Du béton et des hommes
Faisant partie du projet du parc Delpech, une zone commerciale et une école maternelle portent également la marque de l'architecte Bernard Bougeault et animent un peu le quartier.
Le petit centre commercial abrite encore quelques boutiques, la police municipale et la poste, important lieu de lien social, avec l'école maternelle.
La boulangerie a fermé depuis peu, ainsi qu'une pharmacie transformée en salle de yoga depuis quelques années. L'Intermarché un peu plus loin, est devenu le point de ravitaillement et de rencontre des résidents.
Beaucoup d'entre eux vivent ici depuis l'origine. Certains ont même acheté ces appartements sur plan. Des gens audacieux, curieux d'une architecture nouvelle et toujours fiers d'habiter le parc Delpech.
La plupart ont maintenant autour de 80 ans et se souviennent du temps où les voisins vivaient en parfaite harmonie. Ayant des enfants du même âge qui jouaient ensemble, les parents se côtoyaient facilement, se rendant service dans une ambiance cordiale et feutrée. Non seulement le béton était adouci par une moquette douillette mais la bonne éducation était de mise dans ces résidences de standing.
Suite au départ de certains "anciens", une population plus hétéroclite loge désormais dans ces immeubles. L'harmonie n'est plus aussi parfaite qu'autrefois. Des rénovations intérieures ont modifié l'équilibre acoustique des appartements tandis que d'autres façons de vivre, plus individualistes, perturbent les relations humaines. Des appartements vides ne trouvent plus d'acquéreurs.
Le parc semble ne plus intéresser les promeneurs. Je ne m'en plains pas car cela me permet quelques rêveries en solitaire. Et même de pratiquer le qi gong en me cachant un peu. Mais je trouve cela triste pour le jardinier qui entretient arbres et végétaux, avec beaucoup d'amour, depuis 27 ans.
Il m'a révélé que ce n'était pas le cas avant mais que beaucoup de personnes âgées ne peuvent plus marcher dans le parc qui est assez vallonné et dont le sol herbeux est trop accidenté. Certaines font encore un petit tour, le long des rues goudronnées, ou se contentent du spectacle de la nature depuis leurs fenêtres.
Heureusement que certains habitants du quartier ont encore des chiens à sortir ! Et que des enfants jouent encore parfois, sur la butte.
Pour ma part, je trouve si agréable de marcher sur l'herbe tendre (si rare en ville), d'humer les odeurs différentes selon les saisons, juste en franchissant la porte de mon immeuble.
Regardez ce magnifique tapis de feuilles après une nuit de vent. Ce mélange insolite et aléatoire.
La nature sera toujours pour moi un émerveillement. Une respiration nécessaire. Vitale. Et qui me console de n'avoir pas trouvé en ces lieux, autant de convivialité que je le souhaitais.
A part mes charmants propriétaires et quelques voisins courtois, je ne regretterai pas grand-monde, le jour où je quitterai le parc Delpech.
Et surtout pas le petit schtroumpf de trois ans et demi qui danse un flamenco endiablé au troisième étage...






























