu'un échantillon :

  • de mon journal
Pour être plus précise, j'ai recopié dans un fichier informatique, les passages qui m'intéressaient et offert à Madeleine pour ses 22 ans, une sélection de textes éclairant sa petite enfance... 


  • de mes broderies
Sorties des cadres, les plus belles sont dans une boîte, les autres sont allées aux vieux chiffons. Sans regrets, puisque j'en ai la mémoire sur mon blog.

  • de  mes courriers reçus
Je n'ai gardé que ceux dont la lecture me touchait encore...
  • de photos
Nous avions gardé beaucoup de photos (un peu moins belles) en plus de nos albums photos déjà nombreux. 
  • de vaisselles
Nous ne recevons jamais de grandes tablées alors à quoi bon garder autant de verres en cristal et d'argenterie, éléments de trousseau offerts par mon parrain ou ma marraine à chaque fête, de ma naissance à ma profession de foi. 

Et malgré ce tri, nos archives personnelles occupent encore une sérieuse place dans notre appartement. Quant à la vaisselle, nous en avons, je pense, encore beaucoup trop. Ah qu'il est difficile d'aboutir à un certain dépouillement dans nos vies d'occidentaux !



Un déménagement, c'est aussi redistribuer dans un autre espace, meubles et objets, et les redécouvrir sous un autre jour, différent. Repenser ses rangements, décorer plus sobrement, s'adapter à un nouveau lieu, une nouvelle adresse.

En français, le mot adresse a plusieurs sens :

  • Habilité dans les mouvements et les gestes
  • Finesse d'esprit, capacité à obtenir des résultats.
  • Indication du domicile de quelqu'un
  • Indication d'emplacement d'une information, dans une mémoire qui permet d'y accéder (informatique).

J'espère alors dans cet appartement, circuler avec aisance, réfléchir de manière constructive et retrouver facilement toutes les nouvelles informations nécessaires pour y vivre !

dimanche 29 avril 2018

Méditer dans les livres


 La méditation est à la mode et je ne me suis guère privée ces dernières années d'acquérir des ouvrages sur le sujet, plus que de raison. Les conservant au cas j'aurais besoin de retrouver un idée particulière. Et en achetant toujours de nouveaux... au lieu de me mettre à la pratique. Comme le dit si bien Alexandre Jollien, dans Vivre sans pourquoi :
Il me serait plus aisé de composer sur le champ un traité du repos que de m’étendre 5 minutes à ne rien faire !
 

 Déménagement oblige, j'ai décidé de me séparer d'un certain nombre pour ne garder que quelques essentiels et j'ai recopié, un peu au hasard, certains passages par ci par là...

Ne baser pas votre pratique sur ce qu'on vous raconte ou  sur vos seules lectures. N'apprenez pas par coeur, vérifier par vous-même. N'hésitez pas à remettre en cause ce qui vous a été enseigné, non dans une attitude rebelle mais dans la noble intention de tester le bien fondé de ce que vous apprenez. C'est par l'expérience physique, plus que par le savoir, que la mémoire du corps s'instruit. Que votre engagement dans la pratique soit le fruit de votre seule expérience personnelle !

Méditer, c'est se soigner, Dr Frédéric Rosenfeld

Tout comme une paire de chaussures nous évite de nous blesser l'orteil, la pleine conscience, si elle est appliquée au point de contact avec tout ce qui apparaît dans le mental ou dans le corps, ou avec tout évènement nous concernant, qu'il soit menaçant ou séduisant, peut nous épargner, à nous-mêmes et aux autres, beaucoup de souffrance.
 Méditer, 108 leçons de pleine conscience,
 Jon Kabat-Zinn

Ce n'est pas en fuyant la souffrance qu'on y met fin. En la comprenant, en l'acceptant, on cesse de s'opposer à elle et on se donne une chance de l'éliminer pour soi-même et pour tous les êtres. La souffrance acceptée ne fait plus souffrir. Elle devient une puissance qui transforme.
La méditation m'a sauvé, Plakyab Rinpoché

A notre anniversaire, on nous souhaite "Bon anniversaire" alors qu'en réalité le jour de notre naissance fut aussi celui de la naissance de notre souffrance. Et pourtant personne ne va nous souhaiter : "Joyeux anniversaire, tous nos voeux de souffrance les plus sincères !"
L'art du bonheur, Sa Sainteté le Dalaï Lama

Si l'on commence tout simplement par aider régulièrement les autres, même sans se sentir particulièrement gentil ou attentif, au fur et à mesure, que l'on développera d'authentiques sentiments compassionnels, on constatera une transformation intérieure.

