J'ai toujours sentie une certaine parenté entre Françoise Hardy et moi.
Adolescente complexée et solitaire, je me passais en boucle sa chanson "Tous les garçons et les filles". Ce n'était pas vraiment un tube de mon époque mais je m'étais achetée ce 45 tours à la pochette rétro.
Son trac de chanter était le même qui me faisait perdre mes moyens quand je devais jouer de la harpe en public. Trous de mémoire, doigts qui jouent des castagnettes et cette impossibilité à canaliser une trop forte émotivité. Ou un trop grand perfectionnisme.
J'aime sa mélancolie, sa lucidité, sa franchise, son auto-dérision, sa fidélité à elle-même.
J'aime le couple original qu'elle formait avec Jacques Dutronc. Cet amour qui perdure malgré bien des souffrances intimes qu'on devine dans ses textes.
J'aime la mère qu'elle est pour son fils Thomas et dans sa relation avec un enfant unique, je me retrouve également. Je suis incapable d'écouter "Tant de belles choses" (la chanson qu'elle lui a écrite pour le consoler de sa disparition possible) sans pleurer, tant cela fait écho à ma propre peur de ne plus être là pour ma fille.
Je me sens proche de sa quête spirituelle.
Je me sens sœur en maladie.
Car elle souffre d'une maladie du sang qui a failli lui coûté la vie... Un lymphome de Malt, cela n'a rien à voir avec un myélome mais je me suis retrouvée dans le très beau livre qu'elle nous a livré pour parler de sa renaissance après un traitement chimiothérapique de dernière chance, aux portes de la mort.
Présentation de l'éditeur
Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, François Hardy signe un grand livre sur une épreuve au cœur de l'humanité, qui nous concerne tous. Un récit captivant impossible à lâcher. C'est un voyage au bout de la nuit et au bout de la vie. Une odyssée intime dans le dédale de la souffrance, de la maladie. Un purgatoire contemporain, quotidien, qui est le propre de la condition humaine.
En mars 2015, Françoise Hardy Hardy a été hospitalisée à la suite de la dégradation de son état de santé dû à un lymphome de Malt. Dans la spirale infernale, elle se fracture la hanche et le coude pendant son hospitalisation. Plongée dans un coma artificiel, elle sera donnée pour condamnée par les médecins. Presque morte. Se produit un miracle grâce à une thérapie de la dernière chance. Dans un combat contre l'ange, la vie reprend le dessus. Une renaissance.
François Hardy a choisi d'écrire sur cette hospitalisation, ce coma artificiel. Elle essaie de revivre consciemment ce qu'elle a vécu inconsciemment. Son récit n'est ni une vallée de larmes ni un chemin de croix. Avec subtilité, humour, elle retrace ce voyage entre vie et mort, rêves, cauchemars et réalité. L'écriture est déliée et élégante.
En lectrice de Stefan Zweig, Françoise Hardy refuse toute pitié dangereuse. Ses proches, ses amis, son fils, son mari sont là, autour d'elle. Et Françoise Hardy va à l'essentiel. Elle exprime son admiration pour les personnels soignants, les valeurs essentielles à ses yeux comme la discrétion, la modestie, le pragmatisme. Les masques tombent. L'hypocrisie, les faux-semblants sont repoussés. Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, François Hardy signe un grand livre sur une épreuve au cœur de l'humanité, qui nous concerne tous. Un récit captivant impossible à lâcher.
Un cadeau du ciel, ce livre, oui, véritablement. Il est souvent dans mon sac les jours où je vais en hôpital de jour.
Mais elle nous a livré un autre trésor magnifique : son dernier album. Elle nous explique comment il a vu le jour, presque malgré elle.
Sa voix n'a jamais été aussi expressive, je trouve. Profonde dans les graves, avec des envolées audacieuses très maîtrisées dans les aigus. Un souffle de vie d'une beauté incroyable.
"Dors mon ange" est la berceuse que je me fredonne les nuits d'insomnie.
Françoise Hardy est une femme qui me guide et m'encourage. Une sorte de fanal sur mon chemin.
Ses initiales FH sont les miennes inversées HF, comme dans un miroir.
Tant de belles choses
Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens...
Même s'il me faut aller plus loin
Couper des ponts, changer de train
L'amour est plus fort que le chagrin...
L'amour qui fait battre nos coeurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore...
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas
Tu as tant de belles choses devant toi...
Même si je veille d'une autre rive
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
Je serai avec toi comme autrefois...
Même si tu pars à la dérive
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois...
Dans l'espace qui lie ciel et terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes
La source blanche dans ton âme
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort...
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort...





