samedi 15 décembre 2018

Parc Delpech # 6

Du béton et des hommes


Faisant partie du projet du parc Delpech, une zone commerciale et une école maternelle portent également la marque de l'architecte Bernard Bougeault et animent un peu le quartier.

Le petit centre commercial abrite encore quelques boutiques, la police municipale et la poste, important lieu de lien social, avec l'école maternelle.

 

La boulangerie a fermé depuis peu, ainsi qu'une pharmacie transformée en salle de yoga depuis quelques années. L'Intermarché un peu plus loin, est devenu le point de ravitaillement et de rencontre des résidents.

Beaucoup d'entre eux vivent ici depuis l'origine. Certains ont même acheté ces appartements sur plan. Des gens audacieux, curieux d'une architecture nouvelle et toujours fiers d'habiter le parc Delpech. 

La plupart ont maintenant autour de 80 ans et se souviennent du temps où les voisins vivaient en parfaite harmonie. Ayant des enfants du même âge qui jouaient ensemble, les parents se côtoyaient facilement, se rendant service dans une ambiance cordiale et feutrée. Non seulement le béton était adouci par une moquette douillette mais la bonne éducation était de mise dans ces résidences de standing.

Suite au départ de certains "anciens", une population plus hétéroclite loge désormais dans ces immeubles. L'harmonie n'est plus aussi parfaite qu'autrefois. Des rénovations intérieures ont modifié l'équilibre acoustique des appartements tandis que d'autres façons de vivre, plus individualistes, perturbent les relations humaines. Des appartements vides ne trouvent plus d'acquéreurs.


Le parc semble ne plus intéresser les promeneurs. Je ne m'en plains pas car cela me permet quelques rêveries en solitaire. Et même de pratiquer le qi gong en me cachant un peu. Mais je trouve cela triste pour le jardinier qui entretient arbres et végétaux, avec beaucoup d'amour, depuis 27 ans.

 

Il m'a révélé que ce n'était pas le cas avant mais que beaucoup de personnes âgées ne peuvent plus marcher dans le parc qui est assez vallonné et dont le sol herbeux est trop accidenté. Certaines font encore un petit tour, le long des rues goudronnées, ou se contentent du spectacle de la nature depuis leurs fenêtres.


Heureusement que certains habitants du quartier ont encore des chiens à sortir ! Et que des enfants jouent encore parfois, sur la butte. 

Pour ma part, je trouve si agréable de marcher sur l'herbe tendre (si rare en ville), d'humer les odeurs différentes selon les saisons, juste en franchissant la porte de mon immeuble.

Regardez ce magnifique tapis de feuilles après une nuit de vent. Ce mélange insolite et aléatoire.




La nature sera toujours pour moi un émerveillement. Une respiration nécessaire. Vitale. Et qui me console de n'avoir pas trouvé en ces lieux, autant de convivialité que je le souhaitais.

A part mes charmants propriétaires et quelques voisins courtois, je ne regretterai pas grand-monde, le jour où je quitterai le parc Delpech.

Et surtout pas le petit schtroumpf de trois ans et demi qui danse un flamenco endiablé au troisième étage...

lundi 26 novembre 2018

Parc Delpech # 5

Focus sur les matériaux



Les 29 maisons du parc Delpech déclinent des modèles différents mais selon des partis pris assez similaires, certains modernistes, d'autres plus traditionnels. Toutes sont en briques, la plupart peintes en blanc, sous un toit de cuivre. L'harmonie est produite par cette gamme de matériaux unifiés, fixée par le cahier des charges. 

 

Les détails sont soignés. Chaque cheminée présente un dessin original. Le travail sur les percements donne des façades très graphiques proches du courant pictural de l'abstraction géométrique. 
L'ensemble évoque un peu la Finlande où l'architecte se rend souvent en voyage à cette époque.

 


Si les pavillons sont individualisés, les huit immeubles, en revanche, se ressemblent comme deux gouttes d'eau et pourraient être superposés. Seule leur orientation un peu aléatoire dans la végétation rompt la monotonie.