L'art du bonheur, Sa Sainteté le Dalaï Lama

Il est important d'apprendre à assumer sa singularité, non pas à y renoncer - que ce soit au nom d'un ordre moral, social ou spirituel. Vivre implique de prendre le risque d'être ce que nous sommes. La méditation nous y aide quand elle est une aventure, nous conduit à faire de nouvelles découvertes et rencontrer de nouveaux paysages.
Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal

Lorsqu'on essaie de calmer l'esprit, on a l'impression d'avoir davantage de pensées qu'auparavant. En vérité, ce n'est pas tant que leur nombre a soudainement augmenté, c'est que l'on prend tout à coup conscience de leur foisonnement. Nous avons mentionné qu'il n'est ni possible ni désirable de bloquer les pensées. Il est important, en revanche, d'en maîtriser le processus si l'on veut éliminer les  causes de la souffrance et permettre l'épanouissement du bonheur authentique.
L'art de la méditation, Mathieu Ricard 

Essayer d'être conscient en marchant, où que vous alliez. Ralentissez un peu. Centrez-vous dans votre corps et dans le moment présent. Appréciez le fait que vous êtes capables de marcher, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Percevez l'étendue de ce miracle et ne prenez pas pour argent comptant le fait que votre corps fonctionne si harmonieusement. Sachez que vous déambulez, droit sur la face de la Terre nourricière. Marchez avec dignité et confiance. Comme  disent les Navajos, marchez en beauté, où que vous soyez.

Où tu vas, tu es, Jon Kabat-Zinn

Comme cela fait du bien finalement de se libérer des livres et de repartir un peu plus légère. La prochaine fois, je ferai attention avant de me laisser tenter par toutes ces publications qui inondent un peu trop les librairies, je trouve. Et j'irai marcher en beauté...

dimanche 15 avril 2018

Rue Jeanne d'Arc


Depuis juillet 2000, nous habitons dans une amiénoise, bâtie vers 1893. 
Lors d'un séjour touristique, j'avais déjà été charmée par ces enfilades de maisons mitoyennes en brique, répétitives et pourtant individualisées, ces quartiers presqu'entièrement préservés depuis le 19e siècle, non loin du cirque Jules Verne.

 Les maisons côté pair, après 1905 (vue depuis notre 1er étage)

En 1999, nous avions décidé de venir travailler à Amiens car la vie nous y semblait agréable, les possibilités d'acquérir une maison plus facile financièrement qu'à Strasbourg.
Après deux-trois visites décevantes d’amiénoises petites, sans âme, j'étais rentrée dans une maison qui s’offrait comme par magie. Coup de foudre pour un lieu, malgré les inconvénients (la salle de bains derrière la cuisine, notamment). Escalier époustouflant.

Jean-Michel, lui aussi, était ravi. Était-ce parce que les pièces murmuraient Mallarmé et que le maître des lieux, personnage énigmatique à la Philippe Noiret, peu à peu dévoilait cette maison qu’il aimait encore ?
Nous avons décidé de vivre ici et sommes devenus amis avec les anciens propriétaires : Ivar Ch'Vavar, poète picard, et sa femme Dominique, prof de russe et danseuse. J’aime profondément ces gens atypiques, exigeants, sensibles. 
J'ai même brodé un des poèmes de Pierre, en langue picarde... pour cacher le compteur électrique dans l'entrée, publié sur mon autre blog

  Puis le temps a passé, ma broderie dans l'entrée aussi... Les habitants d'à côté sont devenus moins respectueux alors que l'isolation n'est guère performante entre ces maisons et que tout résonne d'une cour à l'autre. Des voisins sympathiques sont partis et de nouveaux, plus distants, se sont lancés dans des travaux interminables. Fini le calme ! 
Et ces alignements de murs de briques précédées par des files interminables de voitures stationnées ont commencés à m'oppresser moi qui ne rêvais que d'arbres et de nature après mes séjours en chambre stérile. C'est grâce à ma toute petite cour arborée que j'ai tenu le coup bien souvent. Paradis des oiseaux que j'aime tant.




L'école Saint-Martin dont nous avions apprécié la proximité pour notre fille Madeleine, a commencé à être de plus en plus une source de nuisances sonores (dont la liste serait longue), la dernière en date étant une sonnerie de type téléphone portable à la place de l'ancienne cloche. Soit disant plus zen mais tellement plus forte... 


Et surtout, il aurait fallu faire nous aussi des travaux que nous n'avions jamais eu le courage d'entreprendre nous qui ne sommes guère de grands bricoleurs et avons souvent été déçus par les artisans d'ici. Impossible de refaire la cuisine sans vivre ailleurs. Trop compliqué avec ma maladie et en l'absence de famille pour nous héberger.

Depuis quelques années déjà, nous mûrissions l'idée de revendre la maison mais cela est devenu une évidence à mon retour de l'hôpital. Besoin d'un environnement plus calme et moins minéral, d'un espace de vie plus pratique et confortable. L'idéal aurait été un appartement avec terrasse dans un cadre verdoyant comme il s'en construit beaucoup à Amiens mais que nous ne pouvons prétendre louer à  cause de la loi Pinel qui plafonne les revenus des locataires de ces logements.
Nous commençions à désespérer jusqu'au jour où nous avons été guidés vers notre futur lieu à vivre que je vous présenterai bientôt. Patience.

L'heure est au tri et aux cartons. Pas facile en même temps que le lourd traitement que je dois supporter et qui, en ce moment, se solde par beaucoup de trous de mémoire. 
Même si c'est difficile, je sais qu'après mon allo-greffe, un déménagement aurait été impossible. Alors malgré la fatigue, le stress, tous les deux, aidés par notre fidèle Madeleine, nous nous sentons portés par ce projet de vie.

Déménagement programmé le 3 mai 2018.