mardi 19 janvier 2021

Sous de bons augures

Dès début janvier, j'ai entamé ma 2e année de traitement et ma 12e cure. Même si cette thérapie est efficace, j'étais peu motivée à l'idée de me rendre à l'hôpital, le jour de la galette des Rois. Mais cette hospitalisation a été une succession de bonnes surprises et de belles rencontres. Il a suffit de quelques ingrédients différents pour rendre la recette plus digeste. 

Pour la première fois depuis longtemps, j'ai eu une voisine de chambre avec qui je me suis tout de suite sentie à l'aise, respectée. Des conversations enrichissantes, des moments de calme et pas de télé allumée. N. qui avait 5 ans de plus que moi, préférait visionner des séries sur sa tablette, ou bien lire pendant que j'écoutais France Musique en brodant, chacune avec nos oreillettes. Et extinction des feux d'un commun accord vers 21 h.

Elle a été heureuse de partager sa chambre avec une vétérante de la maladie, elle qui débutait son circuit de patiente en hématologie. J'ai été frappée par son courage, sa maturité peu de temps après la découverte de son lymphome. Sa patience aussi à attendre des examens pas drôles pour approfondir le diagnostic de son infection pulmonaire.

Nous nous sommes données beaucoup de force mutuellement. A mon départ, elle est tombée sur des voisines sachant s'occuper sereinement et me voilà rassurée : il est possible de partager une chambre en bonne entente et sans télévision ! 

Il est possible d'être vivante, joyeuse, même dans une chambre d'hôpital. 

Et de s'émouvoir aussi...

Comme lorsque docteur B. a eu la délicatesse de venir m'annoncer son départ et son changement de spécialité médicale. Elle avait tenu à me le dire elle-même et j'ai été touchée par cette marque d'attention à mon égard. Je dois énormément à cette hématologue pas comme les autres, portée par les énergies du ciel et de la terre et je garde ses enseignements dans mon coeur, comme un trésor.

De se divertir...

Avec monsieur D., qui supporte le même traitement que moi depuis un peu plus longtemps. Un personnage qui même lorsqu'il peste, distille une sorte de bonne humeur. J'aime quand il est là en même temps que moi, on se rend des petites visites devant nos chambres. On se soutient en comparant le niveau de progression de nos chimios sur les pompes. 

De s'étonner enfin...

Comme lorsqu'une musaraigne est venue se réfugier dans notre chambre, se dirigeant directement vers moi qui sortait de la salle de bains. J'ai réussi à la guider dans le couloir vers la sortie de secours ou un aide-soignant l'a relâchée. 


Même à l'hôpital, j'attire les animaux !!! A quand des écureuils ?

Les journées passent vite finalement dans le service d'hématologie et grâce à ces séjours, je garde un semblant de vie sociale. C'est appréciable par les temps qui courent.

Je savoure toutefois le retour à une certaine solitude...