Pour cet habitat collectif, c'est le béton qui s'impose, avec un crépi vertical fortement marqué, et des bandes horizontales en réserve qui séparent les six niveaux.


 

Les fenêtres imaginées par Bougeault et fabriquées par une entreprise locale, amènent de la légèreté à ces immeubles massifs, d'une large emprise au sol.
 

 

Les vitrages des baies sont constitués d'un simple verre sans menuiserie, maintenus latéralement par deux pattes de fixation, suivant un procédé utilisé par l'architecte pour le camping de Rompval à Mers-les-Bains (voir image ci-dessous, en haut au centre).

 

Les fenêtres des cuisines basculent horizontalement.



Malheureusement les mécanismes usés et non réparables, la volonté d'une meilleure isolation, incitent de nombreux propriétaires à remplacer ces fenêtres par des modèles en PVC, avec des meneaux centraux beaucoup trop présents.

Cela a été le cas dans notre appartement.

Avant notre installation, depuis l'intérieur
Après notre installation, depuis le balcon



 Mais c'est le bois qui semble remporter la préférence de l'architecte. Marqué par ses années de collaboration avec l'architecte Le Même (un des créateurs de la station de Megève, considéré comme l'inventeur du régionalisme savoyard), la construction évoque la puissante architecture de montagne : des décrochés importants dans la volumétrie permettent de loger de longs balcons aux gardes-corps en lames de sapin, sur un rythme ternaire qu'on retrouve dans les balustrades plus petites, fermant les jardins privatifs.

 

Les appartements sont distribués par une large circulation intérieure, éclairée au sommet par un puits de lumière qui plonge jusqu'au rez-de-chaussée. Les gardes-corps des escaliers et du patio central, association de trois lames de sapin, rappellent ceux des balcons extérieurs.

 



Sans oublier les duplex, aux quatrième et cinquième étages, qui font la part belle aussi aux coursières avec les mêmes gardes-corps.



 
Cette continuité entre les espaces intérieurs et extérieurs est pour moi une des plus belles réussites de Bernard Bougeault dans cet ambitieux projet architectural du Parc Delpech, véritable hymne au bois dans une architecture de béton.


Pour aller plus loin : François Bougeault, fils de l'architecte, parle de la villa Le Normand, contemporaine du Parc Delpech

dimanche 11 novembre 2018

Le Beau mystère (Louise Penny)

Merci à Jean-Michel, mon guetteur culturel, toujours curieux de découvrir musiques, films, livres, émissions à podcaster... C'est lui qui a repéré les romans policiers de l'auteure québécoise Louise Penny. Des intrigues faisant la part belle à la psychologie des personnages et un inspecteur Gamache pas très éloigné du commissaire Maigret (qui était jusqu'à présent mon policier préféré !).



J'aime les romans de Louise Penny qui se déroulent dans le petit village imaginaire de Three Pines (situé dans les magnifiques cantons-de-l'Est), occupé surtout par des artistes, peintres, poètes. Un village tout en rond autour d'un parc avec ses fameux trois pins, et à partir duquel partent quatre rues. Un banc pour s'assoir, regarder les maisons du voisinage, méditer, trouver des réponses à ses questions, parfois.
Forcément, j'ai trouvé une certaine ressemblance avec le Parc Delpech ! Ici aussi, on peut s'installer sur un banc, tout en haut de la butte, observer les résidences, compter les pins (au moins une trentaine) puis repartir par les rues qui entourent le parc.
A Three Pines cependant, les habitants se retrouvent au bistrot, à la boulangerie, à la librairie, alors qu'ici aucune convivialité [sujet qui fera sans doute l'objet d'un nouvel article sur le Parc Delpech].

J'aime également le huitième roman de Louise Penny  qui se passe dans le monastère de Saint Gilbert-Entre-les-Loups (imaginaire lui aussi mais très proche de l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac) qui est une ode à la musique sacré, la spiritualité, la vie monastique.
Au début j'étais triste de ne pas retrouver mes personnages préférés de Three Pines (surtout la peintre Clara) mais je me suis tout de suite sentie happée par l'histoire, l'ambiance du lieu et la magie de la musique.
Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir un extrait que je trouve très éclairant ainsi qu'une partie des remerciements de Louise Penny où elle explique très bien sa démarche d'écriture pour ce roman.


