Arrivée à la centrale de prélèvement pour ma prise de sang bihebdomadaire, je dois patienter dans une salle d'attente, matraquée par l'actualité en continu ou par des clips agressifs sur les deux écrans de télévision qui font maintenant partie du paysage hospitalier et que les patients ignorent pour la plupart, trop occupés à pianoter sur leur téléphone portable (pas toujours en mode silencieux d'ailleurs !).
L'infirmière m'appelle pour ma prise de sang. Elle rentre les données dans son ordinateur sur lequel elle écoute la radio. Petit bruit de fond discret qui ne nuit pas à son travail de précision.
Je monte dans le service d'hématologie. Nouvelle salle d'attente avant de rencontrer les médecins. Il y a beaucoup de monde. La télévision est éteinte. L'ambiance est à la conversation bienveillante et paisible malgré l'inquiétude ou la souffrance des uns et des autres.
Et là, un monsieur s'exaspère :
" On attend des heures et il n'y a même pas la télévision qui fonctionne. Il parait qu'on leur a volé la télécommande " (je précise que ce n'est pas moi).
Une dame essaie de trouver une solution :
" Il faudrait venir un jour avec une télécommande universelle pour voir si cela peut marcher ".
Le monsieur est sceptique. Heureusement, c'est l'heure du café généreusement servi par l'hôpital avec des gâteaux secs. Les accros au ronron télévisuel se ruent sur la caféine et recommencent à discuter de leur vie. Cet échange est mille fois plus enrichissant que le télé-achat qu'ils pourraient regarder à cette heure-ci et c'est dommage qu'ils n'en aient pas conscience. Une vraie séance de thérapie de groupe ! Avec le risque que des patients un peu plus agités que les autres ou en grande souffrance psychologique se lancent dans un monologue anxiogène et envahissent tout l'espace.
Après la consultation rapide avec un médecin ou un interne, l'heure est enfin venue de la transfusion de sang (quand elle est nécessaire), avec le bip aigu des perfusions qui s'arrêtent chez les uns ou les autres. Les infirmières veillent à ce que les téléphones soient en mode silencieux, usées par ces sons qui vrillent les nerfs à force. Et là, c'est une victoire pour les personnes qui comme moi, essaient de lire.
Quand après tout ça, je suis à nouveau de retour à la maison, plus aucune envie d'écouter ou de jouer de la musique. Je dois d'abord dépolluer mes oreilles !