Dialogue entre un moine, frère Sébastien et l'inspecteur Armand Gamache 

- Le mot neume vient du grec pneuma signifiant "souffle". Les premiers moines qui ont transcrit les chants croyaient que plus on respire profondément, plus on attire Dieu en soi. Et c'est quand on chante qu'on respire le plus profondément. Avez-vous remarqué que plus on respire profondément, plus on devient calme ?
- Oui. Comme le remarquent les hindous, les boudhistes et les paëns depuis plus de deux mille ans.
- Exactement. Toutes les cultures, tous les systèmes de croyances spirituelles ont une forme de chant, ou de méditation. Et dans chaque cas, l'élément fondamental est la respiration.[...]

Postface de Louise Penny 
Le Beau mystère a débuté par une fascination pour la musique, et un rapport très personnel et assez déconcertant avec elle. J'adore la musique. Différentes pièces musicales ont inspiré chacun de mes livres, et je suis convaincue que la musique a eu un effet quasi magique sur mon processus créatif. Lorsque je suis assise dans un avion, ou que je fais une promenade, ou conduis en écoutant de la musique, je vois des scènes du livre que je m'apprête à écrire, ou suis en train d'écrire. Je sens les personnages à côté de moi, je les entends. C'est exaltant. Gamache, Clara et Beauvoir deviennent encore plus réels quand j'écoute certaines musiques. C'est transformatif. Spirituel, même. Je peux sentir le divin dans la musique.
Je suis loin d'être la seule sur qui la musique a un tel effet.
Pendant l'étape de préparation en vue de la rédaction de ce roman, j'ai lu beaucoup d'ouvrages, dont De la note au cerveau, de Daniel J. Levitin, professeur à l'université McGill, un livre qui explique les effets de la musique sur notre cerveau.
Je voulais expliquer ce beau mystère : comment juste quelques notes peuvent nous transporter ailleurs ou à une autre époque. Comment elles peuvent évoquer une personne, un évènement, une émotion. Insuffler du courage, ou nous faire pleurer. Et dans le cas de ce roman, je voulais explorer le pouvoir des chants anciens, des chants grégoriens. L'influence qu'ils ont sur ceux qui les chantent et sur ceux qui les écoutent [..].
J'ai eu beaucoup d'aide en l'écrivant. De ma famille et de mes amis, ainsi que de livres, de vidéos et d'expériences vécues, dont un merveilleux séjour très paisible, dans un monastère [...].

Un petit conseil si vous vous laissez tenter par la lecture de ces romans policiers : il vaut mieux essayer de les lire dans l'ordre car il y a une certaine suite dans les histoires. Et en parallèle aux enquêtes, il y a des intrigues au sein même de la Sûreté du Québec qui se poursuivent de livre en livre.

vendredi 2 novembre 2018

Le Beau Dieu a disparu

Porte du Sauveur
A la partie antérieure du trumeau, s'élève la célèbre statue du Christ appelé vulgairement le Beau Dieu d'Amiens. Appellation pleinement justifiée par la gravité et la noblesse du maintien, la majesté des draperies, la sérénité du regard. Les traits du visage d'une simplicité extrême, et l'expression n'est obtenue que par l'accent donné aux parties essentielles. Cette absence de nuances lui donne l'impassible majesté des statues égyptiennes ou grecques primitives, et cette apparente rudesse qui déconcerte au premier abord. Le Christ est debout, de face, la tête haute ; de la main droite, il bénit, de la main gauche, il tient un livre fermé. Ses pieds reposent sur le lion et le dragon. Plus bas, l'aspic et le basilic soutiennent le socle de la statue.

Georges Durand

Description abrégée de la cathédrale d'Amiens, Yvert et Cie, 1977.



Rassurez-vous, malgré le titre provocateur de cet article, le Beau Dieu domine toujours le portail central du Jugement dernier de la cathédrale d'Amiens. Mais il ne tournoie plus sur les carrousels des boutiques de cartes postales. Il n'y a pas si longtemps encore, il était aussi célèbre que l'Ange au sourire de la cathédrale de Reims. Ou que l'Ange pleureur qui lui, fait de la résistance. 


Vulgarisée lors de la première guerre mondiale, l'image de cet élément de tombeau funéraire, reste un symbole fort pour les touristes anglais ou australiens qui viennent fleurir de poppies les cimetières militaires de la Somme.

Les anges font moins peur que Dieu. On en trouve dans la décoration, sur les vêtements. Portés en bijoux ou tatoués sur la peau. Parfois sous la simple forme des ailes doubles. Derniers signes de spiritualité ou effet de mode ?

Mais quelque soit le sujet, force est de constater que les cartes postales jaunissent, vieillissent sur les présentoirs extérieurs. Il n'y a plus le débit d'autrefois. Qui envoie encore des cartes postales alors qu'on "SMS" et "facebook" nos souvenirs et nos selfies plus que de raison ?

 La Vierge Dorée devient rare, elle aussi, remplacée par des vues criardes des colorisations high tech des portails.

Initialement créés pour magnifier l'architecture, en révéler les éléments insolites, ces illuminations permettent de reconstituer la polychromie médiévale difficile à imaginer, tant nous sommes habitués à la blancheur des cathédrales. Un rendu époustouflant !

 
Mais des colorisations d'un nouvel âge projettent désormais des images dissonantes sur la cathédrale, toile de fond effacée devenue un simple écran cinématographique géant. Il faut innover, surprendre toujours, de peur que le public s'ennuie. Créer des envies, des attentes. 




Le spectacle de l'éphémère l'a emporté sur l'éternité de la pierre. 
L'événementiel stéréophonique sur le silence de la prière.

C'est dans l'air du temps...

  • Cet article est dédié à mon ami Y. qui de passage à Amiens, n'a pas trouvé de carte postale du Beau Dieu pour l'envoyer à sa mère qui avait épinglé cette image dans sa chambre d'enfant, au Québec. Est-ce elle qui lui a donné le goût de l'art et de la France ?

  •  Je viens de créer une nouvelle rubrique pour ranger mes billets d'humeur. C'est en écoutant la Corrida de Francis Cabrel, que j'ai eu l'idée de lui emprunter cette ritournelle : Est-ce que ce monde est sérieux ?

mercredi 31 octobre 2018

Françoise Hardy, ma soeur

 
Peut être avez vous vu le très beau documentaire qui lui était consacré sur Arte dernièrement.

J'ai toujours sentie une certaine parenté entre Françoise Hardy et moi.

Adolescente complexée et solitaire, je me passais en boucle sa chanson "Tous les garçons et les filles". Ce n'était pas vraiment un tube de mon époque mais je m'étais achetée ce 45 tours à la pochette rétro.

Son trac de chanter était le même qui me faisait perdre mes moyens quand je devais jouer de la harpe en public. Trous de mémoire, doigts qui jouent des castagnettes et cette impossibilité à canaliser une trop forte émotivité. Ou un trop grand perfectionnisme.

J'aime sa mélancolie, sa lucidité, sa franchise, son auto-dérision, sa fidélité à elle-même.

J'aime le couple original qu'elle formait avec Jacques Dutronc. Cet amour qui perdure malgré bien des souffrances intimes qu'on devine dans ses textes.

J'aime la mère qu'elle est pour son fils Thomas et dans sa relation avec un enfant unique, je me retrouve également. Je suis incapable d'écouter "Tant de belles choses" (la chanson qu'elle lui a écrite pour le consoler de sa disparition possible) sans pleurer, tant cela fait écho à ma propre peur de ne plus être là pour ma fille.

Je me sens proche de sa quête spirituelle.

Je me sens sœur en maladie. 

Car elle souffre d'une maladie du sang qui a failli lui coûté la vie... Un lymphome de Malt, cela n'a rien à voir avec un myélome mais je me suis retrouvée dans le très beau livre qu'elle nous a livré pour parler de sa renaissance après un traitement chimiothérapique de dernière chance, aux portes de la mort.

Présentation de l'éditeur


Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, François Hardy signe un grand livre sur une épreuve au cœur de l'humanité, qui nous concerne tous. Un récit captivant impossible à lâcher. C'est un voyage au bout de la nuit et au bout de la vie. Une odyssée intime dans le dédale de la souffrance, de la maladie. Un purgatoire contemporain, quotidien, qui est le propre de la condition humaine.
En mars 2015, Françoise Hardy Hardy a été hospitalisée à la suite de la dégradation de son état de santé dû à un lymphome de Malt. Dans la spirale infernale, elle se fracture la hanche et le coude pendant son hospitalisation. Plongée dans un coma artificiel, elle sera donnée pour condamnée par les médecins. Presque morte. Se produit un miracle grâce à une thérapie de la dernière chance. Dans un combat contre l'ange, la vie reprend le dessus. Une renaissance.

François Hardy a choisi d'écrire sur cette hospitalisation, ce coma artificiel. Elle essaie de revivre consciemment ce qu'elle a vécu inconsciemment. Son récit n'est ni une vallée de larmes ni un chemin de croix. Avec subtilité, humour, elle retrace ce voyage entre vie et mort, rêves, cauchemars et réalité. L'écriture est déliée et élégante.

En lectrice de Stefan Zweig, Françoise Hardy refuse toute pitié dangereuse. Ses proches, ses amis, son fils, son mari sont là, autour d'elle. Et Françoise Hardy va à l'essentiel. Elle exprime son admiration pour les personnels soignants, les valeurs essentielles à ses yeux comme la discrétion, la modestie, le pragmatisme. Les masques tombent. L'hypocrisie, les faux-semblants sont repoussés. Avec beaucoup d'humour, de distance et de dérision sur elle-même, François Hardy signe un grand livre sur une épreuve au cœur de l'humanité, qui nous concerne tous. Un récit captivant impossible à lâcher.

Un cadeau du ciel, ce livre, oui, véritablement. Il est souvent dans mon sac les jours où je vais en hôpital de jour. 

Mais elle nous a livré un autre trésor magnifique : son dernier album. Elle nous explique comment il a vu le jour, presque malgré elle.


Sa voix n'a jamais été aussi expressive, je trouve. Profonde dans les graves, avec des envolées audacieuses très maîtrisées dans les aigus. Un souffle de vie d'une beauté incroyable.
"Dors mon ange" est la berceuse que je me fredonne les nuits d'insomnie.


Françoise Hardy est une femme qui me guide et m'encourage. Une sorte de fanal sur mon chemin.

 
Ses initiales FH sont les miennes inversées HF, comme dans un miroir.




 Tant de belles choses

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire "à demain"
Rien ne défera jamais nos liens...
Même s'il me faut aller plus loin
Couper des ponts, changer de train
L'amour est plus fort que le chagrin...
L'amour qui fait battre nos coeurs
Va sublimer cette douleur
Transformer le plomb en or
Tu as tant de belles choses à vivre encore...
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas
Tu as tant de belles choses devant toi...
Même si je veille d'une autre rive
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive
Je serai avec toi comme autrefois...
Même si tu pars à la dérive
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois...
Dans l'espace qui lie ciel et terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore
Il y a tant de belles choses que tu ignores
La foi qui abat les montagnes
La source blanche dans ton âme
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort...
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères
Penses-y quand tu t'endors
L'amour est plus fort que la mort...

mardi 30 octobre 2018

Sous le signe de Marie

L'une est hématologue au CHU d'Amiens et assure des ateliers de Zhi Neng Qi Gong au DISSPO (Département Interdisciplinaire de Soins de Support pour les Patients en Oncologie). Nous mémorisons actuellement avec elle, les six respirations d'harmonie du professeur Yayama, cancérologue.

 
L'autre a eu la bonne idée de proposer des séances de Do In Shiatsu à deux pas de chez moi, dans une salle où je pratiquais autrefois le yoga.

 

Les deux se prénomment Marie, avec un nom de famille qui commence par un B.


Les deux m'aident à aller mieux depuis mon coup de déprime de la rentrée qui m'a fait réagir et donné envie de refaire des activités qui me mettent en joie. Sans me forcer, juste pour me faire plaisir, moi qui ai toujours tendance à tout transformer en travail. Et parfois en corvée !

Faire quelques mouvements pour me sentir vivante, harmoniser les énergies. Tant mieux si cela m'aide à supporter les traitements, à mettre les effets secondaires en sourdine. Tant pis si cela ne résout pas tout.

Et la troisième Marie, ma mère au ciel, je me demande si son nom commence aussi par un B.

B comme
  • Bonheur
  • Beauté
  • Bonté
  • Bienveillance
  • Bénédiction
  • Bien-être
  • Bonne nouvelle



Elle englobe sans doute les vingt-six lettres de l'alphabet, toutes les couleurs de l'arc en ciel et l'univers dans son entier.




Prendre l'énergie du Ciel et de la Terre

Poème traditionnel de Maître Pang He Ming



                                       Calligraphie de Maître Zhou Jing Hong

 
Toucher le Ciel

S'enraciner dans la Terre.

Le Corps détendu, L'esprit calme,

Respect à l'extérieur, Sérénité à l'intérieur

Le cœur limpide, humble d'apparence.

Libre de toutes pensées

Mon esprit s'envole dans l'Azur,

Puis revient se poser sur moi.

Agréable sensation de bien être ...

samedi 27 octobre 2018

Parc Depech # 4

Couleurs d'automne

 
Comme une virgule lancée à toute allure et qui s'immobilise un instant avant d'aller ponctuer ailleurs l'espace arboré, la visite d'un écureuil est un cadeau précieux. J'essaie de le déranger le moins possible et me contente de l'observer à distance en admirant sa célérité, sa grâce et sa force. 

Tout comme j'admire la nature qui a "halloweené" les couleurs de mon environnement. 
Les érables ont roussi mais ont vite perdu leurs feuilles en un tapis bruissant sentant l'humus.

Des baies rouges, orangers, dorées ont muri et nourrissent des quantités d'oiseaux. Je suis contente d'entendre des mésanges et même quelques rouges gorges.


 Les merles sont friands des fruits des cotonéaster. Le plus bel arbre du parc est certainement celui-ci mais d'autres entourent également la butte et les nombreux bosquets alentours.


J'aime beaucoup le contraste à cette période de l'année entre les nombreux conifères (pins, tuyas, cyprès, cèdres bleus, épinettes du Canada qui mériteront un article à part) et les feuillus qui rougissent ou se dégarnissent (prunus, érables, pommiers du Japon, boulots, tilleuls).

 Les genévriers n’exhalent plus leur odeur si particulière amplifiée par les rayons du soleil de l'été.
 
Il commence à faire froid.
Nous sommes aux portes de novembre et le week-end du passage à l'heure d'hiver. Espérons que la France fera le choix de conserver cet horaire toute l'année pour limiter à une heure le décalage horaire par rapport au soleil. Restons le plus possible proche de la nature dont nous sommes de plus en en plus déconnectés.

J'espère que nos politiques seront bien conseillés et que les français (à 73 % pour conserver l'heure d'été toute l'année) vont prendre conscience que ce n'est pas un bon choix. L'hiver, dans certaines régions, il ne fera pas jour avant 9h et nuit tôt le soir quand même... 

vendredi 19 octobre 2018

Bulles de myélome

 

Quand on a une maladie du sang, il vaut mieux éviter d'emprunter des livres dans une bibliothèque et je n'avais pas renouvelé mon inscription depuis 2012. Mes défenses immunitaires n'étant pas trop mauvaises actuellement, je me suis décidée à reprendre un abonnement. Avec quelques précautions (choisir des livres récents, désinfecter les couvertures), ce n'est pas pire que de pousser un caddie de supermarché ! Quelle joie de sortir de chez soi pour en ramener des livres qu'on n'aurait pas forcément achetés.

Par exemple des bandes dessinées. J'ai choisi une série de deux au hasard en passant dans le rayonnage. Parce que les illustrations étaient soignées et que cela parlait d'histoire de l'art, de secrets de famille. Je trouvais la thématique de la collection Secrets intéressante : Frank Giroud, le scénariste, creuse l'idée des mystères familiaux, longtemps refoulés, qui ont des répercutions dans la vie des personnages. 

Comme pour Clovis Chaumel représentant médical, marié, deux enfants, dont la vie bascule lorsqu'au musée d'Orsay, il découvre l'Angelus de Millet. Soudain, il est pris d'un malaise alors qu'il contemple la toile. Interloqué, il essaie de comprendre cette sensation de mal-être qui s'est emparée de lui, quitte à déterrer d'anciens secrets de famille et à se découvrir un demi-frère… Avec en parallèle à sa propre quête, la fascination de Dali pour le tableau de Millet.

Mais installée dans mon canapé, heureuse comme une ado plongée dans sa BD, je découvre que le héros de l'histoire est atteint d'un myélome. Flûte alors. Quel étrange signe, tout de même ! Évidemment, cela a gâché mon plaisir d'évasion. 

D'autant plus, qu'il y avait tellement d'erreurs, que j'ai trouvé cela peu respectueux des malades souffrants de ce cancer. Ce n'est pourtant pas compliqué de trouver des renseignements mêmes minimes quand on écrit un scénario de BD !
L'approximation m'a toujours horripilée...




D'abord, il n'arrive pas à dire à sa femme qu'il est atteint d'un myélome mais le révèle à la prof d'arts plastiques de son fils. Admettons. Cela peut être une réaction possible de certains malades, de vouloir protéger leurs proches. Ou de ne pas être capables de dire une nouvelle si lourde.
Mais quand évoquant sa thérapie future, il emploie le terme de transplantation pour une greffe de moelle osseuse, là, cela me fait bondir. On parle de transplantation pour un organe. Ce n'est pas très sérieux...


Ensuite, on le voit toujours en forme. On se demande même quels sont ses symptômes. Il va même jusqu'à vivre dans un mobile home sans chauffage, dans des conditions d'hygiène un peu douteuses, se lance dans une carrière de peintre décorateur au milieu des effluves de solvants divers. Il boit de l'alcool, fume, s'amourache de la prof d'arts plastiques. Et supporte  son traitement comme si c'était de la tisane. Là, le scénariste ne s'est pas trompé, ce sont bien deux médicaments classiques pour soigner le myélome : Bortézomid (Velcade) et Dexaméthasone (Cortisone).

 


Et quand il découvre qu'il a un demi-frère, Louis, il ne veut pas lui demander de vérifier si leurs moelles sont compatibles car il pense qu'on va lui faire un myélogramme (prélèvement de moelle dans le sternum). Et bien non, cher monsieur scénariste : une simple prise de sang permet de le savoir ! 


Tout est bien qui finit bien : le service d'hématologie l'appelle pour lui dire qu'ils ont trouvé un donneur anonyme mais on suppose que c'est certainement ce demi-frère...
Sauf que ce choix thérapeutique n'est pas crédible. Dans le cas d'un myélome, une allo-greffe n'est proposée qu'en dernier recourt, quand les autres solutions n'ont pas marché (chimiothérapies, autogreffes). Et désolée pour Clovis Chaumel, l'allo-greffe ne donne pas d'aussi bons résultats que pour les leucémies.

J'ai refermé ces deux livres remplis de bulles un peu trop toxiques.

Cela aurait pu être une belle histoire sur les liens du sang. 

Dommage...

samedi 6 octobre 2018

Notes de lecture

Depuis que j'ai une liseuse, j'en profite pour télécharger des ouvrages libres de droit d'auteurs du domaine public. Soit je les lis en entier, soit je glane par ci par là des passages qui me parlent. Voici ma récolte éclectique de l'été.